Guillaume II d'Allemagne

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Guillaume II d'Allemagne

Guillaume II (Friedrich Wilhelm Viktor Albrecht von Hohenzollern) né le 27 janvier 1859 et mort le 5 juin 1941, fut le dernier empereur d'Allemagne et dernier roi de Prusse de 1888 à 1918.

Biographie

Il est né à Potsdam du prince héritier Frédéric III et de son épouse Victoria, princesse royale d'Angleterre. Celle-ci était la tante de la tsarine Alexandra (épouse du tsar Nicolas II de Russie) et la sœur du roi Édouard VII d'Angleterre. Il était donc petit-fils de la reine Victoria d'Angleterre. Pour autant, il n'a jamais été anglophile et a privilégié et revendiqué son ascendance prussienne. Son ascendance britannique explique en partie sa volonté de contester la suprématie maritime de la Grande-Bretagne. Il s'entendait mal avec son père comme avec sa mère.

À la suite d'une naissance difficile, son bras gauche était un peu atrophié, infirmité qu'il chercha toujours à dissimuler. Certains historiens pensent qu'il aurait aussi pu subir un traumatisme crânien, susceptible d'expliquer certains de ses traits de caractère (cyclothymie, agressivité, entêtement, impulsivité et manque de tact).

Il fit des études au Gymnasium de Kassel et à l'Université de Bonn. Il épousa en 1881 la princesse Augusta Viktoria von Holstein-Sonderburg-Augustenburg (née le 22 octobre 1858, morte le 11 avril 1921) et ils eurent sept enfants :

Il devint empereur en juin 1888 (« l'année des trois empereurs ») après le très court règne de son père Frédéric III d'Allemagne.

Son règne fut marqué par un militarisme exacerbé. Il renvoya dès 1890 le chancelier Bismarck et ne renouvela pas le pacte germano-russe d'assistance mutuelle. Sa politique étrangère agressive (armement maritime selon le Plan Tirpitz, volonté d'expansion allemande) le mit en confrontation notamment avec la Grande-Bretagne et l'isola sur le plan diplomatique. Les rapports avec la France étaient marqués par la volonté de revanche de cette dernière et la concurrence en matière étrangère et coloniale.

Pour empêcher qu'un autre premier ministre prît autant d'importance que Bismarck, il en changea plusieurs fois : après Bismarck se succédèrent Leo von Caprivi, en 1894 le Prince Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst, en 1900 le Prince Bernhard von Bülow et en 1909 Theobald von Bethmann-Hollweg, mais aucun n'était un politicien de l'envergure de Bismarck.

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L'empereur Guillaume II et sa femme Victoria

Malgré son comportement, il est difficile d'affirmer qu'il ait provoqué - tout au moins à lui seul - la Première Guerre mondiale, même s'il n'a pas fait grand-chose pour l'éviter. L'Allemagne était l'alliée de l'empire austro-hongrois et soutenait sa politique intransigeante dans les Balkans. Lors de la crise provoquée par l'assassinat à Sarajevo le 28 juin 1914 de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, il se laisse entraîner par le chancelier Bethmann-Hollweg et le ministre des affaires étrangères Gottlieb von Jagow. Ses dernières tentatives pour bloquer l'engrenage de la guerre, comme le message envoyé le 29 juillet à son cousin Nicolas II de Russie lui demandant de rester hors du conflit, furent court-cicuitées par son gouvernement. Il se reprit rapidement dans le but de mener ses généraux à la victoire.

Pendant la guerre, il était commandant en chef des armées, mais perdit bientôt l'autorité réelle et sa popularité en fut diminuée.

Son abdication fut annoncée par le chancelier, prince Max de Bade, le 9 novembre 1918. Il partit alors en exil aux Pays-Bas dont la reine Wilhelmine refusa de l'extrader en tant que criminel de guerre. Après la mort de sa première épouse, il se remaria en 1922 avec une veuve, la princesse Hermine von Schoenaich. Pendant les années 1930, il a sans doute espéré, en vain, voir les nazis restaurer la monarchie. Il est mort à Doorn (région d'Utrecht) dans sa propriété de Haus Doorn, pendant l'occupation allemande des Pays-Bas, et est enterré dans cette même ville.

Il a fondé en 1911, le Kaiser-Wilhelm-Institut zur Förderung der Wissenschaft qui devint après la Seconde Guerre mondiale le prestigieux institut Max Planck.

See also: Guillaume II d'Allemagne, 11 avril, 1858, 1859, 1879, 1881, 1886, 1888, 1890