Gérard Manset

Gérard Manset (prononcé « mancé », pas « mancette »), né le 21 août 1945 à Saint-Cloud est un auteur-compositeur-interprète, peintre, photographe et romancier français. Le grand public le connaît généralement plus pour son œuvre musicale que pour ses autres facettes artistiques.

Depuis 1972, les pochettes de ses disques comportent le seul nom « Manset ». Toutefois, plus de trente ans plus tard, aucune appellation « indiscutable » ne s'est imposée parmi les gens qui le désignent, de nombreuses personnes employant d'ailleurs alternativement, voire simultanément, « Gérard Manset » et « Manset ».

Gérard Manset passe son enfance dans la banlieue parisienne, à Saint-Cloud, puis dans le XVIe arrondissement de Paris. Il échoue au baccalauréat à cause d'une mauvaise note en français.

En 1964, il est lauréat du Concours général (en dessin) et entre à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Le Salon d'automne l'accueille dans sa section « gravure » en 1966, année pendant laquelle il expose également au Salon des artistes français. Parallèlement, il démarche des agences de publicité avec ses dessins, sans résultat.

Il commence à jouer de la guitare, s'intéresse aussi à la batterie. Puis il emprunte à sa sœur sa méthode de piano et commence seul l'apprentissage de cet instrument.

Sommaire

Une œuvre en trompe-l'œil

les premiers coups de pinceaux

À cette époque, il a déjà écrit quelques chansons pour d'autres artistes français et québécois, mais n'aimant pas sa voix, se pense plus auteur et compositeur qu'interprète. Éconduit par plusieurs maisons de disques, il décide en 1968 de produire lui-même son premier 45 tours : Animal on est mal.

« Un jour, j'ai écrit un bout de texte, sans penser que cela puisse faire l'objet d'une chanson. Je l'ai plaqué sur un accord. Un seul ! Et j'ai laissé le texte venir. C'est devenu Animal on est mal, qui est peut-être une réaction à ce qu'était la chanson à l'époque. Un ami directeur artistique s'est montré intéressé par le truc, a voulu le produire... mais il est parti en Amérique, et ça n'a pas pu se faire. Mais il m'avait foutu l'idée en tête! Par la force des choses, je me suis débrouillé pour enregistrer et produire les titres d'un premier 45 T : « Animal », « La femme-fusée » et deux autres encore. »

Pathé Marconi sort le titre en mai 68, au moment du mouvement protestataire. Dans ces circonstances peu favorables, le nombre d'exemplaires vendus est minime. Pourtant son passage radio (en boucle pour cause de grève radiophonique) permet à certains de repérer ce nouveau talent.

Quelques mois plus tard sort, sous le même titre, un premier album. Certains ont pu y déceler une sorte de recherche mystique (de « Je suis Dieu » à « On ne tue pas son prochain »). Le disque obtient un succès d'estime.

Deux ans plus tard, La Mort d'Orion, un oratorio rock-symphonique aux arrangements élaborés révèle l'originalité de Gérard Manset. Les parties de cordes très développées confèrent à l'enregistrement un certain lyrisme. Vendu à 20 000 exemplaires, chiffre remarquable pour un album de ce genre, c'est l'un des premiers albums-concept français à l'instar des anglo-saxons Pink Floyd ou Beatles.

En 1972, sa nouvelle production qui porte le titre Manset (avec au verso de la pochette la mention « Gérard ») va être à l'origine du « mythe Manset ». Surnommé le plus souvent « Long long chemin » ou l'album blanc, (en référence aux Beatles, encore) on y trouve de longues plages aériennes, toutes reliées entre elles : « l'Oiseau de Paradis », « Donne-moi » et « Jeanne », par exemple, qui forment la face 2 de ce 33 tours jamais réédité en CD à ce jour.

Le titre « Il voyage en solitaire» en 1975, marque un tournant dans cette œuvre naissante et pourtant déjà riche et variée. Le 45 tours se vend à 300 000 exemplaires et figure en bonne place dans les hit-parades de l'époque. Ce succès dérange l'artiste qui ne voit pas sa médiatisation d'un bon œil. En réaction, il enregistre en 1976 « Rien à raconter », un album sombre contenant d'admirables morceaux, comme « Les vases bleu(e)s ».

Ce virage prend l'allure d'une rupture avec, en 1978, l'album très électrique intitulé 2870. Mais le mouvement est lancé, un certain nombre de fidèles le suivent de disque en disque.

La pochette est aussi, sinon plus encore, somptueuse que celle de La Mort d'Orion. Il faut ouvrir un écrin de trois pochettes imbriquées pour découvrir le disque. Réalisée par Hypgnosis, la célèbre agence de design qui a signé de nombreuses pochettes dont certaines des Pink Floyd, cette pochette est, paradoxalement, révélatrice de la démarche de l'artiste. Elle fait de ce disque un objet d'art à part entière en ne se contentant pas d'envelopper l'enregistrement gravé mais en l'encadrant à la manière d'un tableau de maître. La photo de couverture est énigmatique et, même si le visage de Manset apparaît à l'intérieur du livret, on sent son image s'estomper pour laisser place au mystère, à l'inconnu.

L'aventure

Dès lors, inspiré par ses voyages en Asie et en Amérique latine l'artiste va diversifier ses expressions artistiques : le dessin, la peinture (sa première voie puisqu'il a fréquenté les Arts Déco et exposé ses toiles en 1966), la photographie et la littérature de voyage.

