Hadrien

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Buste d'Hadrien

Hadrien ou Adrien (Publius Æelius Hadrianus), empereur romain, est né en 76 à Italica et mort en 138. Il succède à son père adoptif Trajan en 117. Empereur humaniste, lettré, poète et pacifique, il n'attache pas une grande importance aux conquêtes de Trajan sur l'Euphrate et rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières.

On lui doit, entre autres, des fortifications continues, appelées limes, destinées à protéger l'empire contre les invasions barbares (mur d'Hadrien au nord de l'Angleterre, par exemple). C'est sous son règne qu'ont eu lieu d'importants soulèvements en Judée, en particulier en 132/135 la révolte de Bar-Kokheba qui donne une éphémère indépendance à la Judée, qui se sont soldés par des répressions et l'une des diasporas du peuple juif parmi les plus lourdes de l'Antiquité. Jérusalem, prise en 134, est ravagée et devient Aelia Capitolina ; la région est désormais appelée Palestine.

Amoureux du monde hellénique, il tente de restaurer la religion grecque en restreignant les cultes orientaux. En 127, dans un rescrit au proconsul d'Asie, Minicius Fundanus, il affirme que les chrétiens ne peuvent pas être mis à mort sans procès préalable. Son amour pour le jeune Antinoüs (ou Antinoos), mort en 122, l'a poussé à le faire représenter de nombreuses fois en statues, lesquelles nous sont parfois parvenues et nous permettent de donner un visage au célèbre bithynien, ainsi qu'à fonder la cité d'Antinoë en Égypte. Cette relation a servi d'argument à ses ennemis (lire les textes d'Aurelius Victor plus bas). Marié à Sabine, il n'a pas d'enfant avec elle mais adopte Aurelius Antoninus (plus connu sous le nom d'Antonin le Pieux), qui lui succédera à la tête de l'Empire romain.

De la poésie d'Hadrien ne nous sont parvenus que quelques vers, parmi lesquels sa propre épitaphe :

Animula uagula blandula
Hospes comesque corporis
Quæ nunc abibis in loca
Pallidula rigida nudula
Nec ut soles dabis iocos

Amelette vaguelette, blanchelette,
Hôtesse et compagne de mon corps,
Qui bientôt partira en des lieux
Pâles, raides et nus,
Tu n'y donneras plus tes reparties habituelles.

Ronsard s'en inspirera dans ses Derniers vers :

« À son âme »
Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette doucelette,
Tres chere hostesse de mon corps,
Tu descens là bas foiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
Dans le froid Royaume des mors :
Toutesfois simple, sans remors
De meurtre, poison, ou rancune,
Méprisant faveurs & tresors
Tant enviez par la commune.
Passant, i'ay dit, suy ta fortune
Ne trouble mon repos, ie dors.

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Villa Adriana

Marguerite Yourcenar a écrit une autobiographie fictive de l'empereur romain intitulée les Mémoires d'Hadrien, en 1951, un portrait psychologique subtil où elle mit beaucoup d'elle-même. L'historien Sextus Aurélius Victor (mort après 390) écrit dans son Livre des Césars, chapitre XIV : « On le (Hadrien) vit enfin rechercher, avec une scrupuleuse sollicitude, tous les raffinements du luxe et de la volupté. Dès lors mille bruits coururent à sa honte : on l'accusa d'avoir flétri l'honneur de jeunes garçons, d'avoir brûlé pour Antinoüs d'une passion contre nature : c'était là, disait-on, le seul motif pour lequel il avait donné le nom de cet adolescent à une ville qu'il avait fondée ; c'était pour cette raison qu'il avait élevé des statues à ce favori. »

Voir aussi

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Précédé par:
Trajan (98 - 117)
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Antonin le Pieux (138 - 161)
L' Empire romain


See also: Hadrien, 117, 122, 127, 132, 134, 135, 138, 161