Histoire de l'Éthiopie
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L'histoire de l'Éthiopie se caractérise par l'indépendance que le pays a toujours su préserver, y compris pendant la période coloniale.
La région abrite les restes des plus anciens hominidés connus, par exemple Lucy, âgée de 3,18 millions d'années, découverte en 1974 dans la vallée de l'Aouach (Awash).
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Antiquité
Le nom « Éthiopie » vient du grec ancien Αἰθιοπία Aithiopia qui signifie « le pays des visages brûlés », de αἴθω aithô « brûler » et ὤψ ôps, « visage ». Pour les Grecs, le terme englobait la Nubie, le Soudan, l'Abyssinie et une partie du désert de Libye. Plus globalement, il désignait une vaste part de l'Afrique située au sud de l'Égypte. Homère évoque dans L'Iliade (I, 423) les dieux olympiens parties festoyer chez les « Éthiopiens sans reproche ». L'Éthiopide, l'une des épopées du Cycle troyen, narre les aventures du prince éthiopien Memnon, venu aider les Troyens.
L'Éthiopie était déjà connue au temps de la Bible, qui mentionne le pays sous le nom de « pays de Kousch ». Pour les Égyptiens, il s'agissait d'une partie du pays de Pount, dont la capitale était Méroé.
Les Éthiopiens identifient leur pays à l'antique royaume de Saba. Selon la légende, le premier roi est Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la reine de Saba.
Il est à noter que des traditions arabes font du royaume de Saba l'Arabie Heureuse. De là, la théorie, non acceptée unanimement, que des peuples arabes venus du Yémen s'installèrent, peu avant notre ère, sur les plateaux du Tigré, fondant le royaume d'Axoum (Aksum).
L'Éthiopie chrétienne
Après avoir repoussé l’invasion musulmane en 1523, l’empire éthiopien demeura isolé. Les incursions égyptiennes et soudanaises des années 1850 provoquèrent un réveil du pouvoir politique avec l'empereur Teodros. Son successeur Ménélik II écrasa l'armée italienne venue coloniser le pays à Adoua, le 1er mars 1896, et réussit à acquérir l'indépendance de son pays au traité d'Addis-Abeba, le 26 octobre 1896, selon lequel l’Éthiopie pouvait étendre ses frontières au sud et à l'est, doublant la superficie de l'Empire.
Histoire contemporaine
En 1930, Ras Tafari Makonnen est couronné empereur (negusä nägast : Roi des Rois) sous le nom de Haile Selassie (Force de la Trinité). Son règne est interrompu lorsque les forces italiennes fascistes envahissent (octobre 1935) puis occupent le pays (mai 1936). L'empereur choisit de s'exiler en Angleterre malgré la plainte déposée devant la Société des Nations à Genève où il plaide la cause de son pays en juin 1936, en vain. Mussolini déclare le roi d'Italie Victor Emmanuel III, nouvel empereur d'Éthiopie. Dans le pays, une résistance patriotique prend forme, notamment avec le général Abebe Aragay. Cinq ans plus tard les forces britanniques, françaises et éthiopiennes viennent à bout des Italiens et l'empereur peut retrouver son trône. Il pénètre en vainqueur à Addis Abeba le 5 mai 1941 (aujourd'hui célébré comme le Jour de la Victoire).
Lors des décennies suivantes, l'empereur Haile Selassie s'efforce de continuer la modernisation du pays. La première grande école d'études supérieures du pays est fondéé en 1950. La constitution de 1931 est remplacée par un nouveau texte en 1955 qui augmente le pouvoir du parlement.
Après une période de troubles qui commence en février 1974, un conseil administratif de soldats, connu sous le nom de Derg destitue Haile Selassie, prend le pouvoir et installe un gouvernement socialiste qui se révèle plutôt militaire. Le Derg exécute sommairement 59 membres de la famille royale ainsi que des généraux et ministres du gouvernement de l'empereur. Haile Selassie est déclaré mort le 22 août 1975, peut-être étranglé ou étouffé dans son palais.
En décembre 1976, une délégation éthiopienne se rend à Moscou et signe un accord d'assistance militaire avec l'Union soviétique. En avril, l'Éthiopie résilie son accord d'assistance militaire avec les Etat-Unis et expulse les forces militaires basées en Éthiopie (base de Kagnew). En juillet 1977, la Somalie de Syad Barré attaque l'Éthiopie pour soutenir les indépendantistes de la province d'Ogaden. Le conflit voit la défaite de la Somalie en mars 1978.
Le lieutenant colonel Mengistu Haile Mariam assume le pouvoir à la tête de l'État et du Derg en tant que président après avoir assassiné ses deux prédécesseurs. Les années sous Mengistu sont marquées par un gouvernement totalitaire et la militarisation du pays financée par l'URSS et Cuba. En 1977 et 1978, des milliers de personnes suspectées d'être des ennemis du Derg sont torturés ou tués. Cette période fut nommée la « terreur rouge ». Le communisme est officiellement adopté à la fin des années 1970. En 1984, le Parti travailleur d'Éthiopie est créé, et le 1er février 1987, une nouvelle constitution suivant le style soviétique est soumis à un référendum. Il est officiellement approuvé par 81 % des votants, et en suivant la constitution, le pays est renommé République démocratique populaire d'Éthiopie le 10 septembre 1987. Mengistu devient président.
En 1985 et 1986 une famine ravage le pays.
Avec la chute de l'Union soviétique dans les années 1990, l'Éthiopie ne reçoit plus d'aide du camp communiste ce qui affaiblit le pays. Dans l'année, Mengistu annonce l'abandon de l'économie marxiste. En février, le Front populaire de Libération de l'Erythrée (F.P.L.E.) attaque et conquière Massaoua, sur la mer Rouge. En mars et avril 1991, le F.P.L.E. contrôle les provinces du nord-ouest. Le 21 mai, Mengistu quitte l'Ethiopie pour finir au Zimbabwe, accueilli par Mugabe. Le F.P.L.E. s'empare d'Asmara et d'autres villes éthiopiennes.
Le 24 mai 1993, l'Érythrée déclare son indépendance.
Bibliographie
- Berhanou Abebe, Histoire de l’Éthiopie d'Axoum à la révolution, Paris, Maisonneuve & Larose, coll. « Monde africain », 1998, ISBN 2-7068-1340-7 ;
- Paul B. Henze, Histoire de l'Éthiopie. L'œuvre du temps, Paris, Moulin du Pont, trad. de l'anglais par Robert Wiren, 2004, ISBN 2-84586-537-6.
