Guerre de Crimée
Suite à un conflit à Bethléem entre chrétiens latins - protégés par la France - et orthodoxes - protégés par la Russie - les relations entre la Russie et l'empire Ottoman s'envenimèrent jusqu'à la déclaration de guerre.
Toutefois cette querelle de moines dans les églises des lieux saints est un prétexte. L'affaire est réglée par les Turcs en faveur du clergé orthodoxe, mais la Russie exige alors du sultan des garanties en faveur de tous les chrétiens orthodoxes de l'Empire (1853); mais les véritables raisons sont les ambitions de la Russie, désireuse de s'annexer Constantinople et les Détroits, c'est-à-dire d'accéder à la Méditerranée.
Les Français et les Anglais, puis les Sardes (Piémontais), s'allièrent aux Ottomans.
La flotte turque est détruite par l'escadre russe dans le port de Sinope, le 30 novembre 1853.
Pour débloquer la situation, les alliés décidèrent de débarquer en Crimée et d'attaquer le principal port russe de cette mer, Sébastopol.
Après leur débarquement en Crimée le 14 septembre 1854, les alliés vainquirent les Russes au pont de l'Alma (20 septembre), mais préférèrent assiéger Sébastopol.
Les Russes durent saborder leurs navires et utiliser leurs canons comme artillerie additionnelle ainsi que leurs équipages comme troupe à terre. L'amiral Nakhimov fut mortellement blessé à la tête par un franc-tireur, et décéda le 30 juin 1855.
Pendant ce siège, les adversaires s'affrontèrent dans les batailles de Balaklava - 25 octobre - et d'Inkerman - 5 novembre.
Le 8 septembre 1855, la tour Malakov, position clé de la ville, tombe aux mains des Français, entraînant la chute de la ville. Avec l'accession d'Alexandre II les pourparlers de paix commencèrent. Le traité de Paris, signé le 30 mars 1856, mit fin à ce conflit.
Autour de cette guerre
Cette guerre restera célèbre pour les manifestations d'incompétence militaire et logistique, dont on trouve un exemple dans la charge de la brigade légère immortalisée par le poème de Tennyson. Le choléra sappa les préparations françaises pour le siège de Sébastopol, et une violente tempête dans la nuit du 14 novembre 1854 fit couler 41 vaisseaux français, dont 3 militaires, avec leur précieuse cargaison de fournitures, fourrage, habillement et autres nécessités. Cet événement incita le français Urbain le Verrier à mettre au point un réseau européen d'information météorologique afin de pouvoir anticiper les variations climatiques et météorologiques.
Dans l'hiver désespéré qui suivit, le traitement scandaleux des soldats blessés, dont les correspondants de presse firent état dans les journaux, incita Florence Nightingale à suggérer l'organisation d'une prise en charge des blessés, introduisant des méthodes de soins modernes.
Ce fut aussi le premier conflit à utiliser tactiquement le chemin de fer et où le télégraphe électrique permit des communications beaucoup plus rapides y compris avec le centre de pouvoir politique.
C'est par la participation du royaume de Sardaigne à cette guerre, que Victor-Emmanuel II débuta sa progressive unification de l'Italie autour du Piémont.
Intéressante anecdote : les soldats des troupes occidentales virent leurs camarades turcs rouler leurs cigarettes dans du papier, ce qui était bien plus efficace que les feuilles de tabac qu'ils utilisaient jusqu'ici parce que celles-ci s'émiettaient...
