Free-party

Sommaire

Présentation

La free party est une Temporary Autonomous Zone où un sound system « 'pose' » du « son » (musique) pour en faire profiter les participants. Le lieu est tenu secret jusqu'au commencement de la fête, et cela donne souvent lieu à un jeu du chat et de la souris avec la police. Aujourd'hui et suite aux différentes lois votées à l'encontre de ces regroupements, les organisateurs sont censés déclarer les fêtes.

On estime qu'à une époque, il y avait une ou deux free-party organisées dans un rayon de 100 kilomètres autour de Paris. En France, on estime à une centaine le nombre de Sound System, c'est-à-dire des groupes possédant en commun un matériel de sonorisation destiné à être utilisé en free-party.

Histoire

Des ancêtres des free party eurent lieu dans les Catacombes de Paris dans les années 1980, où les mêmes phénomènes de clandestinité se reproduisaient. Le public en était typiquement une jeunesse étudiante ou désœuvrée, de bon niveau d'étude, familière de l'histoire de Paris. L'assistance en était limitée à quelques centaines de personnes au maximum, à cause de l'exiguïté des galeries, de la difficulté d'accès, mais aussi parce que l'usage d'Internet et du téléphone portable était à l'époque inexistant, limitant ces rassemblements à un petit milieu d'habitués, qui incluait dans une certaine mesure les fonctionnaires de Police assignés à leur surveillance, ainsi que le personnel de l'Inspection Générale des Carrières (IGC).

Mais c'est au début des années 90 que les free parties sont réellement apparues en France. Ce mouvement est arrivé d'Angleterre. En effet, c'est en Grande-Bretagne que ces fêtes ont commencé. Au début des années 80, la techno est apparue dans les clubs anglais mais sous le gouvernement Thatcher, ces clubs furent soumis à des lois draconiennes, comme la fermeture à deux heures du matin. C'est à ce moment que naît le phénomène des raves (rave signifie en anglais « battre la campagne, s'extasier, déblatérer »), à l'initiative des clubbers souhaitant poursuivre leurs soirées après cette fermeture. Les citadins trouvent alors accueil auprès d'une couche marginale de la population : les travelers (« voyageurs »), sorte de nomades issus du mouvement punk des années 70 et qui sont à même d'organiser ce type d'événements à l'extérieur des villes. Les plus impliqués dans le mouvement s'organisent en tribus et répandent le mouvement à travers le pays. Le 'Sound-System' mythique qui fut à l'origine de ce mouvement en france (techno et Free-parties) est le Spiral Tribe lors d'une tournée dans le sud de la france en 91 et 92, particulièrement autour de Montpellier. Leur influence directe inspirera le cycle Boréalis, une série de sept frees, sur sept années, de 1993 à 2000 qui deviendront de plus en plus commerciales, accompagnant ainsi le mouvement général de mercantilisation que subira la Techno Nation.

Les ravers se retrouvent à l'heure où les clubs ferment pour de véritables jeux de pistes qui les promènent entre différents points de rassemblement. Mais face à la prise d'ampleur du mouvement, le gouvernement décide de réagir et adopte pour cela de nouvelles lois. On citera en particulier le Criminal Justice Act de 1994 qui « interdit tout rassemblement illégal de plus de trente personnes sur fond de musique répétitive », les raves sont toutes désignées.

La polémique

Bien que ces soirées soient considérées par leurs protagonistes comme des endroits d'échange, de partage et de gratuité, une certaine partie de l'opinion publique française ne le voit pas de la même manière et le phénomène fait souvent l'objet de critiques, plus ou moins fondées.

Atteinte aux droits fondamentaux

En-dehors des nuisances sonores et de la pollution entraînées après coup, le premier sujet de polémique est l'atteinte au droit de propriété. Il est en effet rare que les propriétaires soient contactés. Si cela n'est pas choquant pour une construction industrielle désaffectée et effectivement laissée à l'abandon, des terrains agricoles, prairies ou terrains ensemencés (qui ont l'air, pour de jeunes urbains, d'échantillons de nature vierge) sont par contre utilisés par leurs propriétaires.

Pollution et dégats matériels

Les free-party font souvent l'objet de plaintes, en particulier de la part des riverains et des propriétaires des terrains sur lesquels ont lieu ces fêtes. Les premières plaintes concernent les nuisances sonores. En effet, bien que les fêtes aient lieu dans des endroits reculés, la puissance des sonos (plusieurs dizaines de KiloWatts) fait qu'elles sont audibles à plusieurs kilomètres à la ronde. Les raves parties ayant lieu en général dans des lieux calmes, elles détruisent parfois pour plusieurs jours cette qualité de vie. Le piétinement, la circulation automobile détruisent la végétation, laissant un terrain dévasté écologiquement.

De plus, les ravers n'emportent pas toujours avec eux les reliefs de leurs fêtes. Il arrive que pour une fête de trois jours, ce soit plusieurs tonnes d'ordures qui restent en plein champ, à charge à la commune de financer le ramassage.

