Frédéric II de Prusse
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Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, (24 janvier 1712, Berlin - 17 août 1786, Potsdam), de la dynastie des Hohenzollern, fut simultanément ou successivement 14e prince-électeur de Brandebourg (1740-1786) — Frédéric IV —, 3e roi en Prusse (1740-1772) — Frédéric II — puis 1er roi de Prusse (1772-1786) — numérotation identique.
Il fit entrer son pays dans la cour des grandes puissances européennes. Après avoir un temps fréquenté Voltaire, il devint célèbre pour avoir été l'un des porteurs de l'idéal du prince des lumières en tant que « despote éclairé ».
Fils de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse — dit le « Roi-sergent ». Ses goûts pour la philosophie, les langues (il apprend le latin en cachette) et la littérature françaises ainsi que pour la musique (il joue bien de la flûte) sont contrariés par un père qui lui impose une éducation militaire. L'affrontement est inévitable. Le roi traite son fils d'efféminé et le réprimande de plus en plus violemment. Il frappe ou exerce toutes sortes d'humiliations, le contraignant, par exemple, à baiser ses bottes devant ses officiers. En 1730, il tente en vain de s'évader en Angleterre. Pour donner une leçon à son fils, le roi ordonne l'exécution de son ami intime Katte. Le jeune officier meurt dignement devant la forteresse de Kustrin, sous les yeux horrifiés de Frédéric. Dès 1736 il entame une longue correspondance avec Voltaire qui supervisera et fera publier en 1740 l'Anti-Machiavel où le prince expose ses idées sur une monarchie contractuelle, soucieuse du bien des citoyens. Il gagnera ainsi le titre de roi-philosophe. La même année il succède à son père.
Dès 1742, il se lance dans une suite de campagnes victorieuses, dont la guerre de Sept Ans, qui lui permettront l'annexion de la Silésie (1763) et de la Prusse orientale (1772). Son talent de stratège lui vaudra le qualificatif de Grand.
En abolissant les octrois à l'intérieur du territoire, il développe le commerce, la finance, les transports puis l'industrie. Il veille également à promouvoir l'enseignement.
À sa mort, la Prusse compte parmi les grandes puissances.
Les mœurs du roi, présentées par Voltaire
Quand Sa Majesté était habillée et bottée, le stoïque donnait quelques moments à la secte d’Épicure : il faisait venir deux ou trois favoris, soit lieutenants de son régiment, soit pages, soit heiduques, ou jeunes cadets. On prenait du café. Celui à qui on jetait le mouchoir restait demi-quart d’heure tête à tête. Les choses n’allaient pas jusqu’aux dernières extrémités, attendu que le prince, du vivant de son père, avait été fort maltraité dans ses amours de passade, et non moins mal guéri. Il ne pouvait jouer le premier rôle : il fallait se contenter des seconds.
Il y a des juges à Berlin !
Expression jadis célèbre et que même les Allemands ne citent qu’en français. Elle vient d'un poème d’Andrieux qui nous conte que Frédéric II, voulant agrandir son domaine, demanda au meunier Sans-Souci de lui vendre son moulin. Devant son refus il le menaça de confisquer ce bien purement et simplement, mais le sujet répondit fièrement au souverain :
Oui, s'il n’y avait pas des juges à Berlin !
Devant la confiance qu’on avait dans l'impartialité de sa justice, le roi préféra céder ; le poème fut longtemps donné à apprendre et établit la réputation de Frédéric II comme modèle de monarque. On comprend qu'il soit oublié maintenant tant il correspond peu à la réalité.
Liens externes
- Frédéric II le Grand et la littérature allemande
- Correspondance avec Voltaire
- Le vieux « Fritz »
- Histoire de Berlin et guide
Bibliographie
- Jean-Paul Bled, Frédéric le Grand, Fayatd, 2004, 640 p.
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