Halles de Paris

Sommaire

Introduction

Les Halles centrales ou les Halles de Paris ou tout simplement les Halles jouissent d'une renommée internationale qui d'ailleurs se mêle et rejaillit sur celle de la ville même. Ce que l'on sait moins, c'est que les Halles de Paris comptaient, beaucoup plus de « Halles » (mot qui signifie simplement un grand marché couvert). En fait, Paris comptait autant de Halles que de corporations.

Les Halles Centrales

Les Halles de Paris occupent une zone de 10 hectares, à cheval sur les Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements de la ville de Paris donc en son centre géographique sur la rive droite.

Historique

1135 : Transfert du marché central de la place de Grève au lieu-dit les Champeaux ou Petits Champs, qui étaient d'anciens marécages hors de l'enceinte. Quelques années plus tard, Philippe Auguste acquit l'entière propriété des terrains en payant une redevance à l'évêché de Paris. C'était comme un « bazar » immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendaient des denrées alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie. Les marchands s'installaient sous des abris particuliers proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est ainsi que la rue de la Grande Friperie était le lieu des commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands vinrent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement. Compte tenu de l'augmentation des échanges, Philippe Auguste fit construire les premières halles pour les drapiers et tisserands, mais le marché continua de s'étendre, de telle sorte qu'à partir du XVIe siècle on envisagea sa réorganisation et l'élargissement des voies. On fit bâtir des maisons avec généralement, au rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connues sous le nom de « piliers des Halles » qui disparurent lors de la construction des pavillons Baltard.

1789, le cimetière des Innocents situé à proximité, entre les rues Saint-Denis, de la Lingerie, de la Ferronnerie et aux Fers fut à son tour aménagé en marché aux fleurs, fruits et légumes. La Révolution française, puis l'Empire modifièrent la conception urbaine de la ville. Le cœur de Paris souffrait de problèmes d'hygiène et de sécurité et l'on commençait à s'interroger sur l'approvisionnement de la capitale.

1808, Napoléon Ier entreprit une réorganisation cohérente des marchés couverts et élabora une réglementation sur l'abattage des animaux. Il projeta de faire construire une halle centrale entre le marché des Innocents et la Halle au blé. Malgré tout, dès 1830, les problèmes de circulation et d'hygiène ressurgirent, ce qui incita le préfet Rambuteau à créer, en 1842, la Commission des Halles qui avait pour mission d'étudier l'intérêt de garder les Halles à leur emplacement ou bien de les déplacer. Le concours d'architecte lancé en 1848 fut remporté par Victor Baltard qui projeta d'édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte. Dix pavillons furent construits entre 1852 et 1870. La construction des deux derniers s'acheva en 1936.(photo)

1959. Le transfert du marché des Halles à Rungis et à La Villette est décidé.

1963. Le préfet de Paris propose la rénovation de la rive droite, de la Seine à la gare de l'Est (670 hectares et 150 000 habitants concernés). Le projet est repoussé, mais le Conseil de Paris crée une Société d'études d'aménagement des Halles et secteurs limitrophes.

1968. Les premiers projets d'aménagement sont repoussés par le Conseil de Paris. La surface de rénovation est réduite de 32 à 15 hectares, le reste fera l'objet d'une réhabilitation. Un aménagement souterrain est envisagé.

1969. Départ du marché. Manifestations culturelles dans les pavillons. Le président de la République, Georges Pompidou, décide de construire un centre culturel à Beaubourg.

1970. Création d'une ZAC, décision d'aménager le futur quartier de l'Horloge.

1971. Démolition des 6 premiers pavillons situés à l'est de la rue Baltard pour permettre la construction de la gare RER et du Forum

1973. Démolition des pavillons Baltard de la viande, des îlots sud des Halles et des îlots Beaubourg. Pendant l'été, le film de Marco Ferreri, « Touche pas à la femme blanche », est tourné dans le « trou » des Halles.

1974. Elu président de la République, Valéry Giscard d'Estaing décide l'abandon du centre de commerce international et la création d'un jardin à son emplacement.

1975. Le projet choisi par les Parisiens est rejeté au profit de celui de l'architecte espagnol Ricardo Bofill. Le centre commercial « le forum » est de l'architecte Claude Vasconi.

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Partie aérienne du Forum des Halles de l'architecte Jean Willerval en 2004

1977. Inauguration de la station du RER le 7 décembre.

1979. Inauguration du forum de commerce et de loisirs le 4 septembre.

1983. Construction de deux hôtels, de logements et de bureaux.

1985. Ouverture de la deuxième partie du Forum souterrain (architecte  : Paul Chemetov). Aménagement des jardins.

2004. Un concours d'architecture est lancé par la mairie pour une rénovation totale du quartier. Quatre architectes sont selectionnés : Jean Nouvel, Winy Mass, Rem Koolhaas et David Mangin.

15 décembre 2004 Le maire de Paris Bertrand Delanoë annonce le choix de la commission d'appel d'offre pour le réaménagement des Halles de Paris. C'est le projet de l'architecte et urbaniste français David Mangin qui remporte les suffrages, plus pour son parti pris que pour le projet en lui-même, qui ne sera pas concrétisé tel quel. Son rôle est de coordonner la mise en œuvre du projet, dont il réalisera une partie. Un concours international sera organisé, afin de déterminer le projet définitif. Les premiers travaux devraient commencer en 2007.

Du ventre au cœur

Ce « ventre de Paris », évoqué par Zola du temps des marchés de gros, est devenu le « cœur » de la capitale, avec une ville souterraine sur plusieurs niveaux.

C'est à la fois :

Mais il manque de surface alimentaire et d'une bonne signalisation.

La Halle au blé

En raison des encombrements du marché des Halles centrales, on édifia encore, de 1763 à 1767, la Halle au blé sur l'emplacement de l'hôtel de Soisson. On distingue encore aujourd'hui la colonne astronomique de Catherine de Médicis qui enclave le pourtour de l'édifice devenu la Bourse de Commerce.

La Halle aux cuirs

La Halle aux draps

Fief des maîtres drapiers et des maîtres tapissiers, se trouvait logiquement à l'emplacement des Gobelins dans le Ve arrondissement.

La Halle aux herbes

Fief des herboristes mais aussi de maraîchers, elle est présente dans de nombreuses villes de France. Pour des raisons historiques, elle était à Paris située dans le 'Pavillon fruits et légumes' des Halles Centrales.

La Halle aux vins

Lien externe


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See also: Halles de Paris, 1135, 15 décembre, 1666, 1763