Homosexualité
De nos jours, l'homosexualité désigne indifféremment la pratique de relations sexuelles avec des personnes du même sexe (perspective comportementaliste ou empirique) ou l’orientation sexuelle pour des personnes du même sexe (perspective idéologique).
Le mot, féminin, s’applique indistinctement aux hommes comme aux femmes.
Lautrec_the_two_girlfriends_c1894-5.jpg
| Sommaire |
|
2.1 L'homosexualité dans l'Antiquité |
Appellations
Définitions
L'homosexualité masculine était autrefois appelée uranisme. Lorsqu’elle désignait principalement l’attirance d’hommes envers les adolescents mâles, on utilisait aussi le mot pédérastie, si bien que par confusion il finit par désigner aussi l’attirance entre les hommes d’âges semblables. Cet amalgame s’est poursuivi en ce qui concerne les relations avec des enfants, si bien que les homosexuels masculins sont souvent soupçonnés de pédophilie. Or, la sexologie moderne ne retrouve chez les homosexuels masculins aucune tendance particulière à la pédophilie, par comparaison avec les hommes hétérosexuels.
Chez les femmes, l’homosexualité est appelée lesbianisme (ou plus archaïquement saphisme) ; les deux termes font référence à la poétesse grecque Sapho de l’île de Lesbos, où elle tenait un collège de jeunes filles, et dont les poèmes passionnés envers ses amies, et la vie entourée d’autres femmes lui ont valu la réputation d’homosexuelle. Autrefois, on disait tribadisme, qui vient du mot grec tribein, « frotter » ; aujourd’hui ce mot signifie une pratique sexuelle spécifique.
Une personne de cette orientation sexuelle est appelée un homosexuel ou une homosexuelle. Dans le langage courant, les homosexuels se nomment également gays (ou gais, orthographe standard au Canada) et les homosexuelles, lesbiennes (ou gaies).
À cause des perceptions sociales négatives de la société envers les homosexuels, plusieurs termes injurieux existent, dont pédé, pédale, enculé, tapette ainsi que fifi et fif (au Canada) pour les hommes gays, et brousse, gouine et brouteuse pour les lesbiennes.
Étymologie et évolution sémantique
Le mot homosexualité et sa déclinaison homosexuel(le) ont été créés au XIXe siècle, dans le cadre de la définition et du classement psychiatrique des déviations sexuelles. Il associe une racine grecque (homo, « semblable ») et une racine latine (sexuel).
Amphora_-seduction_scene-_for_Wiki.jpg
Avant cette date, la distinction des différentes pratiques sexuelles ne considérait pas comme pertinente la distinction homo/hétéro, mais comportait nombre de qualificatifs souvent voisins pour désigner des pratiques très diverses. Certains font une distinction entre comportement actif ou passif, ce qui a été le cas dès l’Antiquité, et reste encore vrai aujourd’hui dans beaucoup de cultures, voire de législations.
Les relations entre personnes du même sexe ont vu passer les mots suivants : cinaède, bardache, bougre, sodomite, pédéraste, uraniste, lesbienne, saphiste, tribade, tapette, inverti, antiphysique, pédé, pédale, etc. Certains de ces mots appartiennent au langage argotique, d’autres non.
De nos jours, le mot homosexualité est sorti de la simple définition médico-légale qualifiant des relations sexuelles, pour qualifier également des revendications, de l’art, voire des relations n’ayant rien à voir avec la sexualité.
On utilise souvent le mot pour parler de sexualité avant le XIXe siècle. Ceci fait l’objet d’un vif débat. Certains soutiennent que c’est un abus de la pertinence strictement contemporaine du mot, qui aboutit à dévoyer les débats sur cette question, cas flagrant quand on veut parler de l’homosexualité dans l'Antiquité, et amenant parfois au contre-sens.
D’autres répliquent que, bien que chaque culture approche l’homosexualité d’une façon différente, le phénomène de base a toujours existé ; il leur paraît donc pertinent de discuter l’histoire de l’orientation et des pratiques sexuelles en utilisant les expressions homosexuel, hétérosexuel, bien que les personnes concernées ne se seraient pas reconnues comme telles.
