Histoire de l'aérostation

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L'histoire de l'aérostation qui va permettre de faire s'envoler les premiers êtres humains dans l'atmosphère va démarrer au XVIIIe siècle, plus de cent ans avant les premiers avions.

Voir également : la chronologie de l'aéronautique pour des événements précis datés.

Sommaire

Les premiers essais

La période qui marque les premiers essais de ballons jusqu'aux premiers vols habités est assez courte.

C'est en novembre 1782 que Joseph Montgolfier fait ses premiers essais à Avignon.

Le 14 décembre 1782, les frères Montgolfier, Joseph et Étienne, gonflent avec de l’air chaud une sphère de 3 m³ qui parvient à s'envoler.

Le 4 juin 1783, c'est la fameuse démonstration des frères Montgolfier aux États particuliers du Vivarais qui va tout accélerer. Les expériences sont rendues publiques.

Le 27 août 1783, le physicien Jacques Charles avec l'aide des frères Robert, lache le premier ballon à gaz.

Le 19 septembre 1783, à Versailles, Étienne Montgolfier fait s'envoler un canard, un coq et un mouton dans une montgolfière. La porte des vols habités est ouverte...

Les premiers vols - les ballons libres

Le début réel de l'aérostation est marqué par le succès des frères Montgolfier, le 21 novembre 1783, du vol de leur montgolfière où avaient pris place Jean-François Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes.

Le 1er décembre 1783, dix jours après, Jacques Charles et Marie-Noël Robert volèrent au-dessus des jardins des Tuileries à Paris avec un ballon à gaz, rempli à l'hydrogène.

Le 19 janvier 1784, envol à Lyon du Flesselles, une énorme montgolfière de plus de 20 000 m³, pilotée par Jean-François Pilâtre de Rozier avec à son bord Joseph Montgolfier.

L'année 1784 verra, d'ailleurs, un grand nombre d'essais d'envol de montgolfière dont de nombreux réussis. Cela en France, mais également en Angleterre et en Italie.

Le 2 mars 1784, la foule rassemblée sur le Champs de Mars à Paris assiste à l'ascension d'un aérostat gonflé à l'hydrogène et piloté par Jean-Pierre Blanchard. Le ballon, muni d'une hélice actionnée à la main et poussé par le vent, franchit la Seine et revient pour se poser rue de Sèvres.

À partir de ce moment, toute une série de vols vont se produire en Europe, en France, bien sûr, mais également en Italie et en Angleterre.

Le 4 juin 1784, vol de la première femme, Élisabeth Thible, avec M. Fleurant dans l'aérostat Le Gustave (baptisé ainsi en l'honneur du roi de Suède Gustave III, présent ce jour-là).

Le 23 juin 1784, triple record du monde, de Jean-François Pilâtre de Rozier et du chimiste Louis Joseph Proust à bord de la montgolfière La Marie-Antoinette conçue par Étienne Montgolfier : distance 52 km, vitesse 60 km/h et altitude 3 000 m environ.

Le 7 janvier 1785, Jean-Pierre Blanchard et John Jeffries accomplissent pour la première fois la traversée de la Manche dans le sens Angleterre-France dans un ballon gonflé à l'hydrogène.

Le 15 juin 1785, Jean-François Pilâtre de Rozier, qui tentait également de traverser la Manche mais dans le sens inverse, c'est-à-dire contre les vents dominants, se tue avec Pierre Romain à bord d'un ballon mixte, montgolfière et ballon à gaz.

Ce drame qui est d'ailleurs le premier accident aérien, va mettre un frein aux divers envols de ballon à air chaud. Il va falloir attendre la révolution française, où André-Jacques Garnerin sera nommé « Aérostatier des Fêtes Publiques » pour que les ascensions reprennent.

Les ballons dans l'armée

Le comité de Salut Public, décide même le 24 novembre 1793, la construction d'un ballon à gaz capable d'emporter deux observateurs à des fins militaires. Jean-Marie Coutelle, physicien, est le responsable, il a pour adjoint un autre physicien, Nicolas Conté. Le ballon, L'entreprenant, est prêt le 29 mars 1794, et un essai en captif est effectué, à 682 mètres au dessus de la Seine, Coutelle armé d'une lunette peut faire des observations à grande distance. Le 2 avril, la première compagnie d'aérostiers est créée, Coutelle en est le chef. Ils partent pour rejoindre l'armée de Sambre-et-Meuse qui se bat à Maubeuge. Le 2 juin a lieu la première ascension d'observation sous le feu de l'artillerie autrichienne. Ils vont ensuite se déplacer jusque devant Charleroi avec le ballon gonflé pour faire des observations le 24 et le 25. Le 26, les autrichiens à Charleroi capitule. L'ennemi est désorienté et démoralisé de voir toutes ses actions à découvert.

