Henri de Saint-Simon
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Saint-Simon écrit ses œuvres principales lors des deux premières décennies du XIXe siècle, il se situe donc dans une période de transition pendant laquelle il va théoriser la crise « issue du passage du système féodal et théologique au système industriel et scientifique 10». Saint-Simon déclare en effet qu’une nouvelle organisation sociale doit correspondre à l’état des connaissances issues des Lumières, cette réorganisation doit en effet se baser sur le savoir provenant de Dieu: La force du sentiment moral sera celle qui déterminera ces changements, et cette force aura pour principal moteur la croyance que tous les principes politiques doivent être déduits du principe général que Dieu a donné aux hommes11 . En outre, le philosophe signale que cette réorganisation doit aboutir à un nouveau régime politique. En revenant sur les différentes expériences révolutionnaires, Saint-Simon critique la Révolution française car il la percevait comme une tentative d’introduire dans la société française les principes et les mœurs des grecs et des romains, de plus il énonce qu’elle n’a pas permis d’abolir les instituions féodales. Rappelons que Saint-Simon nourrit une rancune certaine par rapport à la Révolution car il a été emprisonné pendant six mois. La tentative de réorganiser la société par Napoléon est aussi mal perçue par Saint-Simon qui y voit un retour au temps de la monarchie, un régime politique qu’il juge ne pas être suffisamment adapté à l’ère de l’essor industriel car elle s’appuie sur la noblesse. Il reproche à l’empereur d’avoir promu une classe de militaires au pouvoir, c’est-à-dire d’avoir donné le pouvoir à une nouvelle noblesse plutôt qu’aux industriels. En outre, Saint-Simon accuse Napoléon d’avoir entrainé le peuple français dans la guerre: ils(les français) en éprouvent un autre (de mal politique) qui est la suite de la passion des conquêtes à laquelle ils se sont laissé entraîner par Bonaparte12 . Le philosophe, en nous exposant son grief contre Napoléon, nous indique également l’un des principe de son système industriel: l’industrie nécessite et crée la paix, dans ce contexte le projet napoléonien ne pouvait servir les intérêts des industriels dont les intérêts et les habitudes sont si éminemment pacifiques13 . Il signale une troisième tentative de réorganisation de la société qui se définit par la volonté d’importer la Constitution anglaise en France: Depuis la restauration, la royauté est entrée un instant dans la bonne voie : d' abord, en établissant la constitution anglaise; et plus tard, en faisant admettre les industriels à l' électorat14. Même s’il pense que cette tentative est un moyen moderne d’adapter la société en cherchant à la faire évoluer vers un système industriel, Saint-Simon y voit un moyen de faire triompher l’aristocratie et la monarchie, dans ce sens la Constitution anglaise ne correspond pas au régime politique de la société industrielle qu’il propose car elle réforme un système féodal plutôt que de promouvoir le système industriel. Enfin, il porte un regard positif sur la Restauration car la Sainte-Alliance, en maintenant la paix générale en Europe, a montré sa capacité de créer des institutions utiles pour la réorganisation de la société par le biais de l’Evangile15.
Dès lors, il s’agira d’analyser la philosophie de Saint-Simon dans le rapport qu’elle entretient avec la société industrielle en prônant une réorganisation de la société devant aboutir à un nouveau régime politique, tout ce processus se déroulant en parallèle à l’industrialisation et à l’abandon de structures féodales héritées de l’Ancien régime.
Pour légitimer la réorganisation sociale, Saint-Simon note que la Restauration est une période d’affrontement entre le système théologique et féodal et le système positif et industriel. Il accuse en effet les dirigeants de maintenir un système féodal dans le but de conserver leurs privilèges, alors que les producteurs (industriels, cultivateurs, commerçants) supportent le fardeau des dirigeants qui, eux, ne produisent pas. D’après Yacine16, Saint-Simon pense que le développement de la production permet aux producteurs de devenir la base solide et les administrateurs du nouveau système malgré leur manque de courage politique: Il serait impossible que la féodalité de Bonaparte ne finît par succomber dans sa lutte contre la puissance industrielle, aussitôt que vous l' auriez voulu fermement17 . Ainsi, ce nouveau système sera fondé selon une direction « organique » et sur « l’industrie, comme nouvel élément temporel et sur les sciences de l’observation comme nouvel élément spirituel, puisqu’il est le résultat final de tous les progrès que la civilisation a faits depuis six cents ans et même depuis son origine 18». Notons que Saint-Simon propose une vision téléologique du temps par laquelle l’évolution du progrès doit aboutir à de nouvelles structures sociales, nous retrouvons ce point de vue chez Saint-Simon lorqsqu’il énonce que: la société manifeste dans ce moment une tendance évidente à s' organiser de la manière la plus favorable aux progrès des sciences et à la prospérité de l' industrie19 . Ce nouveau système vise à émanciper la classe la plus nombreuse, celle qui travaille, du joug des oisifs, ceux qui gouvernent. Saint-Simon propose que l’industrie, en vertu de sa production de chose utile, se porte au pouvoir afin de développer cette capacité de production. Il est intéressant à noter que la nouvelle société voulue par Saint-Simon propose des objectifs relativement semblables à ceux des tenants de l’économie sociale, à savoir: la production de choses utiles, l’épanouissement physique, intellectuel et moral de chacun20. Ainsi, de la nouvelle base du contrat social fondée sur un intérêt commun, la prospérité, découle une réorganisation sociale dans laquelle les industriels assurent la production, les scientifiques le développement intellectuel et où la morale fondée à partir d’une nouvelle religion régit la vie individuelle et sociale. Saint-Simon prévoit sa réorganisation comme suit: pour organiser la société de la manière la plus favorable aux progrès des sciences et à la prospérité de l' industrie, il faut confier le pouvoir spirituel aux savants, et l' administration du pouvoir temporel aux industriels; les savants et les industriels peuvent organiser la société d' une manière conforme à ses désirs et à ses besoins, puisque les savants possèdent les forces intellectuelles, et que les industriels disposent des forces matérielles21 .