Histoire de l'homosexualité
Hyakinthos.jpg
L'homosexualité dans l'Antiquité
Certaines sociétés pré-chrétiennes montraient plus ou moins de tolérance ou d'acceptation vis-à-vis des pratiques homo-érotiques. Pour beaucoup d'entre elles, ces pratiques étaient toutefois très codifiées socialement, et tout écart vis-à-vis de ces normes était mal vu, voire considéré comme délictueux. Par exemple, dans certaines cités de la Grèce antique, la pédérastie était pratiquée dans le cadre de l'éducation d'adolescents mâles, mais de façon généralement très codifiée. Ainsi, à Athènes le partenaire d'age mûr devait être actif dans la relation sexuelle et l'adolescent passif, faute de quoi la relation était considérée comme immorale.
En 342, les mariages homosexuels sont interdits dans l'Empire romain Le 6 août 390, l'empereur romain Théodose édicte une loi condamnant au bûcher les homosexuels. L'empire romain est devenu chrétien et la relative liberté en la matière disparaît.
Voir l'article détaillé : Pédérastie.
La répression au Moyen Âge en Europe
Malgré la tolérance des peuples germaniques - les lois barbares du Haut Moyen Âge ne font aucune référence à l'homosexualité puisqu'elle est integrée à leur culture - dans la société chrétienne du Moyen Âge et jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, l' homosexualité était passible de la peine de mort en France et en Angleterre et dans la plupart des États européens. Au VIe siècle, de crime contre la dignité, l'homosexualité devient un crime contre l'ordre naturel défini par Dieu et pouvant mener jusqu'au bûcher. Durant tout le Moyen Âge, l'homosexualité, considérée comme une hérésie, est combattue, notamment par l'Inquisition, sous le nom de bougrerie ; réciproquement, certains hérétiques, tels les Cathares sont accusés de bougrerie, au prétexte que leurs prêcheurs vont par deux de même sexe.
Tortures infligées aux homosexuels durant l'Inquisition (Lois édictées en 1260 à Orléans) :
| Pour les femmes | Pour les hommes | |
| 1re fois | Excision du clitoris | Excision des testicules |
| 2e fois | Excision des seins | Excision du pénis |
| 3e fois | Bûcher | Bûcher |
Les Lumières
- Montesquieu, puis Voltaire et Beccaria se sont interrogés sur la sévérité de la peine mais ne semblent pas avoir contesté un caractère anormal à l’homosexualité.
- Jeremy Bentham, dans des écrits non publiés de son temps, suit une argumentation utilitariste et en défend une dépénalisation.
- En 1791, la France est le premier pays à décriminaliser, et définitivement, l'homosexualité au nom des principes pénalistes classiques, la Constitutante ne retient pas le « crime de sodomie » dans le code pénal. Le Code pénal de Napoléon en 1810 ne revient pas sur ce principe et influencera de nombreuses législations européennes au XIXe siècle.
- En Angleterre, la peine de mort pour cette raison n’est plus appliquée à partir de 1836. En 1861, une loi condamne l’homosexualité d’une peine de 10 ans de prison.
- Le terme homosexualité est employé pour la première dois par le psychiatre hongrois Kertbeny
Persécutions nazies
Le nazisme a entretenu des relations ambiguës avec l'homosexualité. Aux premières heures du mouvement, le culte de la virilité, de l'homme nouveau était teinté de machisme et d'homo-érotisme. Les SA, par la voix d'Hans Blücher -un proche de l'organisation paramilitaire- et l'exemple d'Ernst Röhm qui était ouvertement homosexuel, furent plutôt favorable à l'homosexualité. Néanmoins les sections d'assauts furent balayées avec la nuit des longs couteaux et l'année qui suivit, en 1935, le régime durcit la législation envers les homosexuels (modification du § 175 du Code pénal allemand).
