Herpès
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L'infection herpétique est une maladie chronique responsable d'éruptions cutanées récidivantes. Elle représente la première cause d'ulcérations génitales en Europe. L'herpès génital favorise la transmission du virus du sida. Affection récidivante et douloureuse, l'herpès génital est responsable du redoutable herpès néonatal.
Virus
- Le virus de l’herpès, Herpes simplex virus, appartient à la même famille que le virus de la varicelle et du zona, que le cytomégalovirus ou HSV5 et le virus Epstein-Barr .
- Le virus de l’herpès (HSV) comprend deux types :
- HSV1 responsable de l’herpès buccal, neuro-méningé, opthtalmique ;
- HSV2 responsable de l’herpès génital.
- Persistent durant la vie entière malgré la réponse immunitaire de la primo infection
- Les HSV sont des virus dermoneurotropes, comme le virus de la varicelle, ils persistent la vie entière dans le ganglion de Gasser pour le HSV1 et les ganglions sacrés pour le HSV2.
- Les manifestations de l’infection à HSV2 regroupent trois entités :
- La primo infection herpétique
- Les récurrences infectieuses
- L’herpès génital initial non primaire : premier contact avec un HSV2 chez une personne ayant déjà fait une primo-infection à HSV1.
Epidémiologie
La contamination est strictement inter-humaine pour les deux types viraux. On estime que 90% des adultes sont porteurs d'anticorps, et ont donc été au contact de la maladie. Cependant, seule une petite proportion des ces individus développeront des manifestations d'infection au virus : primo-infection et récurrences herpétiques.
Physiopathologie
La pénétration du virus dans l'organisme se produit à l'occasion d'un contact avec un sujet infecté : les virus pénètrent chez l'hôte lorsqu'il existe une brêche cutanéo-muqueuse, et vont se multiplier dans les cellules épithéliales où ils sont responsables d'une dégénérescence cellulaire avec ballonisation aspécifique. Ces mécanismes peuvent être à l'origine des manifestations de primo-infection herpétique. Dans un second temps, les virus vont rejoindre le ganglion nerveux correspondant à la zone infectée, par voie centripète, en «remontant» le long des nerfs sensitifs. Enfin, les récurrences herpétiques se produisent lorsque, en réponse à un stress physique ou psychique variable, les virus regagnent la peau pour s'y développer à nouveau. Ces épisodes sont plus ou moins fréquents d'un individu à l'autre, et d'intensité variable, mais fixes dans leur topographie.
Manifestations cliniques
Infection orale à HSV1
Herpes_labialis.jpg
C'est le classique bouton de fièvre Se transmet essentiellement par la salive. Donne une protection partielle vis à vis du HSV2
Infection génitale à HSV2
- Maladie sexuellement transmise.
- La primo infection ne donne une expression clinique que 1 fois sur 3.
- Six jours en moyenne après le rapport sexuel
- Douleurs périnéales intenses
- Vulvo-vaginites douloureuses
- Vésicules laissant place rapidement à des ulcérations cutanéo-muqueuses riches en virus.
- Cervicite
- Dysurie voire rétention vésicale
- Signes généraux banals : Hyperthermie, céphalées, myalgies
- Disparition complète des lésions génitales en trois à quatre semaines
- La récurrence
- Prurit, brûlures précédent l’apparition de vésicules vulvaires qui se transforment vite en ulcérations douloureuses séchant en une huitaine de jours
- L’herpès génital initial non primaire
- Symptomatologie intermédiaire
Examens complémentaires
Ils sont très rarement nécessaires. La principale indication du cytodiagnostic de Tzanck est la recherche de virus dans la filière génitale maternelle dans la semaine précédent l'accouchement chez les femmes enceintes aux antécédents d'herpès génital. Cet examen consiste à recueillir par frottis les cellules se trouvant dans des zones cutanées ou muqueuses suspectes (plancher des vésicules, érosions) afin de rechercher des cellules ballonisées. Les rares cas de primo-infection grâve (pustulose varioliforme de Kaposi-Juliusbgerg chez l'immunodéprimé, méningo-encéphalite herpétique) peuvent faire discuter un sérodiagnostic (recherche d'anticorps spécifiques de l'herpès dans le sang du sujet), ou dans le cas de la méningo-encéphalite, recherche du génome viral dans le liquide céphalo-rachidien par PCR.
Traitement
Il requiert des antiviraux, par voie orale ou locale (crème).
Les traitements sont à base d'aciclovir donnés par voie orale, ou en intra-veineuse si le virus s'est disséminé au niveau du système nerveux central. En cas de résistance du virus à cette molécule on pourra utiliser du cidofovir ou encore du foscarnet qui ont malheureusement des effets toxiques sur les reins notamment.
Herpès et grossesse
Définition du problème
- L’herpès néonatal est redoutable : Un nouveau-né sur deux en meurt et un survivant sur deux aura des séquelles neurologiques graves
- L’herpès néonatal est rare : 1 sur 10 000 naissances
- L’herpès néonatal est difficilement évitable : les deux tiers des nouveaux-nés naissent de mère complètement asymptomatique
Transmission du virus
Conséquence de la transmission
Conduite à tenir
Situation I : Primo infection herpétique un mois avant l’accouchement : Risque 75%
- Plus le délai entre l’accouchement et la primo-infection est court plus le risque est élevé.
- Césarienne à faire avant la rupture de la poche des eaux
- Si la poche des eaux est rompue on considère qu’il ne faut pas dépasser six heures entre la rupture de la poche des eaux et la césarienne pour en avoir un bénéfice mais ce délai est arbitraire
- Il est impératif de savoir que cette conduite à tenir est grevée de 10 % d’échec, c’est-à-dire que même à poche des eaux intactes, la survenue d’un herpès néonatal est possible. Prévenir la femme d’une telle éventualité
- Administration d’aciclovir chez la femme enceinte
Situation II : Récidive d’herpès génital dans la semaine précédant l’accouchement : Risque 2-5%
- Césarienne si lésions présentes au cours du travail ou dans la semaine précédant l’accouchement
- Aciclovir non nécessaire
- Si césarienne impossible
- Pas d’électrode interne fœtale
- Désinfection des voies génitales
- À la naissance :
- Traitement antiviral oculaire pour le nouveau-né
- Recherche 24 heures après d’herpès au niveau des conjonctives et de la cavité bucco pharyngée
Situation III : Antécédents connus d’herpès génital chez la femme ou son partenaire : Risque 0,1%
- Si possible avoir une authentification d’herpès par un prélèvement. Contacter le dermatologue, …
- Recherche quelques jours avant l’accouchement d’une excrétion asymptomatique d’herpès
Situation IV : Aucun antécédent d’herpès génital : Risque de 0,001%
- C’est de ces femmes que naîtront la majorité des enfants présentant un herpès néonatal.
- Abstention de rapports sexuels extraconjugaux pour les deux éléments du couple
- Pour les couples stables : Utilisation de préservatif dans les deux derniers mois précédent l’accouchement
Liens externes
Fiche d'informations sur les dermatoses virales
