Front national pour l'unité française
Politique > Mouvements et partis politiques
Le Front national, ou FN, est un parti politique français, communément considéré d'extrême droite, fondé en octobre 1972 et présidé, depuis lors et sans discontinuer, par Jean-Marie Le Pen. Son nom entier est Front national pour l'unité française.
Pour sa part, le Front national récuse son appartenance à l'extrême droite et se définit comme issu de la droite nationaliste, populiste et souverainiste, au même titre que de nombreux mouvements européens dont il est devenu un chef de file. La force de son président est d'avoir toujours su fédérer sur sa personnalité et cimenter dans un seul parti, avec des règles de fonctionnement et des propositions précises, un certain nombre de mouvements et de courants qui n'auraient jamais eu vocation à s'assembler autrement.
D'autres organisations politiques se sont nommées Front national. Elles sont présentées sur la page d'homonymie : front national.
| Sommaire |
Place dans le paysage politique français
Ce parti semble aujourd'hui fortement et durablement installé dans le paysage politique français, mais certains observateurs pensent qu'il est encore fortement dépendant du charisme de son leader Jean-Marie Le Pen, de ses talents oratoires, de sa capacité à s'afficher comme le défenseur du petit peuple et de son côté populiste et gouailleur, qui se caractérise par l'usage répété dans ses discours de provocations jugées discriminatoires, aboutissant à de nombreux procès.
Selon les types d'élections, le Front national représente entre 11 et 18 % de l'électorat français au niveau national, dépassant 30% dans certains villes et régions, depuis de nombreuses années. Il est cependant tenu éloigné de la représentation élective et de toute responsabilité politique en raison des différents modes électoraux et du refus des autres partis de droite de s'associer avec un parti jugé trop extrémiste.
Alliances électorales
De façon générale, les hommes politiques de droite ont toujours préféré laisser la victoire électorale à la gauche, même minoritaire, plutôt que de passer avec le FN des alliances de circonstances pour gagner les élections. Cependant quelques arrangements, entre une partie de la droite et l'extrême droite ont parfois été conclus, notamment dans les Conseils régionaux, de 1986 à 1998, en PACA, en Languedoc-Roussillon ou en Picardie ainsi que lors de certaines élections législatives.
De ce fait, un certain nombre de personnalités de droite accusent le Front national d'être l' « allié objectif de la gauche », puisque de nombreux députés de gauche sont élus grâce à des « triangulaires », ainsi que de très nombreux conseillers généraux, et de nombreux conseils régionaux qui sont tenus par la gauche, alors que celle-ci est minoritaire dans les urnes. Ils reprochent aux sociaux-démocrates et aux Verts de ne pas appliquer ce même ostracisme envers les partis plus radicaux, comme le parti communiste et les mouvements de l'extrême-gauche.
Lois électorales
Il est à noter que les modes électoraux en France ont régulièrement été changés — à ce titre la France peut être considérée comme le pays d'Europe le plus instable dans le choix des modes électoraux — ce qui fait dire à certains, y compris hors du Front national, que c'est pour l'empêcher d'accéder au pouvoir politique. Ses opposants expliquent son manque d'élus et son isolement politique par ses positions extrêmes, notamment sur l'immigration, et à cause des écarts verbaux de son président.
Le dernier changement en date est celui mis en place par la droite gouvernementale dans le cadre des régionales 2004. Celles-ci ont été remportées par des partis de la gauche dans 21 des 22 régions françaises (à l'exception de l'Alsace). Un effet important du fait que le FN est très peu représenté au niveau des élus est que la dotation financière allouée au Front national est la moitié de ce qu'elle serait si les scrutins étaient proportionnels. En effet, l'État français verse une dotation à tous les partis politiques fixée suivant sa taille qui est établie à 50 % sur le nombre de suffrages réalisés, et à 50 % sur le nombre de parlementaires (0 dans ce cas) affiliés au parti politique en question. Cette absence de représentation parlementaire permet aussi au président de la République de ne pas tenir compte de l'opinion des électeurs du FN. En effet, Jacques Chirac a pris l'habitude de consulter uniquement les représentants des partis représentés au Parlement français (Assemblée nationale et Sénat), même lorsqu'il s'agit de l'Union européenne.
