Guerre civile espagnole

Cet article traite de la guerre de 1936-1939. Pour la guerre d'Espagne de 1808 à 1813, voir Guerre d'Espagne (Empire).

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Un soldat républicain se trouvant sur la Plaza de Toros à Teruel à l'est de Madrid

La guerre civile espagnole, appelée aussi révolution espagnole, est une situation qui oppose, en Espagne, les rebelles appelés nacionalistas ( « nationalistes » ) ou facciosos ( « factieux » ) et les républicains ou rojos (mots généraux définissant les diverses tendances ayant existé et s'étant battues contre le front franquiste : anarchistes, communistes, démocrates, socialistes, etc.) C'est aussi une révolution sociale qui crée des conditions de collectivisation des terres et des usines, et qui permet l'expérience de nouvelles relations sociales et politiques dans diverses parties de l'Espagne. Elle se déroule de juillet 1936 à avril 1939 et s'achève par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco.

Au cours de cette guerre « civile », les futurs belligérants européens de la Seconde Guerre mondiale commencent à s'affronter plus ou moins directement : l'Allemagne de Hitler et l'Italie de Mussolini apportent leur soutient à Franco, l'Union soviétique de Staline vend des armes aux républicains, tout en cherchant la prise de pouvoir au sein de la république. La France et le Royaume-Uni ne participent pas directement, mais ils laissent les Brigades Internationales s'engager aux côtés des républicains.

Sommaire

Événements militaires et politiques

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Timbre à l'effigie du roi Alphonse XIII surchargé Republica Española en 1931

Contexte politique

La Seconde République espagnole proclamée en 1931 voit arriver au pouvoir en 1933 le bienio negro, gouvernement où s'associe une coalition de centre-droit qui incluait les conservateurs catholiques Confederación Española de Derechas Autónomas (CEDA).

En septembre et octobre 1934, des insurrections socialistes et anarchistes ont lieu en Catalogne, à Madrid et dans les mines des Asturies. Cette dernière est matée dans le sang par les troupes d'Afrique commandées par Franco. L'entente entre gauche et droite semble de plus en plus impossible : ces événements polarisent les positions et on assiste à une montée fulgurante des extrêmes.

En 1936, un Front Populaire gagne les élections : à droite, on pense que cette coalition de gauche va faire une révolution, à gauche, on considère que la droite veut établir une dictature fasciste. Le Front Populaire tente de reprendre l'action du gouvernement de 1931, mais le climat est détestable : les crimes politiques se succèdent, commis par les milices ouvrières ou par les milices d'extrême droite (270 victimes en 4 mois). L'État ne maintient plus l'ordre : l'assassinat de Calvo Sotelo le 13 juillet 1936 met le feu aux poudres et sert de prétexte aux insurgés pour faire un coup d'État.

Le complot militaire

Les militaires espagnols se considèrent comme une caste à part, indispensable à toute tentative de renversement de la République. Dès le lendemain des élections de 1936 qui voient la victoire du Frente Popular, des complots apparaissent avec les généraux Goded, Fanjul, Mola et Franco.

Le gouvernement a vent de ces conspirations mais sa seule réaction est de déplacer les hauts responsables de l'armée soupçonnés de complot loin de la capitale : Mola se retrouve muté à Pampelune, Franco aux îles Canaries. La première réunion des conjurés a lieu le 8 mars 1936 à Madrid, et l'insurrection est prévue pour le 19 ou 20 avril, sous la direction de Sanjuro, en exil au Portugal depuis sa tentative de coup d'État ratée de 1932.

Mais Mola reste en position de force : il a été muté dans une région qui est probablement parmi les plus antirépublicaines d'Espagne : il peut donc comploter à loisir. Le 5 juin 1936, il élabore un premier projet politique fondé sur la disparition de la République et sur l'unité de l'Espagne. Dès juin, les contacts se tissent entre conjurés. Le coup d'État doit être retardé car Mola a quelques soucis pour s'allier les milices carlistes de Navarre qui exigent un retour à une monarchie conservatrice.

L'assassinat de Calvo Sotelo le 13 juillet 1936 met le feu aux poudres. Les militaires décident de lancer l'offensive les 17 et 18 juillet, sans réel objectif politique autre que le renversement de la République.

Le coup d'État raté et l'enlisement

Le coup d'État débute le 17 juillet au Maroc où Franco prend le commandement des troupes, et se diffuse à travers le pays le 18.

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Affiche républicaine

Cependant, si certaines régions tombent rapidement (Navarre, Castille, Galice, grandes villes d'Aragon), le reste du pays reste fidèle à la République. Madrid, Barcelone et Valence restent aux mains des républicains, notamment grâce aux milices ouvrières très vite mobilisées. Au bout d'une semaine, le pays est coupé en deux zones à peu près égales : d'un côté les nationalistes, de l'autre les républicains qui conservent les régions les plus riches et industrielles.

Les républicains tentent une conciliation avec les militaires. Le président Azaña a tenté de proposer la mise en place d'un gouvernement de compromis à la place du Front Populaire : le 18 juillet, il nomme Diego Martinez Barrio à la tête du gouvernement, mais ça ne fonctionne pas. Ni du côté nationaliste avec Mola, ni du côté républicain avec Largo Caballero on ne veut de compromis. L'issue violente est inévitable, et dès le lendemain de sa nomination, Martinez Barrio démissionne remplacé par José Giral. La décision est alors prise d'armer les milices ouvrières, ce qui avait été exclu jusque là.

