Histoire du Zimbabwe

L'histoire coloniale du Zimbabwe commence au XVIe siècle avec les Portugais, mais c'est après 1855 et la « découverte » par l'explorateur anglais David Livingstone des chutes Victoria que la colonisation britannique va débuter.

Le pays fut appelé Rhodésie du sud jusqu'en 1965 puis Rhodésie de 1965 à 1980.

Histoire de la Rhodésie du sud

Le Zimbabwe de 1980 à 2000

Entre 1980 et 1985, la population blanche passa de 225 000 à moins de 100 000 personnes ce qui symbolize l'échec de la réconcilation raciale. Si les 4500 fermiers blancs du pays qui possédaient 49 % des terres agricoles permettaient au pays de garder son auto suffisance alimentaire, il n’en restait pas moins que plus de 200 000 fermiers noirs réclamaient des terres à cultiver. Dans les 1ères années de l'indépendance, des manifestations anti-blancs, réclamant la redistribution des terres, furent organisées dans le pays.

En septembre 1980, les Zimbabwéens noirs déboulonnèrent les 2 statues de Cecil Rhodes érigées jusque là devant le parlement de Salisbury et dans le centre de Bulawayo. Une fièvre anti-colonisatrice s'empara de tout le pays. Pour bien marquer sa rupture avec le passé, le gouvernement fit rebaptiser toutes les villes du pays dès 1982. Salisbury fut renommée Harare, Que Que ré-orthographié Kwe Kwe, Umtali devint Mutare, Gweru devint Gwelo et Fort Victoria fut rebaptisé Nyanda. Seules Bulawayo, dont le nom était antérieur à la colonisation, et les Chutes Victoria, dont le patronyme était mondialement connu et constituait la destination touristique du pays, échappèrent à une nouvelle dénomination. Parallèlement, les noms des rues et des écoles furent changés faisant disparaître les noms coloniaux (Rhodes, Jameson, Victoria, Salisbury...); tous les bâtiments publics et autres lieues furent aussi rebaptisés à l'instar du square Cecil de Salisbury qui devint le square de l'unité africaine à Harare.

Mais ce fut avec les Ndébélés du ZAPU que les tensions furent les plus fortes. Mugabe (un Shona comme ses 62,9% d'électeurs) n’hésita pas à massacrer des civils pour faire régner l’ordre de son régime durant les 8 premières années de son gouvernement. Après des années de confrontations, la réconciliation avec Nkomo, le leader du ZAPU, mit fin aux exactions.

Les rapports avec les blancs restèrent formels. Si 2 ministres blancs, anciens du front rhodésien, participèrent effectivement au 1er gouvernement noir ; que l’ancien 1er ministre libéral Garfield Todd, emprisonné sous Smith, fut nommé sénateur par Mugabe ; la minorité blanche n’eu pas le droit de pouvoir réellement peser sur la vie politique du pays puisqu’il lui était interdit de participer à toute tentative visant à sanctionner le gouvernement au parlement.

En 1987, les blancs de la l'Alliance Conservatrice du Zimbabwe (Conservative Alliance of Zimbabwe - CAZ), l'ex-front rhodésien, perdirent leur représentation assurée de 20 députés et furent éliminés du parlement. La coalition gouvernementale se retrouvait alors avec le soutien de 99 députés sur 100 grâce à la réconciliation ZANU-ZAPU. Si quelques blancs avaient rejoint les partis noirs, ils n’en étaient pas moins désormais hors-jeu politiquement. Néanmoins, bien que représentant 1% de la population, ils dirigeaient encore l'économie et assuraient 80 % du PNB.

Détenant les pleins pouvoirs au Parlement, Robert Mugabe fit ensuite rapidement modifié la constitution afin d'instituer un régime présidentiel, supprimant le poste de 1er ministre et reprenant le titre de président à son compte.

Dans les années 90, le caractère autoritaire du régime de Mugabe s'accentua contre toux ceux suceptible d'animer un mouvement d'opposition, qu'ils soient blancs ou noirs. .

Mugabe fut ainsi réélu en 1995 à la présidence de la république par les électeurs sans opposition.

En 1996, conformément à une loi votée en 1992, Mugabe décida de mettre en œuvre sa réforme agraire et de nationaliser la moitié des terres des 4500 fermiers blancs qui possédaient à cette date encore 30 % des terres cultivables dans le but officiel de les redistribuer aux centaines de milliers d'africains démunis. Cependant, seuls les grands domaines pouvaient être rentables pour un pays comme le Zimbabwe et lui permettre son auto suffisance alimentaire. De plus, la mesure de Mugabe risquait d'être pénalisante pour l'économie du pays car les fermiers blancs réalisaient plus de la moitié du PIB et avaient droit à de justes indemnités selon la loi et la constitution du pays. Une campagne de terreur urbaine et rurale finit par submerger le Zimbabwe et conduisit le pays à la plus grave crise politique, économique et sociale de son histoire.

Le Zimbabwe depuis 2000 : un pays en crise

A la surprise générale, Mugabe est désavoué en février 2000 par la population à l'occasion d'un référendum sur une modification de la constitution qui aurait du ouvrir la voie à une réforme agraire permettant l’expropriation des fermes restant aux blancs.