Il est encore arrivé (au col de Vars) que plusieurs véhicules incendiés soient laissés sur les lieux.

Les accidents

Le reproche principal fait aux free-party est le nombre d'accidents mortels ayant eu lieu au cours de ces fêtes. Ces accidents ayant été pour la plupart causés par l'absorption de drogue. Bien que ces accidents ont été largement médiatisés laissant croire à la dangerosité systématique de tels événements, la réalité est tout autre. Le pourcentage d'accident par rapport au nombre de participants, au nombre de soirées organisées est infime et en rien supérieur à celui d'autres événements festifs. Cependant, ils ont marqué les esprits par le fait qu'ils ont touché essentiellement une population jeune.

La drogue

La drogue est souvent très présente au cours de ces fêtes. Elles accompagnent une conception de la free-party comme une transe libératrice. Les travellers ont créé un véritable lien entre des spots très distants : Inde/Afrique/Asie/Amérique du Sud où les transes communautaires font un usage social de drogues psychédéliques. Le mouvement free est indissociablement lié à l'usage de substances pour amplifier ou illuminer la conscience personnelle (la transe), et éliminer le sentiment de fatigue (effets bien connus des amphétamines). L'évolution (certains diront « décadence ») de cet esprit tribal, a amené les revendeurs et une petite foule de délinquants et autres ' parasites '. Les principales drogues consommées sont le cannabis, l'ecstasy (appelé taz), le LSD (appelé trip ou peutri) et la cocaïne. Depuis quelques années, les opiacés (héroïne, opium, rashahsha...) sont de plus en plus utilisés dans le but de limiter la sensation de dépression liée à la descente des drogues excitantes et hallucinogènes.

Il est pourtant bon de remarquer que les participants de ces fêtes n'ont pas tous le même comportement face aux drogues. Certains ne consomment aucune drogue et vont dans ces fêtes dans le seul but de danser. D'autres vont dans ces soirées dans le seul but non avoué de consommer des stupéfiants. Enfin, il existe une catégorie de personnes passionnées de techno ayant un usage récréatif et modéré de ces substances. À noter que certains participent à ces soirées dans le seul but de vendre de la drogue, ceux-ci ne sont pas appréciés par les teufeurs car ils dégradent l'image de ces rassemblements et les transforment parfois en « supermarché » de la drogue.

La répression

La loi

C'est au début du mois de mai 2001 que Thierry Mariani dépose, lors des discussions sur le projet de loi sur la sécurité quotidienne, un amendement visant à autoriser la police à saisir le matériel dans les free-party. Cet amendement, après avoir été remanié par Daniel Vaillant, est voté par le Sénat le 29 mai 2001. Il est alors inséré dans l'article 23 de la loi 95-73 sur la sécurité quotidienne. Il stipule que les rassemblements à caractère musical organisés par des personnes privées dans des lieux non aménagés et qui ne répondent pas à des critères, fixés par le conseil national, d'organisation et de prévention des risques susceptibles d'être encourus par les participants doivent être déclarés aux préfets des départements dans lesquels l'évènement doit avoir lieu. À cette déclaration doit être jointe une autorisation du propriétaire du terrain. Le préfet est libre de refuser le rassemblement si les critères ne sont pas respectés. Dans le cas où un rassemblement se tiendrait sans déclaration préalable ou malgré une interdiction du préfet, le matériel de son pourra être saisi et les organisateurs punis d'une peine de prison et de 7500 euros d'amende.

En réponse à cette amendement, des députés socialistes et de nombreux autres membres du gouvernement réagissent. C'est pourquoi Lionel Jospin se voit contraint d'annoncer, le 5 juin 2001, le retrait du dispositif anti-raves lors de son passage en deuxième lecture à l'assemblée. Le 26, tous les textes encadrant les fêtes techno dans le projet de loi sur la sécurité quotidienne sont retirés.

À la fin de l'année 2001, après les attentats du 11 septembre, le débat sur la sécurité est relancé et le 31 octobre 2001 est votée une loi dans laquelle on retrouve les précédents amendements un peu retravaillés, ne s'appliquant désormais qu'aux rassemblements réunissant plus de 250 personnes. Ces rassemblements sont interdits, même dans les propriétés privées.

La Loi sur la sécurité intérieure proposée par Nicolas Sarkozy en octobre 2002 renforce ces interdictions.

Les réactions

Quelques grands rassemblements français

Les plus grandes Free party en France sont les Teknival qui durent 3 ou 4 jours.

Divers

Une Street Party est une free party organisée dans les rues de grandes villes, avec ou sans l'autorisation des autorités (en France, l'autorisation de manifester se demande en préfecture et est un droit), où musique, politique et fête se mèlent.

Liens

Voir aussi

See also: Free-party, 11 septembre, 15 août, 1er mai, 2001, 2002, 2003, 2004, 29 mai