Mais cette transformation sociale implique plusieurs acteurs dont les industriels qui doivent assurer la production dans une nation, à ce propos le philosophe énonce que « la société toute entière repose sur l’industrie. L’industrie est la seule garante de son existence…L’état de choses le plus favorable à l’industrie est donc par cela seul le plus favorable à la société. 22». Il apparaît donc nécessaire de définir ce qu’entend Saint-Simon par le terme « industriel ». La pensée de Saint-Simon définit l’industriel comme celui qui « travaille à produire ou à mettre à la portée des différents membres de la société, un ou plusieurs moyens matériels de satisfaire leurs besoins ou leurs goûts physiques23 ». Trois groupes composent les industriels, ils sont les cultivateurs (les paysans), les fabricants (les manufacturiers) et les négociants (les commerçants), ce sont donc ces trois groupes qui permettent aux autres membres de la société de subvenir à leurs besoins. Par ailleurs, Saint-Simon distingue, dans le corps industriel, deux familles. La première est constituée par les savants qui agissent sur la nature en observant des lois alors que la seconde se composent des artisans qui appliquent les principes de la science basée sur l’observation afin de produire des objets qui satisferont les besoins des membres de la société. Notons également que les artistes sont également considérés comme des industriels par Saint-Simon car ils produisent des modèles et des dessins que les artisans pourront utiliser dans la production de choses utiles. Saint-Simon entend organiser la société d’une façon plus moderne en se basant sur plusieurs principes. Le premier est que les actifs doivent gouverner et non les oisifs, comme c’était le cas pendant l’Ancien régime. Dans la pensée de l’auteur, l’humanité profiterait de tous les fruits de son travail si les frelons (ceux qui vivent du miel des abeilles) cessent de profiter du travail des abeilles, insecte qui symbolise le travail et le dévouement : elle « transforme le pollen en cire et en miel pour la ruche toute entière 24». L’auteur affirme donc la rupture qui doit être opérée par rapport au système qui prévalait sous l’Ancien régime dans le but d’atteindre la prospérité. Par ailleurs, dans une société industrielle, le penseur affirme que « TOUT LES HOMMES TRAVAILLERONT, ils se regarderont tous comme des ouvriers attachés à un atelier 25», le travail constitue le lien primaire entre l’individu et la nation fondé sur l’intérêt commun de produire afin de profiter des richesses. Il apparaît dès lors crucial d’organiser la production avec des méthodes qui la rendent plus efficace, c’est-à-dire avec l’appui des sciences. De plus, Saint-Simon énonce l’idée que le droit de propriété fonde la base de toute organisation sociale, mais cette propriété comme le remarque Yacine doit être confiée à ceux qui sont le mieux à même d’augmenter la production26. Le travail constitue donc l’essence de l’activité individuelle et sociale chez Saint-Simon, les individus doivent donc pouvoir jouir du droit d’initiative individuelle pour produire et pour commercer. Saint-Simon annonce donc que l’homme ne peut être libre que s’il dépend de son travail pour subsister. Le rôle du gouvernement, dans ce contexte, est de permettre à l’industrie et au commerce de se développer directement, donc sans interférence avec l’Etat. Cependant, l’unique fonction à laquelle le gouvernement doit veiller, c’est à empêcher l’oisiveté, éviter que les frelons ne profitent du travail des abeilles27. En assurant la liberté, l ‘Etat garantit que la production se développe et donc permet à la société toute entière de jouir de ses richesses. Ajoutons que si l’industrie correspond à la liberté chez Saint-Simon, l’industrie signifie également la paix. Ainsi, la paix assure les échanges commerciaux et le bon déroulement de l’industrie, il est donc nécessaire que l’Etat veille à ne pas entrer en guerre. Dans son raisonnement, la paix constitue aussi un trait de rupture par rapport au système féodal où les Etats étaient conquérants et dominateurs. Cette vision de l’Etat correspond à ce que l’on nomme aujourd’hui l’ « Etat libéral » dont le but est de garantir l’ordre interne et que le bon fonctionnement du commerce et de l’industrie. Saint-Simon, nous dit Yacine, va formuler « l’industrialisme », cette doctrine qui sera reprise dans plusieurs ouvrages de l’auteur est « une forme plus scientifique de la pensée libérale 28». La doctrine de Saint-Simon veut donc établir les principes d’un nouveau mode d’organisation de la société, en effet, il note que la Révolution française n’a pas abouti car elle n’a pas modifé les principes fondamentaux du système. Ainsi, pour terminer la Révolution, Saint-Simon énonce que le corps industriel doit gouverner la société car ses membres sont ceux qui produisent le plus et sont donc les organes vitaux de la nation. A cela, il oppose le corps politique qui se caractérise par