Grégoire de Nysse
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Contexte historique
En 313, l'Eglise était sortie de la clandestinité grâce à l'empereur Constantin Ier. En 325 avait eu lieu à Nicée, à l'initiative de Constantin, le 1er concile œcuménique, qui avait condamné l'arianisme, doctrine qui tenait le Verbe de Dieu pour une créature. Cette doctrine était extrêmement répandue à cette époque et reçut le soutien d'empereurs.
Vie
Grégoire naquit entre 331 et 341 son père tenait une école de rhétorique à Néocésarée. Grégoire fit des études de rhétorique, se maria, fut nommé évêque de Nysse, en Cappadoce (Turquie centrale) par son grand frère Basile, évêque de Césaré. Il se heurta aux ariens, les partisans de l'arianisme.
Grégoire fut exilé quelque temps à partir de 375 à cause de ses positions orthodoxes. Il fut un des principaux acteurs du concile de Constantinople en 381, convoqué contre l'arianisme, contre le nouvel évêque de Constantinople. Concile qui, contre ceux qui niaient la divinité de l'Esprit saint, ajouta à la profession de foi de Nicée, à propos de l'Esprit saint : "Seigneur et donnant la vie, procédant du Père, devant être co-adoré et co-glorifié avec le Père et le Fils ; Qui parla par les prophètes". Les écrits de Grégoire sont nombreux et variés. Le "Discours catéchétique" s'adresse aux catéchistes et traitent de questions de la foi contestées par les hérétiques. La formulation de la foi, comme toujours, se précise dans la controverse.
La dernière date où l'on sait Grégoire de Nysse vivant aujourd'hui est 394.
Doctrine
Un des aspects de sa réflexion qui, dans la ligne de celle de Parménide (Seul l'être est. Du non-être il n'y a rien à dire.), constitue une avancée majeure dans l'Histoire de la pensée est que le mal n'a pas d'existence propre, n'étant qu'absence de bien. Le mal est à concevoir comme la cécité : il peut y avoir un être sans cécité, mais on ne peut concevoir de cécité sans être (aveugle). Et la cécité n'est rien en plus de l'être en question, elle n'est qu'un défaut, i.e. un manque.
Postérité
Cette pensée influença notamment saint Dominique, fondateur de l'Ordre des frères prêcheurs (o.p.), et saint Thomas d'Aquin, o.p., dans leur lutte intellectuelle contre le catharisme qui, influencé par le manichéisme, avait tendance à établir une certaine symétrie entre un principe du bien et un principe du mal. Thomas d'Aquin développa beaucoup l'argument et lui donna une forme systématique : aucune espèce de symétrie entre l'être et le néant, entre Dieu et le diable, entre la bonne action et le péché.
Le futur cardinal Hans Urs von Balthasar, que d'aucun considèrent comme le plus grand théologien catholique du XXe siècle, lui consacra Présence et pensée. Essai sur la philosophie religieuse de Grégoire de Nysse en 1942.
Compté au nombre des Pères de l'Église, Grégoire de Nysse est vénéré par l'Eglise catholique, les Eglises orthodoxes, copte, orientales orthodoxes et anglicane comme saint.
