Hijab

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Sens du terme

Le terme hijab (حِجَاب, hijâb) est issu de la racine hajaba, « dérober au regard, cacher », et désigne « tout voile placé devant un être ou un objet pour le soustraire à la vue ou l'isoler ». Il prend donc également le sens de « rideau », « écran ». Le champ sémantique correspondant à ce mot est donc plus large que pour notre équivalent français « voile » qui couvre pour protéger ou pour cacher, mais ne sépare pas.

Histoire

Dans la société de la peninsule arabique ante islamique, les femmes avaient globalement une position trés forte, une liberté et des droits plus importants que ceux des hommes (répudier son mari et non l'inverse, coucher avec les hommes de son choix, etc.).

Mais privés de droits,les hommes commencèrent à en revendiquer et inversement le cours de l'histoire enchangeant progressivement de condition. Par conséquent, le statut de la femme s'est dégradé : la répudiation d'une femme par son époux la laisse sans droits et sans recours, il pouvait épouser autant de femmes qu'il voulait et qui dépendaient souvent de lui pour survivre. Assez vite, ces femmes répudiées se retrouvaient dans la misère, l'esclavage et la prostitution.

Le voile se généralise avec l'islam, comme symbole de dignité retrouvée, à l'époque. La religion demande aux femmes qui se convertissent de se voiler afin d'être « distinguée des esclaves » ; l'islam leur apporte un statut et des droits : le mari ne peut plus les répudier à tort ou à raison et si le divorce est prononcé, elles conservent les moyens de subsistances.

La traduction du mot « khumurs » la mieux admise indique que c'est un vêtement large. Le mot « jouyoub » voulait dire par un poète arabe ante islamique parlant de la beauté d’une belle qui laissait « nue » sa poitrine (Pour attirer leur attention, les prostituées montraient leur poitrines « nue »).

Le Coran invite donc les femmes à ne pas montrer leurs seins et rabattre leurs amples vêtements sur leurs poitrines à se dévoiler que devant les leurs ; à ne pas avoir de comportement provocateur, aussi bien les hommes que les femmes.

Le hijab dans le Coran

Le voile a de l’importance en fonction du contexte socioculturel dans lequel il apparaît, il n’est donc pas un principe fondamental de l’islam.

En ce qui concerne le sens religieux, le mot « hijab » est utilisé sept fois dans le Coran. Dans aucun cas il ne fait référence au vêtement féminin, pour lequel d'autres formules sont utilisées.

En revanche, le mot hijab à le sens de « rideau » pour désigner l'isolement imposé aux épouses du prophète Mahomet, sourate 33, 53 :

On pourrait donc également traduire hijab par « voilement » (en anglais veiling).

Il est toutefois important de préciser que le voile n'est pas une pratique spécifiquement musulmane, mais plutôt arabe et antérieure à l'Islam. Il est d'ailleurs pratiqué dans d'autres aires culturelles et religieuses.

Il a pour premier but de marquer les différences sociales, la respectabilité, le sacré.

Le terme « voile » en français, celui que l’on porte sur la tête est abordé deux fois dans le Coran :

Dans le cas présent de la sourate 24, le but est que les hommes et les femmes soient libres et chastes.

La sourate « Al nour » qui vient d'être citée nous donne le mot « khimar » « Wa liadrabna bi khumurihenna ala jouyoubihenna ». La traduction du mot « khumurs » la mieux admise indique que c’est un vêtement large.

Le texte sacré invite donc les femmes à ne pas montrer leurs seins et rabattre leurs amples vêtements sur leurs poitrines à se dévoiler que devant les leurs ; à ne pas avoir de comportement provocateur, aussi bien les hommes que les femmes.