Du fait de son isolement politique, le FN, malgré ses résultats électoraux qui le font apparaître comme le troisième parti politique de France en nombre d'électeurs, n'a aucun député et aucun sénateur, un seul maire de ville importante (Orange depuis 1995) et n'est représenté dans aucun des grands organismes nationaux. Il dispose cependant de quelques députés européens (7 depuis les dernières élections, 5 avant) et conseillers régionaux (156 depuis les dernières élections, 138 avant). Il est à noter que l'ancien président socialiste François Mitterrand, en faisant changer la loi électorale pour les législatives (en passant à la proportionnelle intégrale), avait permis, en son temps, l'entrée au Parlement de députés frontistes. Les analystes politiques ont souvent vu dans cette modification un moyen de contrer la « victoire annoncée » du parti de Jacques Chirac. Ce dernier rechangera d'ailleurs le mode de scrutin dès son accès au pouvoir en 1986.
Propositions politiques
Le Front national axe ses propositions sur quelques grands thèmes :
- la forte limitation de la politique d'immigration, accusée d'appauvrir la France et d'être une menace pour la culture française, est un des points de son programme qui suscitent le plus de passion, dans un sens ou dans l'autre ;
- le retour dans leur pays d'origine d'un grand nombre d'immigrés ou d'enfants d'immigrés ayant acquis la nationalité française, si ceux-ci ont été condamnés pour un crime ou un délit ;
- la souveraineté vis-à-vis des États-Unis d'Amérique et des organisations internationales telles que l'OTAN et l'Union européenne ;
- la préservation des modes de vie traditionnels, notamment ruraux, au besoin par le protectionnisme ;
- la répression du crime, avec des peines élevées ;
- le rétablissement de la peine de mort, en particulier pour les terroristes, les assassins ou criminels sexuels notamment pédophiles et les grands trafiquants de drogues ;
- la diminution du nombre des fonctionnaires ;
- la diminution des impôts et taxes sur les sociétés ;
- la suppression des subventions publiques aux associations qu'il considère comme « noyautées » par l'extrême gauche (culture, insertion, agitation socio-politique...) ;
- le retour à une morale « moins laxiste » ;
- le natalisme, avec une position visant à restreindre le recours à l'avortement (notamment salaire familial versé à la mère au foyer, facilitation de l'adoption des enfants français) ;
- l'arrêt de la construction des mosquées (extrait du programme présidentiel 2002).
Si les positions sur l'immigration et sur la souveraineté sont des constantes du parti, dans d'autres domaines, comme les services publics et les institutions, différents courants existent en son sein. Cette diversité est vue par ses opposants comme un manque de cohérence ou même comme le signe d'une absence de propositions politico-économiques réelles, alors que d'autres y voient la preuve d'un dynamisme et d'un véritable débat au sein du mouvement.
Les positions du FN sur l'immigration, l'islam et plus généralement sur les personnes d'origine étrangère sont considérées par ses opposants comme des tendances à rejeter les droits de l'Homme, et vers une politique dangereuse en direction du fascisme. Ses partisans considèrent, eux, que cette conception s'appuie sur une vision déformée du FN de la part de personnes qui ne connaissent son programme qu'au travers de commentaires hostiles et faussés.
Université d'été
Le FN se regroupe l'été en « Université » pour se former au « militantisme ». Ces « universités » sont souvent critiquées et comparées à des camps d'entraînement para-militaire1, les participants sont souvent associés à la mouvance skinhead.
1. voir photo sur le site du FNJ
Histoire
Voir l'article détaillé Histoire du Front National
Voir aussi
Articles connexes
- Ras l'front, organisation militante anti-FN
- Section carrément anti Le Pen , le SCALP
- Liste de procès de Jean-Marie Le Pen
Liens externes
- Site officiel du Front national (avec le programme complet)
- Reproduction partielle du programme du Front national assortie d'analyse
- Site du Front National pour la Jeunesse (FNJ)
