Guillotine

La guillotine est une machine utilisée pour l'application de la peine capitale par décapitation. Elle n'est plus utilisée de nos jours.

L'appareil est constitué d'une grande armature droite (approximativement de 4 mètres de haut) à laquelle est suspendue une lourde lame triangulaire (d'une quarantaine de kilogrammes). La lame est guidée au-dessus de l'armature par une corde et est maintenue le temps qu'on puisse placer la tête du condamné dans une barre de maintien. La corde est ensuite libérée et la lame chute d'une distance de 2,3 mètres, sectionnant le cou. (Les tailles et poids indiqués sont ceux des normes françaises.)

Sommaire

Origines

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Sous l'Ancien Régime, il existait une multitude de modalités d'application de la peine capitale, selon le crime et la condition du condamné : la décapitation à l'épée était réservée aux nobles, la potence, le bûcher, la roue, pour les roturiers, l'écartèlement aux régicides. L'ancêtre de la guillotine est le gibet, existant bien avant sa mise en œuvre pendant la Révolution française, notamment en Angleterre.

La méthode de décapitation mécanique est préconisée dans deux discours à l'Assemblée constituante les 10 octobre et 1er décembre 1789 par le docteur Joseph-Ignace Guillotin, qui considérait cette méthode comme plus humaine que la pendaison ou la décapitation à l'aide d'une hache. En effet, l'agonie des pendus pouvait être longue, et certaines décapitations à la hache étaient ratées, demandant plusieurs coups. Guillotin estimait que l'instantanéité de la punition était la condition nécessaire et absolue d'une mort décente.

En 1791, l'Assemblée législative promulgue que « tout condamné à mort aura la tête tranchée ». Mais, en l'absence de plans précis pour la construction de la machine, la suggestion de Guillotin, bien qu'initialement soutenue par Mirabeau, mettra plus de deux ans à entrer en application.

Le premier projet de guillotine avait une lame horizontale. C'est le docteur Louis, célèbre chirurgien de l'époque, qui préconise, dans un rapport remis le 7 mars 1792, la mise au point d'une machine à lame oblique, seul moyen de donner la mort à tous les condamnés avec rapidité et sûreté, ce qui n'était pas possible avec une lame horizontale.

Il faut noter que jamais le docteur Guillotin n'assistera à la moindre exécution capitale, et que, jusqu'à sa mort survenue en 1814, il déplorera en petit comité que l'usage ait accolé son nom à la machine dont il n'avait fait que préconiser l'étude et l'usage.

Exécutés célèbres

Ces trois dernières exécutions contribuèrent à mettre un terme à la peine de mort en France qui fut abolie en 1981 par l'Assemblée nationale sur proposition de François Mitterrand et Robert Badinter. En particulier celle de Christian Ranucci car certains éléments suggèreraient que ce dernier était peut-être innocent du crime dont on l'accusait (voir le Pull-over rouge de Gilles Perrault) ou, tout au moins, que de graves lacunes entachaient la qualité de l'enquête menée à ce moment-là.

Imaginaire populaire

La guillotine fut baptisée initialement « Louisette » ou « Louison » (inspiré du chirurgien royal : Antoine Louis) avant de prendre son nom définitif. Pendant la Révolution française, elle fut surnommée le grand « Rasoir national », la « Mirabelle », « Monte-à-regret », le « Vasistas » et la « Veuve ».

Au XIXe siècle, on la surnommait la « Lucarne » et au XXe siècle le « Massicot » ou la « Bécane ».

Liens externes

See also: Guillotine, 10 octobre, 10 septembre, 16 octobre, 1789, 1791, 1792, 1793