Histoire du Mexique
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Époque précolombienne
Les premiers hommes seraient arrivés par le Nord, en traversant le détroit de Béring. La présence humaine attestée au Mexique remonte à environ 10 000 avant J.-C. De nombreux vestiges de cette période ont été retrouvées, comme par exemple le célèbre homme fossile de Tepexpan.
De grandes civilisations se succédèrent dans le territoire de l'actuel Mexique : les civilisations olmèques, mayas, zapotèques, mixtèques, toltèques et aztèques. Le nom de México proviendrait selon certaines sources du dieu aztèque Mextli, ou selon d'autres du nom d'une classe de dirigeants aztèques, les Meshika. Une troisième hypothèse, la plus couramment admise au Mexique, est que ce nom proviendrait des « Mexicos », peuple indien descendu du nord, qui aurait fondé la civilisation aztèque en s'installant dans la cuvette de Tenochtitlan — actuellement la ville de Mexico.
La conquête
Voir l'article détaillé Conquête de México
Hernández de Córdoba et Juan de Grijalva explorèrent les côtes méridionales du Mexique, respectivement en 1517 et 1518. Le conquistador Hernan Fernando Cortés envahit le pays sous bannière espagnole en 1517, après avoir débarqué à proximité de l'actuelle Veracruz. Il baptisa de fait cette ville le long de la côte Puerto de la Villa Rica de la Vera Cruz. À cette époque, les Aztèques étaient le groupe dominant dans la population locale. Ils pensaient que, conformément aux anciennes légendes toltèques, les conquistadors espagnols étaient envoyés par les dieux. Pour cette raison, les Aztèques ne montrèrent que peu d'opposition à l'avance des conquistadors, mais plus tard, ils marquèrent leur opposition lorsqu'ils se rendirent compte qu'ils n'étaient pas les messagers divins d'abord admirés.
Après plusieurs batailles, au cours desquelles les armées espagnoles furent plusieurs fois proches de la défaite (notamment lors de la Noche Triste du 30 juin 1520), les Conquistadors parvinrent finalement à encercler Tenochtitlan, la capitale de l'empire aztèque, et entamèrent le siège. Les Aztèques furent défaits en 1521.
L'époque coloniale
Il s'agit de la période qui s'étend entre la défaite de l'empire aztèque et l'indépendance du Mexique, c'est-à-dire entre 1521 et 1821.
La conquête et l'époque coloniale firent émerger un nouveau groupe ethnique : les métis. Il s'agit des enfants que les conquistadors eurent avec les femmes indigènes. Les métisses incarnent les débuts du mélange des deux cultures, une mixité ethnique qui marque durablement le Mexique puisqu'environ 60 % des habitants du pays sont des métis.
L'actuel Mexique faisait partie de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne (Nueva España en espagnol). La Nouvelle-Espagne recouvrait le territoire de l'actuelle Mexique, mais aussi environ deux millions d'autres km² dans le Sud Ouest des États-Unis. La frontière nordique de la Nouvelle-Espagne n'était d'ailleurs pas définie avec précision.
De l'indépendance aux années 2000
La guerre d'indépendance
Voir aussi Guerre d'indépendance du Mexique
Miguel Hidalgo, un prêtre descendant des Espagnols, aux idées progressistes, fut un pionnier de la guerre d'indépendance. La déclaration d'indépendance remonte au 16 septembre 1810.
On peut citer Maria Morelos, Vicente Guerrero, le général Augustin de Iturbude et le général Antonio Lopez de Santa Anna parmi les personnages clés de la guerre d'indépendance. En 1821, 11 ans après le déclenchement de la guerre d'indépendance, l'armée rebelle entra dans la capitale.
Les guerres et ventes de territoire aux États Unis
Le Texas proclama son indépendance le 21 avril 1836, par la victoire de la San Jacinto, acquise sous la conduite de Sam Houston qui profita des troubles rencontré par le régime militaire d'Antonio López de Santa Anna. S'engagea alors un conflit avec les États-Unis d'Amérique, dont le Mexique sortit vaincu (1846-1848). Le traité de Guadalupe Hidalgo du 2 février 1848 entérina la perte de très grands territoires, qui furent ensuite vendus à prix d'aubaine. De ce fait, une grande partie de la moitié nord du pays fut ainsi perdue par le Mexique, dont la Californie et le Texas.
Intervention française
Voir aussi Expédition du Mexique
Lorsque Napoléon Ier envahit l'Espagne, il mit son frère à la tête du pays. Les conservateurs mexicains et les riches propriétaires fonciers qui soutenaient la famille des Bourbons, auparavant au pouvoir, n'apprécièrent pas les politiques relativement plus libérales de Napoléon. Cette situation créa une alliance particulière au Mexique : les libéraux, qui voulaient un Mexique démocratique, rejoignèrent les conservateurs, qui étaient favorables aux bourbons et qui voulaient retrouver la situation antérieure à l'invasion de Napoléon. Les deux camps pensaient que le Mexique devait être indépendant et décider seul de son avenir.
En 1862-1867, le Mexique fut occupé par les forces françaises lors de l'expédition du Mexique, qui amena la création de l'empire éphémère de Maximilien de Habsbourg.