Lors de ses escales à Paris, il enregistre ses albums : Royaume de Siam en 1979, L'atelier du crabe qui contient le tube « Marin'bar » (titre que Manset considérera comme trop commercial par la suite et dont il ne permettra la réédition en CD qu'en 1999) et « Le train du soir » à moins d'un an l'un de l'autre, en 1981, puis « Comme un guerrier » en 1982.

Cette même année, il expose de nouvelles toiles - pour la première fois depuis 16 ans - à la Maison de la Culture de Bourges, puis trois ans plus tard à la galerie Étienne de Causans à Paris.

1984, marque une nouvelle évolution musicale car il lui faut se passer de violons dans les arrangements. La place du violon dans sa musique, plutôt rock, est comme sa marque de fabrique. Tantôt plaintifs et lancinants, tantôt nappes sonores planantes, les violons confèrent à ses titres une dimension caractéristique de Manset. Il en va de même pour sa voix, que certains trouvent irritante, que la réverbération, le re-recording et autres effets sonores rendent unique et flamboyante.

Lumières (1984) et Prisonnier de l'Inutile (1985) sont issus de ces séances d'enregistrement. La nostalgie de l'enfance, la solitude, la mélancolie forment en grande partie la thématique de ces deux opus.

Exposant ses peintures en 1985, puis ses photos au printemps 1986, il prend ses distances avec sa production musicale, affirmant même vouloir « être classé au rang des cadavres », et publie en 1986 ses photos dans le livre-album Chambres d'Asie et en avril 1987, son premier roman Royaume de Siam. Ces deux recueils révèlent une esthétique du voyage, un regard singulier, et parfois troublant dans Royaume de Siam, sur l'exotisme et l'enfance qui ne peuvent qu'évoquer Paul Gauguin.

En 1988, il décide de retirer du commerce ses 33 tours, qu'il souhaite remplacer par des CD. C'est l'occasion pour lui de rentrer à nouveau en studio. Il se lance dans le remixage digital de son œuvre (sans « La Mort d'Orion » qui ressortira seulement en 1997). C'est ainsi qu'un coffret de cinq CD (Entrez dans le rêve) est commercialisé.

Gérard Manset sort un nouvel album Matrice en 1989, œuvre résolument rock, réaliste et plus noire que jamais, « D'une époque à vomir, l'histoire dira ce qu'il faut retenir… ». Les critiques sont élogieuses et le public suit. Matrice a été considéré comme l'un des meilleurs albums français de la décennie. Plus de cent mille exemplaires sont vendus.

Porté par l'enthousiasme général, Manset récidive dix-huit mois plus tard en publiant Revivre. La pochette sobre tranche avec les thèmes abordés: les tropiques, les Indiens, l'Amazonie, etc. Mais le charme n'opère pas de la même façon, comme si Manset semblait plus apprécié quand il décrit la noirceur et la tristesse urbaine.

En 1993, il publie un nouveau récit intitulé Wisut Kasat.

En 1994 sort La vallée de la Paix, son quinzième album. La pochette quasi psychédélique est très colorée. Manset développe ses thèmes favoris et continue à ciseler des textes comme « Paradis », le simple, extrait de l'album. Néanmoins, il le revendique comme un album positif, en cherchant à se défaire de l'image triste qui lui colle à la peau.

En 1997 paraît un nouvel album intitulé Jadis et naguère. Le ton passéiste l'emporte sur la qualité des textes. « Comme le buvard boit l'encre » est le simple extrait de l'album. Pour la promotion, Manset se contente d'accorder des entretiens à la presse écrite. Il ne fait pas de télé et encore moins de scène. Il déclare à ce sujet : « Je trouve impudique, ridicule de chanter face à un public ».

L'année suivante, il supervise la sortie de quatre doubles CD de rééditions (contenant « Bergère » qui devait initialement figurer sur l'album Matrice, « Pavillon sous la neige » sur Comme un guerrier et - plus mineur - « Artificiers du décadent » sur Jadis et Naguère) et un best of sur lequel on trouve notamment le titre « Marin'bar ».


Du 15 février au 4 mars 2000, la galerie >auteurs a accueilli l'exposition photos « La vallée de la paix ». Le livre 72 heures à Angkor paraît en mai 2000 aux éditions Les Belles Lettres, suivi d'une nouvelle exposition de photographies : « Gérard Manset, De Siem Reap à Khajuraho ».

Ces dernières années ont vu ressurgir l'auteur-compositeur, voire le producteur. Après sa contribution à l'album À la légère de Jane Birkin où il signe deux titres : « Voyage au bout de la nuit » et « Et si tout était faux », composé une chanson pour l'album d'Indochine Paradize, « La nuit des fées », il a participé au premier disque de Raphaël Haroche (Hôtel de l'Univers) à qui il a écrit « Être Rimbaud » et le texte de « La mémoire des jours » pour son second album La Réalité. À la même époque, il a donné « Je jouais sous un banc » à Juliette Gréco pour son album Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez, ver extrait de cette chanson.

Mars 2004, le nouvel album s'intitule Le langage oublié et devait faire partie d'un projet plus vaste comprenant un livre homonyme et un second CD. Lors de la promotion, toujours minimale, l'homme a laissé échapper deux pistes : la scène, comme une possibilité future et l'envie de réaliser plus souvent des albums.


Dans une interview, Gérard Manset avoue lui-même se considérer comme un « être de refus et d'échec ».

L'artiste : le mythe, ou comment l'entretenir...

A suivre...

Liens externes


Image manquante
Notes_musique.png


Portail Musique - Accédez à la série des articles de Wikipédia concernant la musique.

See also: Gérard Manset, 15 février, 1945, 1964, 1966, 1968, 1972