L'état de l'armée à la veille des combats

En principe, la loi de 1912 a établi la conscription et fixée le service militaire à 3 ans ; en 1924, il est fixé à deux ans, puis à un an en 1930. Mais il est loin d'être universel car les cas d'exemptions sont innombrables et il est très inégalitaire (par exemple, on peut, tout à fait légalement, l'éviter moyennant le paiement d'une cuota). Par ailleurs, le budget ne permet ni instruction, ni entraînement, aussi les appelés sont fréquemment envoyés en permission de longue durée.

De ce fait, en métropole, dans chaque division d'infanterie, trois régiments sur quatre sont en sommeil et le quatrième n'est pas aligné sur ses droits en effectif.

D'après S.Balfour, en juillet 1936 il y aurait moins de 16 000 appelés présents sous les drapeaux et environ la moitié resteront fidèles à la République.

Les combats

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Mort d'un soldat républicain, 1936, Robert Capa

Fin juillet, tout semble bloqué mais l'aide extérieure des puissances de l'Axe permet aux troupes du Maroc (les plus compétentes et les mieux entraînées) emmenées par Franco de passer le détroit de Gibraltar le 5 août et de rejoindre le reste de l'armée et 15 000 Carlistes emmenée par Mola. Au total, 62 000 troupes du Maroc servirent dans les forces nationalistes dont 37 000 sont engagées au printemps 1937.

En octobre, Franco doit faire un choix stratégique : aux portes de la capitale, il préfère cependant détourner ses troupes au sud, vers Tolède pour aller sauver les insurgés assiégés dans l'Alcazar. Ceci laisse le temps aux madrilènes d'organiser la défense. Lorsque les nationalistes encerclent Madrid en novembre 1936, la défense est acharnée : chaque rue est défendue (avec le célèbre slogan no pasaran). Malgré des pertes très lourdes, la ville tient bon et en mars 1937, les nationalistes doivent se rendre à l'évidence : la prise de Madrid a échoué !

Ils décident donc de s'occuper d'abord des poches de résistances républicaines que sont le pays basque et les Asturies. Isolées, peu coordonnées, elles tombent rapidement. Les républicains essaient d'attaquer autour de Teruel ou lors de la bataille de l'Ebre (1938) mais ce sont deux échecs. Les nationalistes en profitent pour couper en deux la zone républicaine en parvenant à rejoindre le littoral méditerranéen.

Dès lors, le sort du conflit est scellé : la Catalogne est conquise en février 1939. Dans la capitale, un soulèvement anarcho-socialiste démobilise la résistance : Madrid est conquise avec peu de combats. Le reste de l'Espagne est conquise dans le mois. Le 1er avril 1939, Franco peut annoncer que « la guerre est finie ».

La participation des puissances étrangères

La participation italienne

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Affiche républicaine appelant à combattre l'invasion italienne

L'aide italienne, limitée au début du conflit devient massive dès la fin de l'année 1936. Elle se matérialise par des livraisons importantes de matériel (prés de 700 avions, 950 chars) mais surtout par l'envoi de nombreux soldats. Le corps des volontaires italiens (CTV) atteint jusqu'à 50 000 hommes. Contrairement aux troupes allemandes, les italiens sont bien intégrés dans les combats.

Dans sa logique expansionniste, Mussolini envoie ses troupes plus pour affirmer son prestige que par affinité idéologique avec les nationalistes. C'est l'occasion pour lui d'effectuer une vaste propagande. De plus, il a aussi des intérêts économiques (les armes italiennes sont vendues aux nationalistes) et stratégiques (utopie d'une mainmise sur la Méditerranée).

La participation allemande

L'Allemagne nazie engage 10 000 hommes au plus fort du conflit, mais ce sont essentiellement des techniciens et instructeurs, peu de soldats. Les rares forces de combats sont limitées à quelques compagnies de chars et aux avions de la légion Condor. Hitler se sert de cette guerre pour essayer le nouveau matériel et y gagne aussi sur le plan économique : en effet, il a négocié en échange de son aide le contrôle des sociétés minières espagnoles. Parmi les faits marquants des envoyés allemands en Espagne, le bombardement sur des civils à Guernica préfigure les stratégies de la guerre totale à venir. Après cet événement condamné par une bonne partie de la communauté internationale, l'aide allemande se réduit.

La participation de l'Union Soviétique

L'URSS intervient dans la guerre d'Espagne sous la pression du Komintern au nom de la lutte contre le fascisme. Staline livre de nombreuses armes modernes (chars et avions) au forces républicaines mais il envoie peu d'hommes (seulement 2 000, pour la plupart simples conseillers). Cependant, les livraisons sont irrégulières et l'acheminement difficile vers certaines régions. Après les accords de Munich, l'aide soviétique décroît rapidement.

Les Soviétiques encouragent et soutiennent également les Brigades Internationales et cherchent à éliminer les marxistes non staliniens (principalement en Catalogne) et les anarchistes.

Les autres aides

Il ne faut pas oublier le Portugal de Salazar qui a fourni une légion de 20 000 hommes aux nationalistes. De plus, les nationalistes ont aussi eu une aide plus anecdotique des Irlandais de la Légion Saint-Patrick.

Réalisations révolutionnaires

Soulèvement autogestionnaire

Les collectivisations

Chronologie

1936

1937

1938

1939

Bibliographie

Films

Photographies

Documentaires

Œuvres d'art

See also: Guerre civile espagnole, 10 mars, 13 juillet, 13 mars, 15 avril, 15 janvier, 15 novembre, 16 février