Au sein du Reich de très nombreux homosexuels furent déportés vers les camps de concentration. Les prisonniers homosexuels masculins étaient marqués d’un triangle rose, d’une grandeur supérieure aux autres triangles classificatoires pour permettre de les stigmatiser particulièrement. C'est pourquoi le triangle rose est aujourd’hui utilisé comme un symbole d’identité gay. Les lesbiennes furent aussi traquées par la Gestapo et déportés en tant qu'asociaux malgré l'absence de pénalisation du lesbianisme. Bien qu’aucune campagne spécifique d’extermination n’ait été entreprise contre les homosexuels comparable à la Solution finale contre les Juifs, plusieurs chefs nazis exprimèrent des sentiments appelant à leur élimination (de nombreux homosexuels ont tout de même été emmenés en camps pour ce seul motif), et les homosexuels étaient souvent ciblés pour des barbaries extraordinaires dans les camps de concentration. Le calvaire des homosexuels sous les Nazis ne fut guère reconnu ni compensé financièrement jusqu’à nos jours, mais quelques commémorations officielles ont eu lieu dès lors, dont le Homomonument à Amsterdam et un projet de monument à Berlin.
Aucune étude historique de fond n’ayant à ce jour été publiée, les chiffres des plus négationnistes (0) aux plus fantaisistes (plusieurs millions) circulent sur le nombre de victimes homosexuelles tant déportées qu’assassinées durant la période nazie en Allemagne puis durant la Seconde Guerre mondiale. Les travaux sur bases des condamnations « légales » suggèrent 10 000 victimes :
« Moins de dix survivants homosexuels ayant témoignés sont connus jusqu’à ce jour. ... Franck Rector fait un tour d’horizon des statistiques. Estimant de 10 000 à 1 million de victimes, il choisit néanmoins le nombre de 500 000. Pour lui, si les estimés de Himmler sur le nombre total d’homosexuels masculins en Allemagne étaient de 2 millions, il procède au calcul selon une simple statistique. 25% des homosexuels d’Allemagne, de Hollande et de la France est donc, selon lui, une statistique valable. Heinz Heger, au milieu des années 70, estimait le génocide à 50 000 victimes. Ses données sont fondées sur un estimé des condamnations légales. Il ne tient donc pas compte des victimes sans procès. Un autre estimé vient de l’Église de la confession d’Augsbourg d’Autriche. Cet estimé est de 220 000. Cependant, les méthodes de calcul de cet estimé sont fortement critiquées par d’autres historiens. Richard Plant, quant à lui, estime, que de 1933 à 1944, « 50 000 à 63 000, dont 4000 mineurs et 6 lesbiennes »(!) meurent des mauvais traitements des camps nazis. Finalement, les ouvrages généraux sur les persécutions nazis - lorsqu’ils discutent du traitement des homosexuels - estiment pour la plupart le nombre de victimes homosexuelles à 10 000. Ce nombre est basé sur une compilation des condamnations officielles du régime nazi sous le paragraphe 175. »
- in: Lloyd Eden Keays, La persécution de groupes minoritaires sous le régime Nazi, Université de Laval, 1996, pp 6,15-16. (http://www.keays.ca/etude/index.html)
Voir aussi : système de marquage nazi des prisonniers
En France la situation fut contrastée. Dans les territoires annexés (Alsace et Moselle) intégrés au Reich et donc soumis au Code pénal allemand, les homosexuels furent déportés. Mais en zone occupée, comme dans la France de Vichy, les homosexuels ne furent pas déportés. Certains même collaboreront avec l'Allemagne nazie: Robert Brasillach écrivain anti-sémite, Abel Bonnard ministre de la jeunesse du gouvernement Laval surnommé par un colibet homophobe: "Gestapette". Néanmoins, en 1942, le régime de Vichy introduit dans le Code pénal une discrimination, rompant la tradition française d'égalité des homosexuels et hétérosexuels : l'article 331-1 du Code pénal fait un délit de l'acte consistant à avoir des relations homosexuelles avec un mineur (moins de 21 ans), au lieu de 15 ans pour les hétérosexuels. Les ordonnances du gouvernement du Général de Gaulle en 1945 confirment cette disposition.
