Homo floresiensis
| |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Image manquante Floresiensis.jpg | |||||
| Crâne de H. floresiensis | |||||
| Classification classique | |||||
| Règne : | Animalia | ||||
| Embranchement : | Chordata | ||||
| Classe : | Mammalia | ||||
| Ordre : | Primates | ||||
| Famille : | Hominidae | ||||
| Genre : | Homo | ||||
| Nom binomial | |||||
| Homo floresiensis P. Brown et al., 2004 | |||||
En septembre 2003, dans une grotte de l'île indonésienne de Florès, des paléontologues dirigés par l'Australien Mike Morwood et par Radien P. Soejono du Centre Indonésien pour l'Archéologie de Djakarta ont découvert un squelette d'hominidé mesurant environ un mètre. Il ont fourni un moulage du crane à Peter Brown de l'université de la Nouvelle Angleterre à Armidale, Australie qui a pu étudier le squelette sur une période de trois mois. Ses caractères anatomiques le feraient descendre directement d'Homo erectus. Cette découverte avait suivi l'annonce de la découverte d'outillage de pierre taillée, sur la même île, datée d'environ 800 000 ans montrant que contrairement aux hypothèses généralement retenues Homo erectus avait pu atteindre la Wallacea et au-delà l'Australasie ou l'Océanie proche. La surprise est venue de la datation qui semble indiquer que cette espèce peuplait encore la région de la Wallacea il y a seulement 18 000 ans alors que l'Homo sapiens avait déjà colonisé le reste de la planète dont Florès.
Les chercheurs ont baptisé cette nouvelle espèce Homo floresiensis. Sa petite taille peut s'expliquer par l'isolement géographique et l'endogamie.
| Sommaire |
Caractéristiques générales
L’Homo floresiensis aurait vécu sur l’île de Florès entre -95 000 et -12 000 ans environ. Il mesure environ 1 m pour 16 à 28 kilogrammes. Sa caractéristique principale est la petite taille, mais aussi la taille réduite du cerveau. En effet, celui-ci serait encore plus petit que celui de l’australopithèque Lucy. L'Homme de Florès aurait une capacité crânienne de moins de 400 cm3.
Environnement
L'île de Florès
L’Homo floresiensis a vécu sur des îles indonésiennes : l'île de Florès (et peut-être celle de Java). Sur l’île plusieurs espèces animales actuelles montrent aussi une différence de taille avec leurs congénères. Par exemple, les dragons de Komodo qui sont des sortes de lézards géants. Ils sont carnivores et peuvent mesurer jusqu’à trois mètres de long.
Nanisme insulaire
Mais on retrouve aussi des restes d'animaux auprès de l' Homo floresiensis, dont un stégodon nain (espèce disparue proche de l'éléphant) et un rat géant (Papagomys). La théorie de l'évolution insulaire explique des adaptations évolutives lorsque des espèces sont isolées sur une île (un environnement très limité et en l'absence de grands prédateurs) : réduction de la taille des animaux plus grands qu'un chien et augmentation de la taille des petits animaux.
Il est ainsi supposé que l’homme de Florès serait un descendant de l’ Homo erectus. Celui-ci serait arrivé il y a environ 800 000 ans sur l’île de Florès, soit par la navigation, soit en se laissant porter par des débris flottants. A cette époque la glaciation avait abaissé le niveau de la mer. Lorsque les glaces ont fondu, le niveau de la mer est remonté empêchant les hommes de repartir de l’île. Mais cette hypothèse n'est corroborée, jusqu'à présent, par aucune donnée géologique précise (existence d'un pont terrestre), car la profondeur actuelle de la mer semble devoir écarter tout passage à pied à travers la ligne Wallace. Jusqu'à présent également, l' Homo erectus n'a jamais franchi, en naviguant, des détroits inaccessibles à pied.
Le spécimen LB1 et ses caractères principaux
Le premier spécimen analysé par Peter Brown (LB1 ou Edu) est une femme de 30 ans datant de 18 000 ans. C’est le squelette le plus complet que l’on ait retrouvé dans la grotte de Liang Bua. Il contient :
- Un crâne assez complet et peu déformé
- Une mandibule
- Un fémur
- Un tibia
- La partie gauche du bassin
- Plusieurs autres fragments osseux
Edu contient des caractères modernes et des caractères peu évolués, c’est ce qui rend sa détermination aussi complexe. On va donc différencier les caractères de type sapiens ou néandertalien des caractères de type Australopithèque. La principale caractéristique est la taille du crâne c’est pourquoi nous pouvons comparer celui d’Homo sapiens.
Edu avait un cerveau de 380 cm3, soit moins du tiers de celui de nos contemporains, proche de celui des chimpanzés et bonobos et même inférieur à celui des gorilles. La taille relative du cerveau des Homo erectus varie entre 865 et 1039 cm3.
Controverses
Une espèce nouvelle ?
Selon Peter Brown, l'homme de Florès est une espèce totalement nouvelle du genre humain.
Certains scientifiques ne croient toutefois pas à la théorie d’une nouvelle espèce. Parmi ceux là, trois sont particulièrement intervenus depuis l’annonce de cette découverte :
- Maciej Henneberg de l'Université d'Adélaïde pense à une ressemblance avec un microcéphale crétois de 4000 ans.
- Teuku Jacob de l'université Gadja Mada de Yogyakarta (Java) pense a un pygmée microcéphale et estime que LB1 serait un homme moderne de 25 ans.
- Hawks pense à un individu pathologique avec nanisme et microcéphalie. Il veut créer un nouveau genre : les Hobbits. Il renommerait donc l’Homo floresiensis, Hobbit floresiensis et il inclurait dans cette espèce l’Homo habilis qu’il renommerait donc Hobbit habilis.
La découverte et l'étude d'un total de sept spécimens similaires provenant de la grotte de Liang Bua devrait permettre de donner des réponses plus précises aux questions en suspens, les deux principales étant de savoir s'il s’agit bien d’une nouvelle espèce d’homme, d’un nouveau genre ou juste un homme moderne atteint de nanisme et de microcéphale (cette dernière hypothèse s'éloigne avec la multiplication convergente des découvertes). La deuxième serait de savoir s'il a existé d’autres Homo floresiensis dans le monde.
Libre accès à la découverte
Fin novembre ou début décembre 2004, apparemment à la suite d'un arrangement avec le découvreur Radien P. Soejono, le professeur Teuku Jacob a emprunté à l'institution qui accueille Soejono, le Centre indonésien pour l'archéologie de Djakarta, la plus grande partie des restes pour ses propres études (semble-t-il sans l'autorisation des directeurs du Centre [1], [2], [3], [4]). Cela a autorisé certains à exprimer leur crainte que, comme les Manuscrits de la Mer Morte, ces preuves scientifiques inhabituellement importantes ne soient gardées par un petit groupe de scientifiques qui en limiteraient considérablement l'accès et qui n'en tireraient pas parti pour publier les résultats de leur propre recherche. Néanmoins, Jacob a restitué les restes au Centre le 23 février 2005, à l'exception de deux os de la jambe [5].
Voir aussi
Article connexe
Références
H. floresiensis a été décrit pour la première fois dans deux articles publiés dans Nature, un an après la découverte :
- Brown, P., et al. A new small-bodied hominin from the Late Pleistocene of Flores, Indonesia. Nature 431: 1055-1061 (28 octobre 2004)
- Morwood, M. J., et al. Archaeology and age of a new hominin from Flores in eastern Indonesia. Nature 431: 1087-1091 (28 octobre 2004)
- Kate Wong. The littlest human. 'Scientific American February 2005: 40-49