Le Coran vise d’abord à la préservation sociale, il invite plus à la bienséance qu’à la pudeur avec la connotation sexuelle, du moins lorsqu’il traite des habits. Les injonctions qui visent à la bienséance vestimentaire des deux sexes :

Le mot traduit par le voile dans beaucoup de traductions de qualité est en réalité, en arabe « jalbibihenna » , qui est un possessif féminin pluriel de « djellaba » (galabeyya en égyptien).

L’objet de cette sourate n’est pas de « camoufler » d’éventuels charmes féminins mais de permettre aux femmes, anciennement objet de convoitises réductrices de leurs libertés, d’affirmer qu’elles sont libres.

Le dévoilement

En Égypte, on considère que la première remise en cause du voile a lieu à la fin du XIXe siècle : Qasim Amin, qui appartient alors au courant de pensée moderniste (qui cherche à interpréter l'Islam pour le rendre compatible avec la modernisation de la société), s'exprime en faveur d'une évolution du statut de la femme dans son ouvrage Tahrîr al-mar'a (La Libération de la femme, 1899). Il s'exprime notamment pour l'éducation des femmes, la réforme de la procédure de divorce et la fin du voile et du confinement des femmes. En ce temps là, Qasim Amin fait référence au voile facial (burqu, voile de mousseline blanche qui recouvrait le nez et la bouche) que portaient les femmes de classe aisée en ville, qu'elles soient chrétiennes ou musulmanes. Le hijab d'alors était effectivement lié à l'isolement des femmes. On considère généralement que c'est à ce moment que le hijab cesse d'être symbole d'un statut social et de richesse, pour devenir un symbole d'arriération et un enjeu social, politique et religieux.

En 1923, Huda Sha'arawi, considérée comme l'une des premières féministe, retire son voile facial en rentrant d'une rencontre féministe à Rome, lançant ainsi, d'après de nombreux auteurs, un mouvement de dévoilement (al-sufûr).

En Turquie et en Iran, le dévoilement est imposé au début du XXe siècle par Atatürk et le Shah d'Iran, qui voient l'adoption de la tenue occidentale comme un signe de modernisation.

Dans les années 1960, le port du voile était devenu un phénomène très minoritaire dans la plupart des pays arabes (à l'exception des pays pratiquant le wahhabisme).

Sens contemporain

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Actuellement, la plupart des auteurs s'entendent pour en faire l'équivalent du zay al-chari‘î ou « vêtement islamique ». Il désigne dans un premier temps la tenue que les fondamentalistes musulmanes adoptent à partir des années 1970 consistant en une robe longue et ample, (jilbab), de couleur sobre et d'un voile, khimâra, également de couleur sobre, recouvrant entièrement les cheveux, couvrant également le cou, les épaules et la poitrine, ressemblant à la guimpe des nonnes occidentales, de telle sorte que, conformément à la loi islamique, n'apparaissent que les mains et le visage des femmes.

L'obligation de se voiler est controversée mais généralement déduite d'un ensemble de versets du Coran et de hadiths du prophète Mahomet. Le hijab désigne donc une tenue conforme aux prescriptions coraniques et implique modestie et piété, mais il désigne aussi, et surtout, une nouvelle manière de se couvrir la tête et se distingue des formes utilisées traditionnellement ou à la campagne. C'est ce que A.E. Mac Leod désigne par l'expression new veiling, le « nouveau voilement ».

Celui-ci se diversifie au fur et à mesure que cette nouvelle manière de se couvrir la tête se répand si bien que hijab ne désigne plus seulement la tenue des fondamentalistes, mais l'ensemble des nouvelles manières de se voiler adoptées, principalement par les femmes appartenant à la classe moyenne au cours des années 1970 et 1980, et dont la tenue est devenue courante dans l'ensemble du Monde arabe et du monde musulman.

Bien sûr le terme renvoie à une diversité de phénomènes : le hijab n'est pas le même et n'a pas le même sens en Iran, dans la Turquie laïque ou en France.

Articles connexes

Bibliographie

See also: Hijab, Acharisme, Achoura, Arbaïn, Atatürk, Ayatollah