Gay (homosexualité)
Le mot gay provient de l'argot étatsunien. Il signifiait à l'origine « joyeux ». La version argotique de gay désignant la communauté homosexuelle vient elle-même d'un emprunt au français gai.
Gay désigne, en tant que nom, les homosexuels masculins (rarement les lesbiennes) et, comme adjectif, ce qui se rapporte à eux : les gays, une icône gay, un bar gay.
Gai, gaie est la forme standard au Canada: les gais et lesbiennes, la communauté gaie, un bar gai. Cette forme, elle aussi, désigne plus souvent les hommes gais. Bien qu'une femme puisse se décrire comme étant gaie, le mot lesbienne est plus courant au Canada que gaie.
Le terme gay portant moins de connotations péjoratives qu'homosexuel, au départ propre au vocabulaire médical, il est souvent préféré par les homosexuels discutant entre eux, lesquels se servent aussi de termes comme folle, pédé ou simplement homo.
Il faut noter que, en France, le terme ne désigne pas forcément tous les homosexuels mais particulièrement ceux qui font partie du « milieu » en manifestant d'une manière ou une autre leur homosexualité, que ce soit par la fréquentation des lieux gays à la mode (bars, restaurants, boîtes de nuit gays), un habillement spécifique, l'écoute d'un certain type de musique connotée gay (Dalida, disco), etc. Gay renvoie à une « culture » homosexuelle commune. Certains homosexuels, qui se disent « hors milieu », refusent cependant l'étiquette gay, souvent porteuse de stéréotypes, surtout ceux véhiculés par les médias.
L'attitude gay, ou « gaytitude », est souvent liée à la fierté et la revendication de son homosexualité (ou du moins à l'absence de honte de son homosexualité), qui se manifeste par exemple lors des gayprides ou « marche des fiertés lesbienne, gay, bi et trans ».
Dans certaines cultures, le terme gai (gay) s'adresse très péjorativement uniquement aux homosexuels « passifs ». Ainsi, au Mexique entre autres, l'homosexuel qui est sodomisé est appelé un « gai », alors que celui qui le sodomise, celui qui est « actif » donc, conserve toute sa dignité de « macho » aux yeux des mâles hétérosexuels.
L'inclusion des bisexuels sous la rubrique gay fait l'objet d'un débat (voir à Bisexualité).
Luttes pour la reconnaissance des droits des homosexuels
Canada et Québec
- 1960-1970 : le bill Omnibus du ministre de la justice du Canada, Pierre Elliott Trudeau (PET), décriminalise la sodomie entre adultes consentants. L'État n'a pas à s'immicer dans la chambre à coucher avait déclaré le ministre qui deviendra quelques mois plus tard premier ministre du Canada.
- 1977 : La Charte des droits et libertés de la personne du Québec est amendée. Désormais, il est interdit de faire de la discrimination basée sur l'orientation sexuelle.
- 1980-2000 : plusieurs jugements forcent le Gouvernement du Canada à reconnaître le droits des homosexuels notamment en ce qui regarde les droits des conjoints survivants et aux droits aux prestations de retraite des conjoints de même sexe. Les groupes se battant pour la reconnaissance des droits de gais sont de plus en plus visibles et la marche divers-cité, basée sur le modèle des défilés de la 'gay-pride', attire chaque année des foules considérables. Le SIDA fait de nombreuses victimes chez les hommes homosexuels et la communauté doit se mobiliser pour forcer l'État à mettre sur pied des services de soins appropriés. La Cour suprème du Canada confirme que la discrimination basée sur l'orientation sexuelle est interdite par la Charte canadienne des droits et libertés.
- 2000-maintenant : De plus en plus de personnages publics (députés, sénateur, ministres, animateurs de télévision) font le « coming-out ». D'un autre côté, des études démontrent que les adolescents qui découvrent leur homosexualité se suicident davantage que les autres garçons de leur âge. Les couples gais peuvent maintenant adopter des enfants et la filiation homo-parentale est maintenant reconnue. Le Québec institue l'Union Civile, sorte de mariage avant la lettre mais cette institution est contestée. Les dispositions légales interdisants à deux hommes ou à deux femmes de se marier au même titre qu'un homme et une femme sont vigoureusement contestées. Les Cours d'appel de la Colombie-Britannique, de l'Ontario, du Québec, et du Yukon déclarent la loi fédérale inconstitutionelle, permettant ainsi aux conjoints du même sexe de se marier dans ces régions. Au Québec, Michael Hendricks et René Lebœuf ont été le premier couple gai à se marier légalement le 1er avril 2004.
Articles connexes
- Homosexualité ;
- LGBT ;
- drapeau arc-en-ciel ;
- homophobie ;
- culture gay et lesbienne ;
- langage sexiste.