Le régime de Porfirio Díaz
Le régime de Porfirio Díaz, également connu sous le nom de Porfiriato, commença quelques temps après le décès de Benito Juárez. Ce régime dura environ trente ans, bien qu'il eût déclaré avant d'arriver au pouvoir qu'il était opposé aux réélections. Díaz encouragea les investissements étrangers ; il s'appuya aussi sur les conseils de positivistes connu sous le nom de cientificos. Les mouvements d'oppositions furent parfois durement réprimés, comme par exemple lors des grèves des ouvriers du textile à Nogales, dans l'État de Veracruz.
La Révolution mexicaine
Voir l'article détaillé Guerre civile mexicaine
Porfirio Díaz, au pouvoir depuis une trentaine d'années, voulait à nouveau se représenter aux élections présidentielles de 1910, mais Francisco Madero annonça aussi sa candidature. Díaz fit emprisonner Madero, puis le relâcha. Les autorités déclarèrent que Díaz avait gagné les élections haut la main et que Madero n'avait recueilli que quelques centaines de voix à travers tout le pays. De nombreuses personnes estimèrent qu'il y avait eu une fraude flagrante dans les élections et se rebellèrent. Ainsi débuta la guerre civile mexicaine, aussi appelée révolution mexicaine.
Madero prépara le Plan de San Luis, document dans lequel il demandait aux Mexicains de prendre les armes contre les autorités. Parmi les meneurs des mouvements armées se trouvaient Venustiano Carranza, Pascal Orozco, Pancho Villa et Emiliano Zapata.
Le Partido de la Revolucion Institucional au pouvoir
En 1938, le président nationalisa la production de pétrole en créant Pemex. À la fin des années 30, le gouvernement mexicain offrit l'asile aux opposants à Franco.
L'Allemagne coula deux navires mexicains au cours du mois de mai 1942. Devant le refus de payer des dommages et intérêts, le parlement mexicain déclara la guerre le 2 juin 1942. L'aviation mexicaine participa à la Guerre du Pacifique. Le gouvernement de Manuel Ávila Camacho entra ainsi dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés.
Le 2 octobre 1968, la police tira sur des étudiants à Tlatelolco, dans la capitale. Trois cents personnes auraient été tuées, et de nombreuses personnes furent arrêtées.
Le gouvernement dévalua le peso en 1976 et 1982.
Carlos Salinas de Gortari, candidat du Partido de la Revolucion Institucional (PRI), remporta les élections présidentielles de 1988. L'Instituto Federal Electoral, organisation chargée d'organiser les élections et d'en assurer le bon déroulement, fut créée au début des années 90.
La campagne électorale de 1994 fut entachée par l'assassinat de Luis Donaldo Colosio. L'année 94 fut également marquée par plusieurs évènements. D'une part, l'ALENA, accord de libre échange entre les trois pays d'Amérique du Nord, entra en vigueur le 1er janvier ; d'autre part, une grave crise économique frappa le pays en raison de la forte récession qui suivit la dévaluation du peso. En outre, Ernesto Zedillo succéda à Carlos Salinas à la présidence. Finalement le sous-commandant Marcos, du Chiapas, marqua son opposition au gouvernement central.
Le XXIe siècle
Des élections présidentielles et législatives eurent lieu le 2 juillet 2000.
Vicente Fox Quesada, membre du PAN (Partido Acción Nacional), remporta les élections présidentielles et devint le premier président n'appartenant pas au PRI (Partido de la Revolucion Institucional) depuis plus de soixante-dix ans. En effet, Vicente Fox avait recueilli 43 % des voix, alors que Francisco Labastida obtenait 37 % des suffrages (PRI) et Cuauhtémoc Cárdenas 17 % (Partido de la Revolución Democrática)
Le PRI a obtenu 209 sièges à la Chambre des députés et 60 au Sénat, le PAN 208 et 46, le PRD 51 et 15.
En 2003, la crise irakienne avait mise le gouvernement dans une situation quelque peu délicate : 80 % des exportations vont aux États-Unis, une part importante de la population était contre la guerre, le Mexique occupait l'un des quinze sièges au Conseil de sécurité des Nations unies, absence de régularisations des illégaux aux États-Unis. D'ailleurs, le Mexique occupa la présidence au Conseil de sécurité en avril 2003. En ce qui concerne l'immigration, les États-Unis se sont désintéressés depuis les attentats du 11 septembre 2001 de la régularisation des quelques quatre millions d'illégaux aux États-Unis, ce qui a déçu le gouvernement et l'opinion.
Le 12 juillet 2002, de violents heurts opposent les paysans de Atenco, dans la banlieue de México, et les forces de l'ordre. Trente-trois personnes auraient été blessées à la suite d'une protestation contre les expropriations et la création d'un nouvel aéroport, non loin de la capitale.
En 2003, la situation économique reste préoccupante : pauvreté surtout chez les indigènes et dans les États du Sud, chômage, faiblesse du système de santé publique.
Le lundi 29 mars 2004, le Mexique signe le Traité de non prolifération des armes nucléaires et s'engage donc à autoriser des inspections surprises de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Le Mexique devient le 81e pays à adhérer à ce pacte.
