Henry Bauchau

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Série : Littérature
Littérature francophone

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Henry Bauchau (né le 22 janvier 1913 à Mechelen (Malines), Belgique) est un écrivain — poète, romancier et dramaturge — de langue française. Il vit à Paris depuis 1975. Il est également membre de l'Académie royale de littérature française de Belgique.

Sa petite enfance est marquée par l'invasion allemande et l'incendie de la maison maternelle à Louvain. Le romancier évoquera ce drame dans L'Incendie Sainpierre. Il fait des études de droit à la Faculté Saint-Louis, puis à l'université de Louvain. Avant d'être mobilisé en 1939, il exerce des activités dans le journalisme et milite dans des mouvements de jeunesse chrétiens. Pendant la guerre, il fait partie de la Résistance armée.

De 1947 à 1951, Bauchau entreprend une psychanalyse auprès de Blanche Reverchon-Jouve, l'épouse du poète. Cette analyse marquera profondément sa pensée.

C'est en 1958 qu'il publie son premier recueil de poèmes, Géologie,qui obtient le prix Max-Jacob. En 1960, Ariane Mnouchkine monte sa pièce Gengis Khan aux Arènes de Lutèce. Jean-Claude Drouot reprendra l'œuvre en 1988. Entretemps, Henry Bauchau voyage et sa vie se partage entre la France, la Suisse et la Belgique ; entre l'enseignement, la psychanalyse (à Paris, avec Conrad Stein) et l'écriture ; entre succès et difficultés financières. L'Essai sur la vie de Mao lui demande huit ans de travail et est publié en 1982.

Enfin, il commence son cycle mythologique et donne successivement Œdipe sur la route (1990), Diotime et les lions (1991) et Antigone (1997). Parallèlement, la publication de son Journal (1989-1997) éclaire la création, permet de comprendre l'importance que représentent pour l'écrivain la poésie, les rêves, l'inconscient et l'écriture.

Œdipe sur la route est une relecture du mythe œdipien qui évoque un parcours initiatique au terme duquel le héros se fond littéralement dans l'art. Ici, Œdipe partage avec Orphée le même pouvoir, celui de ranimer « les trésors perdus de la mémoire » grâce au chant, à la peinture et à l'écriture. Mais au lieu de se disperser, le roi aveugle retourne à l'unité. Après avoir surmonté ses peurs, il est « encore, est toujours sur la route », dira Antigone à la fin. La route de la connaissance de soi, libérée de la culpabilité et du remords. Antigone, qui l'a accompagné jusqu'au bout, symbolise cette route de la réalisation de soi. Gardienne du principe de vie, elle n'est pas de celles qui se retournent pour voir, par curiosité. De même, quand elle revient à Thèbes pour tenter d'apaiser la rivalité entre ses deux frères, c'est aussi pour dire « oui » à la vie, au futur, à la beauté et pour refuser, dans sa robe déchirée, toutes les manifestations de pouvoir, toutes les guerres. Elle est la part féminine, celle du poétique, de l'amour sans justification, de la jouissance dans la patience.

Proche de la pensée d'Ernst Jünger (1895-1988), Bauchau mêle l'enthousiasme mystique et la connaissance de l'Antiquité à la psychanalyse, aux philosophies asiatiques et à la foi chrétienne.

Répondant aux questions d'adolescents, il définit son art :

« L'inspiration est toujours délirante, dionysiaque pour reprendre l'expression de Nietzsche. Elle a besoin de la conscience ordonnée, musicale, apollinienne. C'est un équilibre. Quand Alexandre le Grand brûle le palais de Persépolis, il fait basculer la Grèce sous la suprématie de Dionysos. Elle ne s'en est jamais relevée. »

Œuvres

See also: Henry Bauchau, 1895, 1913, 1939, 1947, 1950, 1951