Évolution des mentalités depuis 1945
Homosexualité et Psychologie
Selon Freud, l’homosexualité était un trouble - la perversion du modèle de maturation psychique qu’est l’Œdipe; il avait toutefois dit qu’il n’y a pas à en avoir honte et qu’un homosexuel heureux n’a pas besoin de guérison.
En 1973, l’American Psychological Association retire l’homosexualité en tant que telle de sa liste de maladies DSM-IV. Ce n’est pas sans polémique, les uns dénonçant des motivations politiques et non-scientifiques, les autres rétorquant qu'elle était dans la liste pour des raisons non-scientifiques, voire biaisées, dès le début.
La situation est aujourd’hui moins polémique qu’à l’époque. Aucune organisation psychiatrique ou psychologique majeure d’Occident ne considère l’homosexualité comme étant une maladie ni un sujet d’intervention en tant que tel. Au contraire, beaucoup d’entre elles dénoncent fermement tout essai de changement d’orientations sexuelle comme étant dangereux, non-nécessaire et inefficace. Le consensus dans la communauté psychiatrique et psychologique est que l’homosexualité est soit innée, soit apparaît très tôt dans la vie (sans pour autant être sûr de l’origine précise de l’orientation sexuelle), et est immuable (bien que la compréhension de son orientation sexuelle puisse évoluer au cours de sa vie.)
Évolution des législations
- En 1960, en France une autre loi introduit une discrimination pénale : la loi du 25 novembre 1960 (créant l'alinéa 2 de l'article 330 du code pénal) double la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s'agissait de rapports homosexuels (cette loi a été supprimé par la loi du 23 décembre 1980)
- En 1962, l’Illinois devient le premier État américain à décriminaliser la sodomie.
- En 1967, le Royaume-Uni décriminalise la sodomie.
- En 1969, l'Allemagne de l'Ouest fait de même.
- 1960-1970 : le bill Omnibus du ministre de la justice du Canada, Pierre Elliott Trudeau, décriminalise la sodomie entre adultes consentants. « L'État n'a pas à s'immicer dans la chambre à coucher » avait déclaré le ministre qui deviendra quelques mois plus tard Premier ministre du Canada.
- En 1977 : La Charte des droits et libertés de la personne du Québec est amendée. Désormais, il est interdit de faire de la discrimination basée sur l'orientation sexuelle.
- En 1982, la loi du 4 août 1982 dépénalise définitivement l'homosexualité en France.
- En 1990, l’Organisation mondiale de la santé supprime l’homosexualité de la liste des maladies mentales, mettant fin à plus d’un siècle d’homophobie médicale
- En 1995, le Canada reconnaît la discrimination envers les homosexuels comme étant anticonstitutionnelle.
- En 2001, les Pays-Bas reconnaissent le mariage homosexuel.
- En février 2003, la Belgique reconnait le mariage homosexuel, et la Cour suprême américaine abolit les lois toujours en vigueur contre les pratiques sexuelles homosexuelles.
- Jusqu’à 2004, deux pays, sept provinces et un territoire canadiens, et un État américain reconnaissent légalement le mariage homosexuel.
- 30 décembre 2004 : instauration en France de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité, en charge de lutter - entre autre - contre l'homophobie, et pénalisation des propos homophobes.
- Le 21 avril 2005, les députés espagnols ont voté en faveur de la législation autorisant le mariage entre personnes du même sexe.
- Le 17 mai 2005, la première journée mondiale de lutte contre l'homophobie a lieu dans 40 pays.
- Le 5 juin 2005, le peuple suisse accepte par référendum la Loi fédérale du 18 juin 2004 sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe (LPart).
- En juin 2005, le projet de loi sur l'adoption par les homosexuels est en discussion en commission parlementaire en Belgique.