le fait qu’ils ne produisent pas, leur perte ne pourrait donc susciter que du chagrin émanant de sentiments et non de la raison car « il n’en résulterait aucun mal politique pour l’Etat 29». Dans la société réorganisée, Saint-Simon imagine une division telle qu’elle existe dans une industrie. Ainsi à la division capital/travail doit correspondre la division gouvernants/gouvernés. Dans cette société, le degré d’égalité correspond au degré de richesse que l’individu retire de sa production30. Bien qu’il annonce que le pouvoir spirituel réside dans la science, l’ordre et l’unité entre les hommes doivent être garantis par une nouvelle religion fondée sur la synthèse des connaissances humaines : le nouveau christianisme31. En établissant le constat que le clergé a mal interprété la voix divine, dans son texte Le Nouveau Christianisme, Saint-Simon se lance dans un vaste réquisitoire visant à démontrer que les catholiques comme les protestants sont des hérétiques dans le sens où ils n’ont pas saisi le message divin, le philosophe, protestant, nous confie ce message: Dieu a dit : les hommes doivent se conduire en frères à l' égard les uns des autres; ce principe sublime renferme tout ce qu' il y a de divin dans la religion chrétienne32 . Saint-Simon ajoute que : Or, d' après ce principe que Dieu a donné aux hommes pour règle de leur conduite, ils doivent organiser leur société de la manière qui puisse être la plus avantageuse au plus grand nombre; ils doivent se proposer pour but dans tous leurs travaux, dans toutes leurs actions, d' améliorer le plus promptement et le plus complétement possible l' existence morale et physique de la classe la plus nombreuse. Je dis que c' est en cela et en cela seulement que consiste la partie divine de la religion chrétienne33 . Le penseur, tout en admettant que le clergé doit continuer à inculquer un christianisme rénové, romp avec une longue tradition qui remonte au XVe siècle par laquelle la religion a perdu sa capacité d’action. Il propose ainsi de le réduire à un seul principe directeur de toute morale: Dans le nouveau christianisme, toute la morale sera déduite directement de ce principe : les hommes doivent se conduire en frères à l' égard les uns des autres34 . C’est à partir de ce principe que la société doit être réorganisée, La nouvelle organisation chrétienne déduira les institutions temporelles, ainsi que les institutions spirituelles, du principe que tous les hommes doivent se conduire à l'égard les uns des autres comme des frères. Elle dirigera toutes les institutions, de quelque nature qu' elles soient, vers l' accroissement du bien-être de la classe la plus pauvre35 .
En naturalisant la coopération entre les hommes, Saint-Simon dicte le principe qui déterminera le comportement des hommes. Cette morale répond également à la question sociale qui doit permettre de trouver l’harmonie entre le capital et le travail via le concours de la science qui aidera à la formuler. (En cela, Saint-Simon s’impose comme l’un des premiers penseur du libéralisme social dans le sens où il émet l’idée que l’amélioration du sort des travailleurs doit constituer l’enjeu majeur de l’ère industrielle. Il se distingue du principe libéral classique car il ne préconise pas un self-help, reposant sur la responsabilité individuelle, mais il ne rejoint pas la doctrine révolutionnaire dans le sens où il situe la responsabilité de l’amélioration de la condition ouvrière sur un plan religieux, et non étatique ce qui avait été la cause de la perte de cohésion sociale qui a suivi la période révolutionnaire selon l’auteur36) . En effet, la morale va conduire à la construction d’un nouveau pouvoir politique et spirituel qui auront pour objet la coopération entre les groupes sociaux
Ainsi, cette morale permettrait aux individus de se reconnaître des sentiments communs en vertu d’un pouvoir supérieur aux hommes. A ce titre, Saint-Simon, qui était croyant, reconnaît que la morale basée sur la religion permettait pendant l’Ancien régime de naturaliser l’ordre social afin de l’inculquer aux pauvres. Mais la religion, basée sur l’égoïsme, ne peut plus jouer un rôle unificateur à l’ère industrielle : la philanthropie doit apprendre aux hommes à se regarder comme des frères et donc à coopérer à la production afin de jouir ensemble de ses bienfaits37. Les vecteurs de cette morale sont évidemment les philanthropes, qui ont pour mission de répandre la nouvelle religion: Par un premier effort commun, les philanthropes ont fait adopter le principe de morale divine aux puissants de la terre ; par un second effort général, la philanthropie déterminera les nobles et les théologiens à supporter la conséquence générale de ce principe38. Notons que les philanthropes doivent imposer leur moral face aux “égoïstes”, il s’agit des deux groupes qui divisent l’humanité selon le philosophe39. Cette dichotomie semble se rapprocher du conflit entre libéraux orthodoxes et tenants de l’économie sociale.
