Guerre de la ligue d'Augsbourg

La guerre de la ligue d'Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans, eut lieu de 1688 à 1697. Elle opposa la France sous la monarchie absolue de Louis XIV, alliée au Danemark et à l'empire Ottoman, à une grande coalition, d'abord défensive. Celle-ci comptait principalement l'Angleterre sous la monarchie constitutionelle de Guillaume III d'Angleterre, l'empereur d'Allemagne et plusieurs Électeurs, l’Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède. Elle se plaçait dans le contexte de l'opposition entre les Bourbons et les Habsbourgs, notamment pour le contrôle de l'Espagne.

Sommaire

Les fronts

Allemagne

Le 24 septembre 1688, un manifeste énuméra les raisons pour laquelle la France allait entrer en guerre :

Philippsbourg fut prise par les troupes françaises le 29 octobre 1688. Ce fut le début de l'invasion du Palatinat, sur la rive droite du Rhin. Le 11 décembre de la même année, ne se laissant pas intimider, l'Empereur déclara la guerre. Pour entretenir les armées françaises et former un glacis défensif, sur une idée du marquis de Chamlay, Louvois décida la dévastation systématique du Palatinat. Le 13 janvier 1689, Mannheim et Heidelberg furent détruites. À Spire, les tombes des rois médiévaux furent profanées. Ces exactions poussèrent nombre de princes allemands, comme les Électeurs de Saxe et de Brandebourg, à s'allier avec l'Empereur. À l'été 1689, les Impériaux reprirent Mayence et Bonn.

Irlande

Le 20 juin 1688, Marie-Béatrice de Modène, seconde épouse de Jacques II, accoucha d'un fils, baptisé Jacques François Édouard. De nouveau, les Anglais auraient un roi catholique. Les Orangistes firent alors courir le bruit de l'illégitimité de l'enfant. Les Provinces-Unies votèrent l'envoi d'une expédition menée par le stathouder Guillaume d'Orange, pour forcer les Anglais à se déclarer contre la France. Orange débarqua dans le Devon le 15 novembre, dans le but proclamé de garantir la paix publique. Le lieutenant général du roi, John Churchill, premier duc de Marlborough, fit alors défection. Ce fut le début de la Glorieuse révolution, qui mit fin au règne des Stuart.

Louis XIV équipa 6 000 hommes de Jacques II, qui s'embarqua pour l'Irlande catholique. Il comptait l'utiliser comme base arrière de sa reconquête de l'Angleterre. Si Dublin lui réserva un accueil triomphal, le pays était trop pauvre pour entretenir les armées de Jacques II. Le 11 mai 1689, dans la baie de Bantry, le vice-amiral français Châteaurenault repoussa la flotte de l'amiral Herbert. Néanmoins, le 10 juillet 1690, Jacques II et Lauzun furent défaits à la bataille de la Boyne, près de Drogheda. Jacques II rentra penaud en France. À la mi-octobre, la dernière poche de résistance jacobite, près de Limerick, tomba.

Sur mer

L'essentiel du conflit se déroula sur mer. Le 10 juillet 1690, Tourville dispersa la flotte anglo-hollandaise au Cap Beveziers (appelé Beachy Head par les Anglais).

En mai 1692, Jacques II convainquit Louis XIV de lui redonner une chance sur mer. Dûment chapitré par Pontchartrain, le nouveau secrétaire d'État à la Marine, Tourville dut livrer bataille contre la flotte anglo-hollandaise au large de Barfleur. Après douze heures de combat acharné avec moitié moins de navires que l'ennemi, Tourville se replia dans la rade de La Hougue (Saint-Vaast), sans essuyer de perte majeure. Lui-même avait coulé deux navires ennemis. Le commandant des troupes à terre, Bellefonds, ordonna d'échouer les navires au lieu de canonner la flotte ennemie qui avait suivi. Ceci permit aux Anglais, débarqués en chaloupe, d'incendier une dizaine de navires.