Laws_on_homosexuality.PNG
Divers
Relations avec la religion
David_and_Jonathan.jpg
Beaucoup de groupes religieux estiment que l’homosexualité est un péché. (« Même les bêtes ne s’abaissent pas à de pareilles pratiques », dit le primat anglican Peter Akinola, ce qui est d’ailleurs faux). Certains groupes (notamment religieux, et certaines associations de psychologues comme le N.A.R.T.H.) assimilent l’homosexualité à la pédérastie. L’homosexualité a ainsi longtemps été interdite et sévèrement punie dans de nombreux pays, soit en raison de l’orientation sexuelle elle-même, soit pour les pratiques qui peuvent en découler (pénétration anale, pénétration orale ou masturbation) sans qu’elles soient nécessairement propres aux homosexuels. Certains pensent que seul le passage à l’acte serait un péché alors que la tentation homosexuelle en elle-même ne le serait pas. Les plus radicaux voient dans l’homosexualité un vice dangereux pour la société et s’opposent fermement à sa banalisation comme une forme normale de sexualité.
Certains groupes mormons cherchant à « guérir » l’homosexualité utilisent des méthodes de conditionnement pavloviens sur des homosexuels en associant des images à des décharges électriques.
Il existe cependant de nombreuses associations homosexuelles se revendiquant d’une religion et qui souvent aident les croyants à vivre sereinement leur homosexualité en leur montrant qu’elle n’est pas incompatible avec leurs croyances.
Christianisme et homosexualité
La Bible est très explicite en ce qui concerne la condamnation de l’homosexualité. Il est toutefois important de noter qu’il existe de nombreux courants religieux et que tous ne reconnaissent pas l’ensemble de la Bible comme la loi de Dieu (par exemple l’Ancien Testament - loi de Moïse - n'est plus censé être appliqué de nos jours selon les Catholiques). Il existe également différentes interprétations des textes.
Quelles que soient ces interprétations, il est clair que la Bible condamne toute relation sexuelle n’ayant pas pour objectif la procréation (contrairement au Coran). L’homosexualité ne peut donc pas être acceptée par des religions bibliques, d’autant que l’homosexualité se pratique nécessairement hors des liens du mariage (dans le sens religieux du terme) et que toute relation sexuelle hors mariage est considérée comme un péché.
Voir l'article détaillé : Christianisme et homosexualité
Islam et homosexualité
Le thème de l'homosexualité est principalement abordé dans le Coran par l’histoire de Lot qui apporte une condamnation claire. Bien que le châtiment de Dieu soit le même (la destruction de la ville), les termes employés pour qualifier les habitants sont cependant moins forts que ceux utilisés dans la Bible.
La charia, loi d'inspiration islamique, condamne très sérieusement l'homosexualité, puisque la récidive peut entraîner la peine de mort. C'est le cas en Arabie saoudite, en Algérie, au Bahreïn, au Bangladesh, en Bosnie, en Iran, en Jordanie, au Kazakhstan, au Kyrgyzstan, au Koweït, au Liban, en Libye, en Malaisie, en Mauritanie, au Maroc, à Oman, au Pakistan, au Qatar, au Soudan, en Syrie, au Tadjikistan, en Tunisie, au Turkménistan, aux Émirats arabes unis et au Yémen. L'islam a également une influence significative et croissante au Sénégal, au Nigeria, au Tchad, en Somalie et dans les Philippines méridionales.
Voir l'article détaillé : Islam et homosexualité
Judaïsme et homosexualité
Rédiger une introduction
Voir l'article détaillé : Judaïsme et homosexualité
Bouddhisme et homosexualité
Le bouddhisme ne s’intéresse généralement pas aux questions liées à la sexualité comme à toute autre question relevant de la sphère intime. Les seules règles existantes sont celles concernant les religieux bouddhistes. Dans ce cas l’homosexualité est proscrite au même titre que l’hétérosexualité.
Dans la religion bouddhiste, la règle est le respect de tous et de toutes les différences (dans les limites de la condamnation des violences et actes forcés). Il est également question de compassion (ce terme étant parfois considéré en soi comme un jugement homophobe).
