Guerre
La guerre qualifie tous les conflits confrontant des pays ou d'importants groupes de personnes utilisant la force physique et, surtout des armes, se traduisant par la mort d'humains.
- Dans le contexte du droit international le terme guerre est souvent remplacé par conflit armé, grande opération de police, lutte contre le terrorisme, etc.
Outre l'homme, de très nombreux animaux pratiquent, à une échelle plus ou moins importante, la guerre. Il s'agit de tous les animaux territoriaux, mais qui, tout comme les hommes, négocient souvent ; et des insectes sociaux, qui forment de véritables armées (fourmis, termites).
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Aspect de dysfonctionnement
Selon Théodore Funck-Brentano et Albert Sorel, «La guerre éclate lorsque les États n'ont plus une conscience claire de leurs devoirs, une intelligence nette de leurs droits, une notion exacte de leurs intérêts respectifs. Ils ne peuvent plus arriver à une entente commune, ils ne peuvent plus accepter les lois que leur traçait le droit des gens en temps de paix : ils s'y soustraient. La guerre est l'acte politique par lequel des États, ne pouvant concilier ce qu'ils croient être leurs devoirs, leurs droits et leurs intérêts, recourent à la lutte armée, et demandent à cette lutte de décider lequel d'entre eux étant le plus fort pourra en raison de sa force imposer sa volonté aux autres». (Funck-Brentano et Sorel, Précis du droit des gens, Paris, Plon, 1900, p. 74) «Quand on a un marteau dans la main, tous les problèmes deviennent des clous»
Cela étant dit, la guerre arrive parfois, et il faut donc dès le temps de paix apprendre à lui faire face plutôt que de s'y trouver plongé sans préparation.
Théories de la guerre
Selon le théoricien prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) : la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens. Cette définition rejoint les antiques idées de la civilisation chinoise : la guerre n'est qu'un des moyen pour imposer sa volonté à un groupe ou à l'inverse y résister. Comme ce moyen est le plus risqué et le plus coûteux, la victoire la plus intéressante est celle qui ne se voit pas, l'adversaire n'ayant pas perdu la face.
Par cette continuité politique, la guerre est aussi un élément incontournable des relations humaines, et donc une chose à laquelle il faut être prêt, ce que traduit le proverbe romain : si vis pace, para bellum (pour vivre en paix, soit prêt à te battre), ou bien l'aphorisme de Nicolas Machiavel : « une guerre prévisible ne se peut éviter, mais seulement repousser ». On peut même considérer que l'état de guerre est naturel, et que c'est la paix qui résulte d'une construction, motivée par les plus grand gain d'un mauvais compromis que de la plus grande victoire. La régulation et le traitement de la guerre sont l'un des sujets majeurs, voire LE sujet, pour les acteurs politiques et religieux (les cultes étant généralement attachés à un idéal de maintien de leur ordre).
Des théoriciens ont pu émettre l'hypothèse que la guerre était aussi une nécessité naturelle pour réguler la population humaine. Cette théorie semble complètement infirmée par la réalité, les guerres même les plus sanglantes n'ayant eu qu'un impact tout à fait négligeable sur la démographie humaine.
Causes et enjeux
Cause invoquées
On dit parfois que les guerres ont des causes profondes et des raisons futiles. Les causes - ou parfois les prétextes - de guerre peuvent être entre autre:
- conquête d'un territoire possédant des ressources,
- domination économique (par exemple une réserve de pétrole ou de cuivre qu'on espère se faire céder à un prix avantageux),
- en théorie, imposition d'une croyance exemple une religion; Marx ne croit guère à ce genre d'explication qui selon lui masque toujours en réalité des intérêts matériels qui ne veulent pas s'avouer,
- recherche de domination d'un système politique, présenté comme le meilleur
- réparation d'un affront, d'autant plus important que le pouvoir est personnalisé,
- système d'alliances conclu antérieurement ou pas,
- se faire rembourser des dettes,
Opinion d'André Maurois
Dans Les silences du colonel Bramble, André Maurois voit la guerre comme aussi inévitable que les mouvements d'un dormeur dans son sommeil : suite à un immobilisme prolongé, des parties du corps éprouvent des soucis qui se cumulent avec le temps d'approvisionnement en ressources, et la souffrance engendrée déclenche une tentative de retournement brutale. Après s'ensuit un nouveau calme, temporaire, à l'issue duquel le cycle recommence.
Quelques exemples
Une guerre a rarement une cause unique, et fait suite plus souvent à une accumulations de causes profondes; la cause immédiate, par exemple l'affront, sert alors de déclencheur, comme la goutte qui fait déborder le vase.
- La guerre est souvent une façon de ressouder une communauté contre un ennemi commun, de justifier une forte discipline, voire d'acquérir ou conserver une gloire politiquement nécessaire à un pouvoir se voulant charismatique (Junte argentine dans la Guerre des Malouines). Ces raisons rendent la guerre fréquente dans les dictatures et les États où les hommes voient leurs certitudes troublés par une brutale évolution politique (ethnique), économique ou technique. Il arrive cependant, bien que ce soit beaucoup plus rare, que des démocraties se fassent la guerre entre elles aussi (guerres frontalières péruviennes, par exemple).
- La raison d'une guerre (le groupe auquel on veut imposer sa loi) n'est pas toujours « en face », mais peut-être dans chaque camp, à l'image de la guerre franco-allemande de 1870, occasion pour Bismarck de sceller l'unité allemande. Cette interprétation fut également donnée à la Première Guerre mondiale par des socialistes de chaque camp.
- La guerre est parfois perçue comme le moyen (éventuellement inconscient et « naturel au capitalisme ») d'éliminer une impasse sociale sans la régler.
- Lorsque la guerre est particulièrement mal vécue par les militaires, comme la Première Guerre mondiale, le pouvoir accentue la propagande et promet que ce sera la dernière (der des ders). Elle mit fin aux monarchies dans tous les pays vaincus (trois empires).
Guerres civiles
Comme dans une vendetta les guerres internes à un pays mettant aux prises une partie de la population contre l'autre, sont qualifiées de guerres civiles. Chacun voit dans son ennemi, et même en celui qui voudrait rester neutre, un traitre avec lequel il n'est plus possible de cohabiter, et avec lequel aucun compromis territorial n'est possible (comme cela serait possible avec un ennemi étranger). C'est pourquoi l'unique issue envisagée est bien souvent l'anéantissement de l'autre et de ses alliés réels ou potentiels (y compris femmes et enfants), avec emploi de la terreur, ce qui rend ces guerres meurtrières et sans merci (féroce). La plupart des dirigeants n'hésiteront donc pas à se lancer dans une guerre étrangère plutôt que de risquer une guerre civile.
Conventions
la convention de La Haye
La convention de La Haye interdit l'incorporation dans les armées de la population d'un territoire occupé. Le pouvoir nazi a donc fait usage d'une ruse : à partir du 25 août 1942, il a conféré la citoyenneté allemande à de plus en plus de Français d'Alsace à commencer par les hommes (les Malgré-nous).
la convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre
Voir aussi
- Défense et sécurité
- Guerre asymétrique
- Guerre civile
- Guerre juste et son corrolaire médiatique, la guerre propre
- Guerre subversive
- Guerre de basse intensité, ou guerilla
- Liste des guerres
- Origine de la guerre
- Paix