Le « désastre de La Hougue » détourna Louis XIV de la guerre d'escadre. Désormais, la France misa sur la guerre de course. Des corsaires comme Jean Bart, Duguay-Trouin ou Forbin s'y illustrèrent. Sur un plan plus prosaïque, ils contribuèrent par leurs prises à nourrir la France, affaiblie et frappée par les intempéries. Ainsi, en juin 1694, Jean Bart captura 96 vaisseaux hollandais chargés de blé. Leur cargaison contribua à améliorer la situation de Paris, touchée par la famine. Cette même année, Bart fut ainsi anobli, et il devint chef d'escadre en 1697. Néanmoins, Tourville livra encore une bataille, à la tête de la flotte du Levant et du Ponant, au large de Lagos. Il dispersa un énorme convoi anglais, protégé par les amiraux Rooke et Van der Goes. Les pertes anglo-hollandaises s'élevèrennt à 83 navires, pour environ 60 millions de livres de marchandises.

En contrepartie, les viles côtières souffrirent des représailles anglo-hollandaises. En juin 1694, les alliés échouèrent devant Brest, mais en juillet, ils bombardèrent Dieppe pendant toute une journée, détruisant totalement la ville. Ils s'en prirent ensuite au Havre, en rasant un quart. Dans les années qui suivirent, Dunkerque, Calais, Saint-Malo, Granville ou encore Saint-Martin-de-Ré souffrirent ainsi des raids alliés.

Pays-Bas espagnols

En Espagne, Marie-Louise d'Orléans, femme de Charles II, mourut en février 1689. Le roi se remaria avec Marie-Anne de Neubourg, sœur de l'impératrice. Sous la pression allemande, Charles II signa un accord avec les Provinces-Unies et accueillit les Impériaux dans ses forteresses des Pays-Bas espagnols. Furieux, Louis XIV déclara la guerre le 15 avril.

La France était entourée de toutes part. En 1689, la frontière du Nord dut être renforcée. Les armées changèrent de maîtres. À la tête de l'armée de Flandre, le maréchal de Luxembourg écrasa le prince de Waldeck à la bataille de Fleurus, le 1er juillet. Luxembourg y gagna tant de drapeaux ennemis qu'on le surnomma le « tapissier de Notre-Dame ».

En 1691, Louis XIV vint lui-même assiéger Mons, qui tomba le 17 mars. Luxembourg enchaîna par une victoire en écrasante infériorité numérique à Leuze, près de Tournai. En 1692, Vauban vint à bout de Namur. Le 3 août, à Steinkerque, Luxembourg, assisté de sa « troupe dorée » (le jeune duc de Chartres, le prince de Conti, le duc de Vendôme, le duc d'Elbeuf et le prince de Turenne) repoussa une attaque surprise de Guillaume d'Orange.

Satisfait, Louis XIV créa une nouvelle fournée de maréchaux. Le 19 juillet 1693, Luxembourg laissé seul sur la frontière affronta une nouvelle fois Guillaume d'Orange. Après de sanglants combats dans les rues du village de Neerwinden, le Français remporta la bataille.

Savoie

Victor-Amédée II de Savoie avait négocié avec l'Empereur l'ouverture d'un nouveau front. Néanmoins, le 18 août 1690, les troupes savoyardes furent défaites à l'abbaye de Staffarde par Catinat. Eugène de Savoie réussit à repousser les Français hors du Piémont, maix ceux-ci prirent tout de même la Savoie et Nice. Le 4 octobre 1693, Catinat repoussa de nouveau Victor-Amédée à La Marsaille. En 1696, le duc de Savoie signa la paix.

Espagne

Au printemps 1694, le maréchal de Noailles pénétra en Catalogne. Il livra une bataille importante le 27 mai sur la rivière Ter. Ses troupes forcèrent au repli celles du duc d'Escalona. Les Français poursuivirent leur avance mais furent arrêtés devant Barcelone par leur manque de moyens.

En 1697, la Suède proposa sa médiation à tous les belligérents. Ceux-ci acceptèrent et se rencontèrent le 4 février en congrès à Ryswick, un village des Provinces-Unies. Le seul pays manquant était l'Espagne. Le 9 août, le duc de Vendôme s'empara de Barcelone, après que Tourville eut bloqué son port avec la flotte du Levant.

La paix

Le conflit se termina par la paix de Ryswick (septembre-octobre 1697) par lequel la France ne conservait que Strasbourg et Sarrelouis mais donnait la Lorraine qu'elle avait annexée depuis soixante ans. La Catalogne et le Luxembourg sont restitués.

Voir aussi

Bibliographie

Liens internes

Liens externes

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See also: Guerre de la ligue d'Augsbourg, 10 juillet, 11 décembre, 13 janvier, 15 avril, 15 novembre