Le bouddhisme a généralement comme attitude de respecter les cultures et les religions d’autrui. Ce qui implique que les idées défendues par les bouddhistes peuvent différer d'une culture à l'autre et que l'on trouve des auteurs bouddhistes qui condamnent l’homosexualité. Une intervention particulièrement remarquée est celle du Dalaï Lama dans une interview donnée au magazine français Le Point du 22 mars 2001. Le dalaï-lama considère l’homosexualité comme une mauvaise conduite sexuelle. Il indique en outre que tout acte sexuel ne visant pas la procréation n’est pas acceptable d’un point de vue bouddhiste (fellation, sodomie, et même la masturbation).
Voir l'article détaillé : Bouddhisme et homosexualité
L'homosexualité aujourd'hui
Banalisation
Dans plusieurs pays, l’homosexualité serait simplement considérée comme une forme banale de sexualité n’ayant pas à faire l’objet de stigmatisation particulière, certains reconnaissant officiellement la possibilité de mariage homosexuel. Certains affirment que l’homosexualité correspond à une tendance naturelle chez l’être humain, même hétérosexuel, à être attiré par des individus de même sexe. L’expression de cette attirance serait un facteur important de l’équilibre du comportement sexuel. Les comportements homosexuels observés (tout comme les comportements hétérosexuels) chez nombre d’enfants et d’adolescents constitueraient également une étape fondamentale de la différenciation sexuelle et de l’émergence du sentiment d’appartenance au sexe féminin ou masculin.
Discriminations
Encore de nos jours, les homosexuels subissent souvent une discrimination, nommée fréquemment homophobie, parfois très lourde, au point que la première cause de suicide chez les jeunes est la souffrance ressentie à cause de l’exclusion due à l’homosexualité. D’autres estiment que le terme d'homophobie, dont l’étymologie est contestable (voir l’article qui lui est consacré) constitue plutôt un terme utilisé par les associations homosexuelles pour censurer toute critique de l’homosexualité. Le terme homophobie peut donc sembler politiquement campé et ne pas être une définition officielle en psychologie. Il est plutôt à rapprocher de termes comme racisme, sexisme, antisémitisme et tous les termes désignant une discrimination ou une forme de violence fondée sur l’appartenance à un groupe. Les agressions homophobes vont ainsi de l’insulte à la barbarie, voire au meurtre. (En France, voir notamment l’immolation criminelle de Sébastien Nouchet en 2004 ; aux États-Unis, le meurtre avec actes de barbarie sur Matthew Shepard en 1998 dans le Wyoming.)
Il est aussi notable que dans le vocabulaire des injures, celles-ci sont souvent misogynes ou homophobes : de fait, l’homosexuel se développant dans une société qui le promeut — comme un certain nombre de pays occidentaux — n’est pas assuré d’être respecté.
Encore il y a peu, les femmes homosexuelles etaient parfois excisées aux États-Unis, ce qui etait censé les « guérir ».
Le rejet violent de l’homosexualité (ou des homosexuels) par les sociétés vient souvent d’un amalgame entre l’homosexualité, la pédérastie et, par extension, la pédophilie.
Il est également à l’origine de l’argument homophobe de « l’homosexuel détruisant le modèle familial », et par raccourci la famille tout court, ce qui conduit naturellement au rejet du mariage homosexuel et de la reconnaissance juridique de l’homoparentalité. L’homosexuel n’étant en effet aucunement stérile, de nombreux enfants sont élevés par des couples homosexuels. Ces enfants sont les fruits d’adoptions, des différentes méthodes de procréation assistée, parfois d’une insémination artisanale, ou plus simplement d’une relation hétérosexuelle antérieure.
Initié par Louis Georges TIN, auteur du « Dictionnaire de l'homophobie », le 17 mai est la date de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Cette date a été choisie pour célébrer l'anniversaire du retrait de l'homosexualité des maladies mentales par l'Organisation mondiale de la santé en 1990. La première édition de cette journée a eu lieu en 2005 et a été relayée dans 40 pays différents.