Quelques mois plus tard, le parti de Mugabe, la Zanu-PF manque de perdre les législatives face au MDC (Mouvement du changement démocratique) de Morgan Tsvangirai, 1ère force politique à pouvoir enfin concurrencer le parti de Mugabe. À cette occasion, la grande majorité des circonscriptions urbaines échappent au Zanu-PF. Malgré les fraudes orchestrées par le pouvoir, le MDC fait quasiment jeu égal avec le Zanu de Mugabe mais celui-ci conformément à la constitution nomme directement des députés donnant une majorité nette à son parti.

Mugabe annonça peu de temps après l’expropriation quasi générale de tous les fermiers blancs.

Les fermes furent alors occupées et dévastées par des bandes de brigands au service du ZANU-PF, regroupés sous l’égide de pseudo anciens vétérans du combat pour l’indépendance. Ceux-ci intimidèrent violemment les employés, pillèrent les maisons plongeant le pays dans la famine et la pauvreté n'hésitant pas à tuer sous les yeux complices de la police. L’assassinat de fermiers provoqua la consternation et la condamnation la plus ferme de la Grande-Bretagne. La redistribution tant annoncée n’eu pas lieu sinon au bénéfice des nervis du régime.

Ian Smith est lui-même exproprié alors que Doris Lessing, écrivain renommée, née en Rhodésie et ancienne opposante au régime blanc, critiquait pour la 1ère fois les méthodes du président zimbabwéen.

L’ancien premier ministre Garfield Todd, ami personnel de Mugabe, se distancie de ses actions avant de les condamner. Sa mort à l’âge de 95 ans durant l’année 2002 lui évitera de voir le pays sombrer dans la plus totale anarchie et dans la répression la plus violente. En 2002, sur les 13 millions de Zimbabwéens, 9 millions - soit 7 sur 10 - vivent en-deçà du seuil de pauvreté, 1 sur 2 est au chômage. L'utilisation démagogique de la question de la terre et la stigmatisation de plus en plus violente par le régime des 50 000 Blancs du pays ont fini par plonger le Zimbabwe dans une crise économique et politique sans précédent. Et la famine menace l’ancien grenier à blé d’Afrique.

Lors des élections présidentielles de mars 2002, Mugabe est sérieusement accroché par le chef du MDC. Grâce à une fraude électorale massive constatée par les observateurs internationaux, il arrive à se maintenir au pouvoir avec 56 % des voix contre 41,9 % à son adversaire au prix d’une terrible répression.

A la suite de ces élections truquées, la Grande Bretagne tente d’organiser avec les pays du Commonwealth des sanctions internationales contre le Zimbabwe. Appuyé par les pays occidentaux, les États-Unis et l’Australie, les britanniques ont cependant du mal à convaincre les pays africains à se joindre à eux. Bien au contraire, ces derniers rechignent à sanctionner un des leurs et font bloc autour du dictateur justifiant sa réforme agraire par les abus du colonialisme.

Durant l’été 2002, Mugabe fixe un ultimatum à 2900 des 4500 fermiers blancs pour quitter leurs fermes. Ceux qui refusèrent de s’y soumettre furent arrêtés malgré des décisions de justice contraires. Quelques 197 fermiers ainsi arrêtés acceptèrent finalement de quitter leurs exploitations sous la menace. Lors d’un nouvel ultimatum en septembre, il apparu que le gouvernement avait décidé qu'environ 95% des fermes appartenant à des Zimbabwéens blancs devaient être redistribuées. Mais cette politique de saisie des terres et la sécheresse ont contribué à des pénuries de nourriture dans tout le pays.

En 2003, le pays est ainsi au bord de la guerre civile avec un taux de chômage qui dépasse les 70 %. La famine sévit dans ce qui fut autrefois le grenier à blé de l’Afrique australe. Des émeutes de la faim éclatent alors que les terres prises aux Blancs restent en friche car les nouveaux fermiers Noirs manquent de moyens et de connaissances. L’opposition organise des journées générales de grève très suivies mais qui n’ont aucun effet sur le gouvernement autre que de renforcer la répression.

Le président Mugabe d’autoritaire est devenu un dictateur paranoïaque, homophobe et raciste.

Le chef de l’opposition qui a défié Mugabe lors des dernières élections en 2002 est poursuivi pour haute trahison devant les tribunaux, encourt la peine de mort à ce seul titre mais est finalement acquitté par le Tribunal en 2004.

En mars 2005, lors des élections législatives, la Zanu-PF remporte une victoire écrasante, avec 78 sièges au Parlement contre 41 pour le Mouvement pour le changement démocratique, tétanisé par la brutalité du régime et l'indécision de ses dirigeants à défier frontalement Mugabe. Comme la Constitution donne au président du Zimbabwe le pouvoir de nommer 30 députés supplémentaires, la Zanu-PF aura finalement plus des deux-tiers des sièges. Les Zimbabwéens expatriés ont été exclu du vote alors que les élections se sont déroulés en l'absence d'observateurs internationaux qualifiés pour en assurer le bon détoulement.


Aujourd'hui, le Zimbabwe compte plus de 10 millions d'habitants dont à peu près 50 000 blancs lesquels ne représentent plus que 0,5% de la population totale alors que plus de 3 millions de Zimbabwéens, selon l'opposition MDC, ont fui le pays.

See also: Histoire du Zimbabwe, 1855, 1965, 1980, 1985, 1987, 1995, 1996, 2000