Front de libération du Québec

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Présentation

Le Front de libération du Québec (FLQ) était un groupe indépendantiste québécois fondé dans les années 1960 et basé principalement à Montréal, Canada. Le FLQ était un mouvement clandestin, moins connu des jeunes québécois, réclamant une insurrection marxiste/anarchiste, le renversement du gouvernement du Québec, l'émancipation des québécois face au Canada et l'établissement d'une société de travailleurs.

En 1963, ils s'organisèrent et furent entraînés sous l'égide de Georges Schoeters, un révolutionnaire belge. Le 7 octobre 1963, Schoeters fut condamné à deux fois cinq ans de prison pour des crimes politiques. Au moins deux des membres du FLQ reçurent un entraînement de guérilla pour l'assassinat sélectif des commandos palestiniens en Jordanie.

Plusieurs cellules émergèrent avec le temps: la cellule Viger, la cellule Dieppe, la cellule Louis Riel, la cellule Nelson, la cellule Saint-Denis, la cellule de la Libération et la cellule Chénier. Les deux dernières furent impliquées dans ce qu'on appela la Crise d'Octobre.

Actions

De 1963 à 1970, le FLQ commit plus de 200 actions politiques, dont des plasticages, des braquages de banque, au moins trois morts par bombes et deux morts par balle. En 1963, Gabriel Hudon et Raymond Villeneuve furent condamnés à 12 ans d'emprisonnement pour des crimes contre l'État après que leur bombe eut tué le sergent O'Neill, un gardien d'un centre de recrutement des Forces armées canadiennes. À partir de 1970, 33 membres du FLQ étaient en prison, incluant quatre meurtriers condamnés et un membre tué par sa propre bombe. Les cibles du FLQ comprenaient notamment des entreprises anglophones, des banques, certaines universités anglophones (Université McGill) ainsi plusieurs maisons d'anglophones dans le riche quartier de Westmount, enclavé par la ville de Montréal.

En tant que groupe marxiste, le FLQ était aussi grandement opposé à la classe dominante des États-Unis. Une cellule du mouvement était même censée faire exploser la Statue de la Liberté, mais ils furent appréhendés avant que cela ne se produise. Le groupe fut infiltré à plusieurs reprises par des agents dits provocateurs de la Gendarmerie Royale Canadienne (GRC). Des crimes furent commis par des policiers de la GRC sous le couvert du FLQ.

En 1966, un document secret de huit pages intitulé Stratégie Révolutionnaire et le Rôle de l'Avant-Garde fut préparé par le FLQ et décrivait sa stratégie à long terme: vagues successives de vols, d'actes de violence, de plasticages et d'enlèvements, culminant avec l'insurrection et la révolution.

Crise d'Octobre

Le 5 octobre 1970, les membres de la cellule de Libération du FLQ enlevèrent James Richard Cross, le commissaire commercial britannique en visite au pays. Peu de temps après, le 10 octobre, la cellule Chénier enlève le vice-premier ministre et ministre du travail québécois, Pierre Laporte, qu'ils assassinent le 17 octobre 1970.

  • Jacques Cossette-Trudel
  • Louise Lanctôt (Louise Cossette-Trudel)
  • Jacques Lanctôt
  • Marc Carbonneau
  • Yves Langlois (aussi connu comme étant Pierre Séguin)
  • Nigel Barry Hamer
  • Paul Rose
  • Jacques Rose
  • Francis Simard
  • Bernard Lortie

Après l'enlèvement de James Cross à sa maison de Westmount par les membres de la cellule de Libération, le FLQ diffusa une liste de demandes pour la libération de Cross:

La police finit par découvrir l'endroit où les kidnappeurs retenaient le diplomate. Sa libération fut négociée et le 3 décembre 1970, la requête de cinq des terroristes du passage sûr vers Cuba par le Gouvernement du Canada, après l'approbation de Fidel Castro, fut acceptée.

En Juillet 1980, la police arrête et accuse six personnes en relation avec l'enlèvement de Cross. Nigel Barry Hamer, un socialiste britannique radical et sympatisant du FLQ, plaide coupable et est condamné à 12 mois de prison.

Bien que les cinq terroristes qui voulaient se rendre à Cuba étaient exilés du Canada pour la vie, ils se retrouvèrent, quelques années plus tard, à Paris (France).

Quatre semaines après que les kidnappeurs de James Cross furent trouvés, Paul Rose et les kidnappeurs de Pierre Laporte furent retrouvés dans le coin du sous-sol d'une maison de campagne. Ils furent jugés et condamnés pour enlèvement et meurtre.

Loi des mesures de guerre

Les enlèvements et les meurtres fournirent un prétexte au Premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau pour déclarer la loi martiale sous l'Acte des mesures de guerre -- laquelle n'avait été utilisée que deux fois auparavant dans l'histoire du Canada, les deux en temps de guerre. La loi des mesures de guerre a permis l'arrestation sans mandat de près de 457 personnes, dont Pauline Julien. La Crise d'Octobre fut la première crise terroriste de l'histoire du Québec. L'exécution de Pierre Laporte était seulement le deuxième assassinat politique dans l'histoire canadienne depuis que Thomas D'Arcy McGee fut assassiné en 1868.

Les événements d'octobre 1970 occasionnèrent une perte d'appui des moyens violents pour la promotion de l'indépendance du Québec. La géopolitique du Québec se prête en effet mieux à une action démocratique. Cette voie conduit à l'élection du Parti Québécois, parti souverainiste, en 1976.

L'après Crise d'Octobre

Les activités terroristes continuèrent à se produire aux mains de certains membres isolés de l'organisation après les événements d'octobre 1970. En 2001, Rhéal Mathieu, un membre (de la BAF, brigade d'auto-défense du français), qui en 1967 fut condamné à neuf ans de prison pour activités terroristes, fut condamné pour avoir essayé d'incendier trois cafés-restaurants Second Cup à Montréal. Mathieu visait le plus grand revendeur de café spécialisé du Canada pour l'usage de la compagnie de sa marque anglaise Second Cup. Pour ce délit, un juge condamna Rhéal Mathieu à un mois de prison. Peu de temps après, sept restaurants McDonald's furent incendiés avec des cocktails molotov. Après la couverture des médias sur les bombes incendiaires, les Second Cup au Québec changèrent leur insignes pour Les cafés Second Cup. Suite à cela, plusieurs autres commerces francisèrent leur insignes, tels La Baie ou encore Bureau en gros.

See also: Front de libération du Québec, $, 10 octobre, 17 octobre, 1868, 1963, 1966, 1967, 1970, 1976