Génocide

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Camp de concentration de Buchenwald, 24 avril 1945

Le génocide est l'extermination intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ethnique, linguistique, national, religieux ou racial. Il ne s'applique pas en revanche à une classe sociale. C'est un cas extrême de crime contre l'humanité.

Sommaire

Étymologie

Le terme génocide est un néologisme formé à partir du grec genos (naissance, genre, espèce) et du terme latin, caedere (tuer).

Stricto sensu, la notion de race est dans l'espèce humaine une notion plutôt sociologique que génétique. Toutefois, fondée, ou non, elle a existé dans l'esprit des génocidaires. Leur crime est bien articulé autour de la notion d'une différenciation, d'une nature ou d'une autre, d'une population considérée par eux comme « indésirable » et de l'appartenance par la naissance à la population des personnes visées (à la différence des guerres idéologiques où les personnes n'étaient visées que comme vecteurs supposés de leurs idées).

Histoire

Le terme est apparu pour la première fois dans un document officiel en octobre 1945 : l'acte d'accusation du Tribunal militaire international de Nuremberg. Il a été créé par le juriste américain d'origine polonais Raphaël Lemkin en 1944, pour tenter de définir les crimes perpétrés par les nazis à l'encontre des peuples juif et tzigane durant la Seconde Guerre mondiale. Il témoigne d'une double volonté de la part de la communauté internationale :

La chose avait eu lieu longtemps avant dans le passé, par exemple :

Un article de cette encyclopédie suggère d'ailleurs que dans l'histoire des hommes les massacres sont hélas bien plus souvent la règle que l'exception (même si d'après l'historien Pierre Chaunu les guerres n'ont été à chaque siècle la cause que d'environ 2% des décès de ce siècle).

Reconnaissance juridique

Le génocide a été juridiquement redéfini dans la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », adoptée par l'assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1948 . Ce document définit un génocide comme un ensemble d'actes « commis dans l'intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel ».

La Charte de l'ONU et l'article 8 de la convention de Genève obligent la communauté internationale à intervenir pour « prévenir ou arrêter des actes de génocide ».

Aujourd'hui l'article 6 du statut de la Cour pénale internationale définit le crime de génocide.

Il ressort de cette définition que, contrairement aux idées reçues, un génocide n'implique pas nécessairement un critère quantitatif. À l'inverse, des massacres de masse ne constituent pas forcément un génocide. En pratique cependant, les juristes étant des gens prudents, il apparait que le critère quantitatif est un élément déterminant pour confirmer la volonté d'extermination, « tout ou en partie ».

Les génocides internationalement reconnus

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Rwanda Murambi victimes momifiées du génocide de 1994

Seuls quatre génocides ont été reconnus par des instances internationales dépendant de l'ONU, dont trois seulement au plan juridique :

Cela ne signifie pas pour autant que d'autres massacres de l'Histoire ne seront pas un jour qualifiés officiellement de génocide.

Les massacres dont le caractère génocidaire est discuté

En juillet 2004, le Congrès des États-Unis a voté à l'unanimité une résolution qualifiant les massacres des populations noires du Darfour (Soudan) de génocide. En septembre 2004, le secrétaire d'État américain a repris ce mot.
Dans un communiqué de presse du 23 février 2005 le Conseil de sécurité de l'ONU déclare : « “Le Gouvernement soudanais n’a pas été à même de mettre fin aux attaques des milices contre les civils ni de les désarmer”. La sentence tombe le 2 septembre de la bouche du Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan qui, nommé un mois plus tôt, revient d’une mission au Darfour. Le Conseil réagit. Il adopte, par 11 voix pour et 4 abstentions, la résolution 1564 dans laquelle il menace de prendre des mesures, telles que celles contenues dans l’Article 41 de la Charte de l’ONU, à l’encontre notamment du secteur pétrolier, du Gouvernement du Soudan ou de certains de ses membres. Dans cette résolution, le Conseil charge aussi le Secrétaire général de créer une commission internationale pour déterminer si des actes de génocide ont eu lieu et pour en identifier les auteurs. » [2].

Les tribunaux compétents

Depuis la Seconde Guerre mondiale, plusieurs tribunaux ont été créés pour juger les génocides. Certains ont été créés de toutes pièces (comme le Tribunal de Nuremberg, d'autres ont compétences pour tous les génocides pouvant être perpétrés dans le monde.

Les tribunaux « ad hoc »

C'est à la fin de la Seconde guerre mondiale, époque à laquelle le concept légal de génocide a été définit que des tribunaux ont commencé à juger les crimes de génocide et les autres crimes graves commis durant des conflits armés.

Il a existé plusieurs tribunaux qui ont été créés de toutes pièces pour juger certains crimes de génocides :

Les tribunaux nationaux et la notion de « compétence universelle »

A faire

La Cour pénale internationale

Les génocides qui ont été commis durant le XXe siècle ont petit à petit poussés les gouvernements et surtout les organisations non gouvernementales à réfléchir sur la mise en place d'une structure judiciaire permanente en charge de juger de tels crimes. C'est ainsi qu'est né la Cour pénale internationale (CPI).

L'une des particularités de cette Cour est qu'elle ne se substitue en aucune manière au tribunaux nationaux, ce qui n'est pas le cas des tribunaux « ad hoc ». La CPI n'intervient que lorsque les tribunaux nationaux ne s'ont pas en mesure de juger les crimes pour lesquels elle est compétente.

Voir l'article détaillé : Cour pénale internationale

Voir aussi

Liens internes

Bibliographie

Liens externes

See also: Génocide, 1763, 1904, 1915, 1943, 1944, 1945