L’unité du corps social assuré par la morale est un des aspects déterminants dans le projet de réorganisation de la société. En effet, le corps social est fortement hiérarchisé avec à sa tête les banquiers qui allouent des fonds aux industriels, ces derniers dépendent des savants et des artistes pour pouvoir gérer de manière rationnelle leur production. Ensuite, Saint-Simon évoque la présence de classes moyennes industrielles (les ateliers familiaux) et des prolétaires devant vendre leur force. Enfin, les désoeuvrés et les oisifs (la noblesse) sont exclus de cette hiérarchie. Ajoutons que Saint-Simon retient l’idée de mobilité sociale dans cette hiérarchie40.
Cette hiérarchie fait ressortir, de nouveau, que la doctrine de Saint-Simon repose essentiellement sur la valeur du travail, le travil est un élément qui permet de faire prospérer l’ensemble du corps social car il institue un mécanisme selon lequel celui qui travaille pour lui-même travaille aussi pour les autres41. Dans ce contexte, la vaéeur travaille assure le “sentiment de fraternité nécessaire à l’établissement d’une hiérarchgie sociale s’appuyant sur les “capacités” et le”mérite”42 .
Par ailleurs, dans son projet, Saint-Simon préconise l’organisation des industriels dans un parti devant régner sur le gouvernement dans le but de développer l’industrie43. Cette idée poursuit l’oeuvre du philosophe selon laquelle ceux qui produisent le plus doivent pouvoir établir des normes dans ce que le corps social doit suivre, tout en respctant le principe divin. Ces normes sont émises sur les résultats de recherches scientifiques dont les auteurs ont suivi un entraînement aux sciences soit dans une « Académie des sciences physiques » soit dans une « Académie des sciences morales et politiques 44». Quant, au peuple, attaché à son travail, il ne doit s’occuper que des questions budgétaires En fonction de sa hiérarchie, il apparaît que les banquiers et les industriels constituent le groupe devant détenir le plus de pouvoir, viennent ensuite les artistes et les savants qui doivent contribuer à la création d’un nouveau régime politique. Saint-Simon, qui a écrit la plupart de ses textes sous un régime monarchique, soutient que la royauté doit contribuer au changement de régime en modifiant l’attribution des pouvoirs. Ainsi, en déléguant des pouvoirs au parti industriel, la royauté assume son rôle dans la réorganisation sociale. Cette idée vient du fait que le philosophe voit dans les communes des institutions héritées du système féodal, elles sont donc nécessairement contraires au développement industriel45.
Ainsi, Saint-Simon préconise un rapprochement des entrepreneurs d’avec le pouvoir, son nouveau système politique vise à permettre aux industriels de gouverner en vertu de la délégation des pouvoir effectuée par le roi. Ce rapprochement est principalement d’ordre économique, ainsi Saint-Simon propose de confier aux chefs des entreprises industrielles le soin de faire le budget, et par conséquent de diriger l' administration publique46 Rappelons également que Saint-Simon, comme Bentham, accorde une place importante à la compétence de ceux qui détiennent le pouvoir. il propose donc pour le peuple un système d’instruction dont l’objectif se rapporte à améliorer leurs capacités dans le travail: L' instruction dont le peuple a le plus besoin est celle qui peut le rendre le plus capable de bien exécuter les travaux qui doivent lui être confiés. Or, quelques notions de géométrie, de physique, de chimie et d' hygiène sont incontestablement les connaissances qui lui seraient le plus utiles pour se gouverner dans l' habitude de la vie, et il est évident que les savants professant les sciences physiques et mathématiques sont les seuls en état de faire pour lui un bon système d' instruction47 . Le mode d’instruction doit se basert sur un enseignement mutuel, le plus proche de la doctrine nous confie le philosophe.
