Harki

De 1830 à 1962, les harkis furent des soldats autochtones engagés aux côtés des Français dans des unités appelées harkas tandis que l'Algérie était constituée en un ensemble de départements français. Au sein même de l’armée française, ils totalisaient 66 000 hommes en décembre 1961, dont près des deux tiers étaient des appelés. Le ministère des Armées évalue à 4 500 le nombre des soldats musulmans morts pour la France, pendant la guerre d'Agérie, et à plus de 600 les disparus. Au total, durant cette guerre, l'armée française aurait inscrit dans ses registres 160 000 harkis, moghaznis, GMPR devenus GMS ou «assès».

Par extension, on a dénommé harkis tous les Algériens partisans du maintien de la présence de la France lors de la guerre d'Algérie. Durant cette guerre 6 000 combattants de l’ALN se seraient ralliés «avec ou sans armes» à l’armée française, alors que 15 000 harkis ont préféré déserter, notamment au printemps 1962.

Selon le rapport à l'ONU du contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy, 263 000 autochtones étaient engagés du côté français ou récemment démobilisés, dont 60 000 militaires, 153 000 supplétifs et 50 000 notables francophiles. Familles comprises, il y avait plus d'un million de personnes potentiellement menacées sur les 8 millions de musulmans algériens.

Ces Algériens et leurs familles furent désarmés et abandonnés après le 19 mars 1962 conformément aux accords d'Évian signés sous le général de Gaulle. Les historiens estimèrent pendant longtemps, malgré les dénégations des associations de harkis, que seulement une dizaine de milliers d'entre eux furent massacrés en contradiction avec les accords pourtant signés par le FLN (Front de libération nationale).

Certains d'entre eux purent malgré tout se réfugier en France, notamment grâce à des militaires français qui désobéirent aux ordres d'abandon, et quelques capitaines réussirent ainsi à sauver leurs hommes. Pierre Messmer, en mai 1962, dans une note ministérielle, avait spécifié que les arrivées en France de harkis « dues à des initiatives individuelles [...] représentent des infractions caractérisées ». Dans une directive « très secrète» du 12 mai 1962, Louis Joxe, ministre d'état aux Affaires algériennes, menaça de sanctions les militaires français qui organisaient le repli en métropole de leurs alliés musulmans « en dehors du plan général de rapatriement », et ordonna le renvoi en Algérie des supplétifs débarqués en France.

Fin 1962, 20 000 supplétifs avaient été accueillis dans les camps d’hébergement militaires en France et 3 200 se sont engagés dans l’armée française. Fin novembre 1963, le ministère des Rapatriés chiffre à 42 000 le nombre de musulmans ayant transité dans les centres d’accueil. Au final, seulement 91 000 harkis et membres de leurs familles purent s'établir en France de 1962 à 1968.

Lors d'un entretien récent sur Europe 1, Pierre Messmer, à l'époque, ministre des armées du général de Gaulle, a avancé le chiffre de 80 000 harkis tués. Le FLN revendique quant à lui le chiffre de 150 000 personnes massacrées. Le Comité national de liaison des harkis survivants, qui avance le chiffre de 120 000 harkis égorgés, et de 16 000 sauvés par leurs officiers français qui désobéirent, a déposé une plainte contre la France « pour crime contre l'humanité ». Une seconde plainte pourrait être parallèlement déposée devant la Cour européenne des droits de l'homme. Selon Boussad Azni, président du CNLH : « En livrant les harkis, réfugiés en métropole, la France savait pertinemment qu'ils seraient massacrés. »

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See also: Harki, 1830, 1961, 1962, 1963, 1968, Accords d'Évian, Algérie, Charles de Gaulle, Cour européenne des droits de l'homme