Une deuxième compagnie va être créée, ainsi qu'une école à Meudon et neuf ballons vont être construit. La première compagnie va être capturée à Würtzbourg, le 3 septembre 1796 suite à la retraite de l'armée française. Les ballons captifs sont difficiles à déplacer, les fours en brique pour produire l'hydrogène sont long à construire, le gonflage durait de deux à trois jours, autant de facteurs défavorables.

Ils vont pourtant être embarqué pour la campagne d'Égypte mais les deux navires où est tout le matériel va couler. De retour en France, Bonaparte démantèle les compagnies d'aérostiers et ferme l'école.

Les ballons au secours de Paris

Les ballons à gaz vont pourtant reprendre du service lors du siège de Paris par les Allemands en 1871. Nadar, qui a déjà auparavant réalisé la première photographie aérienne en ballon, créé une « compagnie d'aérostiers » qui a pour charge de rompre le siège et de permettre d'envoyer du courrier à l'extérieur. Des personnalités politiques vont pouvoir aussi « s'échapper » comme Léon Gambetta. En un peu moins de 6 mois, 66 ballons vont transporter 11 tonnes de courrier. Cinq seulement seront pris par les Allemands, chiffre faible si on tient compte que la direction du voyage n'était pas complètement contrôlée et qu'il fallait compter avec les caprices des vents.

En souvenir de ces exploits, d'importants concours de ballons furent organisés lors des Jeux Olympiques d'été de 1900 à Paris.

L'avènement des dirigeables

Le ballon libre est trop tributaire du vent pour ses déplacements. Très tôt, le général Jean-Baptiste-Marie Meusnier conçoit un ballon de forme ellipsoïdale, muni d'un gouvernail, mais à l'époque aucun moteur n'existe. Les inventeurs en sont réduits à essayer des systèmes à base de rames qui s'avèrent complètement inefficace.

La première réalisation effective est due à l'ingénieur Henri Giffard qui utilise une petite machine à vapeur pour actionner l'hélice ; il décolle de Paris le 25 septembre 1852, et atterrit à Trappes après un trajet de 27 km. Mais le poids des moteurs empêche une utilisation plus facile.

Le 9 août 1884, Charles Renard et Arthur Krebs font revenir leur dirigeable La France à leur point de départ, un petit voyage de huit kilomètres. Il est propulsé par un moteur électrique.

Mais, c'est l'invention du moteur à explosion qui va permettre au dirigeable de faire des progrès fulgurants. Progrès qui l'amèneront avec les Zeppelin à pouvoir traverser l'océan Atlantique, ou encore à Roald Amundsen et Umberto Nobile de survoler le pôle Nord. Malheureusement ce sont ces même moteurs qui vont permettre à l'aviation de supplanter l'aérostation.

L'aérostation moderne

Les accidents tragiques avant la Seconde Guerre mondiale de grands dirigeables gonflés à l'hydrogène vont mettre un terme à cette épopée, et définitivement ruiner l'utilisation commerciale du ballon comme moyen de transport.

Restait les utilisations sportives et scientifiques.

Le 28 mai 1931, le professeur Auguste Piccard et son assistant Paul Kipfel battent un record d'altitude : ils montent à 16 000 mètres, dans la stratosphère, grâce à l'utilisation d'une cabine pressurisée. L'objectif était l'étude du rayonnement cosmique.

La première traversée de l'Atlantique dans un ballon à gaz, non dirigeable, est effectuée en 1978. Et c'est seulement en 1999, que Bertrand Piccard et Brian Jones font le tour du monde sans escale, en parcourent 46 759 km en un peu plus de 19 jours. Ils étaient partis de Suisse et atteris en Égypte à 500 km du Caire.

See also: Histoire de l'aérostation, 14 décembre, 15 juin, 1782, 1783, 1784, 1785