Histoire de la Pologne
Voir aussi : Histoire chronologique de la Pologne
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Fondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale.
Poste avancé de l'Occident Chrétien face aux mondes orthodoxe (russe, biélorusse, ukrainien), païen (balte), et musulman (turco-mongol), elle est aussi confrontée au Drang Nach Osten (poussée germanique vers l'est), qu'il vienne du Saint Empire ou des Chevaliers Teutoniques. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrèmement exposée aux invasions.
Unifiée par Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, elle atteint son apogée aux XVe et XVIe siècles, sous la dynastie lituanienne des Jagellons, avec Ladislas II. La Rzeczpospolita Obojga Narodów - la République de Deux Nations - (l'Union de Lublin - 1569), résultant de l'union du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lituanie, couvre alors un territoire qui « allait de la Baltique à la Mer noire » et jusqu'aux portes de Moscou. Casimir IV réunit même brièvement les couronnes de Bohème (1471) et de Hongrie (1490). La Rzeczpospolita Obojga Narodów était une fédération dirigé par le roi de Pologne.
En 1683, le roi de Pologne Jean III Sobieski, arrête la dernière grande offensive terrestre turque contre la Chrétienté sous les murs de Vienne. En dépit de cet exploit qui sauve l'Europe, la « Rzeczpospolita » est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique paralysant qui donne le droit de veto à chaque membre de la Diète, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes).
La Pologne perd son indépendance à la fin du XVIIIe siècle, partagée entre l'Autriche, la Russie et la Prusse, malgré la Constitution du 3 mai 1791, et l'insurrection de Tadeusz Kościuszko, en 1794.
Les légions de polonais en exil formées en Italie par Henryk Dąbrowski et Bonaparte, d'abord traitées avec désinvolture par le Directoire et le Consulat, vont finir par constituer une élite au sein des troupes du Premier Empire. Napoléon va jusqu'à ressusciter un Etat polonais: c'est le petit et éphémère Grand Duché de Varsovie (1807 à 1813) qui ne survit pas à la chute de l'Aigle, mais où persistera le Code Napoléon jusqu'en 1940.
Tout au long du XIXe siècle, la Pologne vit écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche, malgré de deux insurrections importantes, en 1830 et 1863. Elle ne recouvre son indépendance qu'en novembre 1918 sous l'impulsion de Józef Piłsudski.
En septembre 1939, l'invasion allemande du 1er septembre déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Pologne est à nouveau partagée entre l'Allemagne nazie et son alliée de circonstance, l'Union Soviétique (l'invasion soviétique du 17 août 1939). Auschwitz, Katyń et la Kołyma seront les plus noirs symboles des persécutions nazies et soviétiques. Le pays perd 20% de sa population, victime des purges, massacres et déportations perpétrés par les deux occupants. Les Juifs assassinés par les nazis constituent cependant la moitié des pertes polonaises. Tout cela n'empêche pas les soldats polonais en exil d'apporter leur pierre à la victoire des Alliés, notamment pendant la Bataille d'Angleterre, et la Campagne d'Italie.
Officiellement classée parmi les vainqueurs, la Pologne ne fait en réalité que changer d'oppresseur, avec la bénédiction de l'Occident. Les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, annexée en 1939, et le territoire polonais « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse Orientale, la Poméranie et la Silésie, allemandes depuis plusieurs siècles. Le pays devient une « république populaire » inféodée à Moscou, et membre du Pacte de Varsovie. Il en sera néanmoins un membre atypique, avec un clergé puissant, le maintien de la petite propriété rurale, et une relative liberté d'expression, notamment dans le cinéma. La période communiste est jalonnée de révoltes ouvrières dont la plus importante, menée en 1980 par Lech Wałęsa et le syndicat non communiste Solidarność, ébranle le bloc soviétique, tout comme l'élection de l'évèque de Cracovie Karol Wojtyła au trône papal en 1978. Le général Wojciech Jaruzelski assure l'ultime reprise en main communiste en proclamant l'Etat de Guerre en 1981.
En 1989, la Pologne sera premier pays du Pacte de Varsovie à se retirer du traité et à former un gouvernement non communiste. Elle adhère, en 1999, à l'OTAN, et en 2003, les USA lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation en Irak. Elle intègre l'Union européenne le 1er mai 2004. A la fin de la même année, le gouvernement polonais par son implication et son soutien apporté à Viktor Iouchtchenko, redonne de l'éclat à la diplomatie polonaise dans les ex-pays de l'est.
Rzeczpospolita
Le terme « Rzeczpospolita » peut prêter à confusion. En effet si le mot signifie « la république » - traduction littéral du latin (res publica) vers le polonais - le royaume polonais n'était pas une république au sens d'aujourd'hui, mais une « république nobiliaire » (théoriquement tous les nobles était égaux). La noblesse était un état complexe et nombreux - environ 25% de la population.
Selon la chronologie établie dans le XXe siècle, on distingue trois « républiques » dans l'histoire de la Pologne :
- Ire Rzeczpospolita - période de la « démocratie nobiliaire » (1454 - 1795)
- IIe Rzeczpospolita - (1918 - 1939)
- IIIe Rzeczpospolita - à partir de 1989
L'époque de la Pologne sous domination politique de l'URSS (1944 - 1989) est appelée la PRL - République Populaire de Pologne, bien que l'adjectif « populaire » ait été ajouté en 1952.
L'Union de Lublin constitue un organisme politique où le terme « Rzeczpospolita » associé à « Obojga Narodów' » souligne l'égalité des Deux Nations, Nation voulant dire nobles et les deux faisant allusion aux nation polonaise et lithuanienne.
Bibliographie
- Michał Tymowski (traduit du polonais par Jean-Yves Erhel), Une histoire de la Pologne, 2003, La librairie Polonaise, Les éditions noir sur blanc.
- Daniel Beauvois, La Pologne Histoire, société, culture, [[2004, Edition de La Martinière