Enfin il explique le rapprochement entre les communautés homosexuelles et transsexuelles, bien que l'identité de genre n'ait pas de rapport nécessaire avec l'orientation sexuelle.
Revendications
Rédiger une introduction
L'homosexualité dans l'art
Rédiger une introduction
Les lois homophobes en France
Sans doute à séparer de l'article pour l'alléger. Créer l'article Évolution des législations traitant d'homosexualité en France
Depuis la Révolution française (par la loi du 25 septembre-6 octobre 1791) le crime de sodomie (i.e., rapports homosexuels en privé entre adultes consentants) n'existe pas en France. En outre, il faut attendre jusqu'au régime de Vichy pour voir des textes juridiques français faire mention explicite de l'homosexualité. La loi du 6 août 1942 (signé par le Maréchal Pétain) a ajouté l'alinéa suivant à l'article 334 du code pénal :
- « Sera puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 2 000 francs à 6 000 francs quiconque aura soit pour satisfaire les passions d'autrui, excité, favorisé ou facilité habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l'un ou de l'autre sexe au-dessous de vingt et un ans, soit pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans.» (Journal officiel, 6 août 1942)
Cette loi créera une distinction explicite entre rapports homosexuels et hétérosexuels s'agissant d'actes sexuels avec un mineur (21 ans pour les rapports homosexuels et 15 ans pour les rapports hétérosexuels), car l'âge de majorité sexuelle pour les rapports hétérosexuels sera fixé à 15 ans par une ordonnance du 2 juillet 1945. Après la Libération, cet alinéa n'a pas été abrogé comme ce fut le cas pour un grand nombre de lois signées sous Vichy. À peine modifié, ce paragraphe a été seulement déplacé à l'alinéa 3 de l'article 331 du code pénal par l'ordonnance 45-190 du 8 février 1945. Cette nouvelle loi punissait :
- « ...d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 60 francs à 15 000 francs quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans.» (Journal officiel, 8 février 1945)
En 1974, l'âge de majorité sexuelle pour les rapports homosexuels a été abaissé à 18 ans (avec la loi du 5 juillet 1974, qui a changé l'âge de majorité de 21 ans à 18 ans dans tous les articles du code civil et du code pénal). Avec cette modification, l'alinéa 2 de l'article 331 est resté dans le code pénal jusqu'au 4 août 1982 (Journal officiel, 5 août 1982).
En outre, il n'y a eu que deux lois à faire une mention explicite à l'homosexualité en France depuis la Révolution. Il y a eu donc l'article 331 décrit ci-dessus, mais aussi la loi du 25 novembre 1960 (créant l'alinéa 2 de l'article 330 du code pénal) qui a doublé la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s'agissait de rapports homosexuels (cette loi a été supprimé par la loi du 23 décembre 1980). L'article 331 a été cependant beaucoup plus important que l'article 330, non seulement par sa durée (40 ans pour l'article 331, 20 ans pour l'article 330), mais aussi par sa valeur symbolique (les débats écrits, les discours et les manifestations politiques autour de l'article 331 ont tous été beaucoup plus nombreux que ceux autour de l'article 330)
Par la loi du 30 décembre 2004 instaurant la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (dit HALDE), « Seront pénalisé de façon quasi identiques les provocations à la haine ou à la discrimination, l’injure ou la diffamation, concernant le racisme, l’homophobie le sexisme, et l’handiphobie.. « Les associations de plus de 5 ans d’existence déclarée pourront se porter partie civile aux côtés des victimes.» La loi du 30 décembre 2004 concernait les propos publics (dans les médias audiovisuels : presse, livres, télé) ; mais les autres, l’agression verbale dans la rue ou sur le lieu de travail restaient peu punies. C’est fini, par le décret du 25 mars 2005, publié au J.O. ce 29 mars, ces types d’agressions non publiques feront désormais l’objet d’une contravention nettement plus sévère qu’une simple injure (concerne aussi les propos sexistes et handiphobes).
Voir aussi
Articles connexes
- hétérosexualité
- bisexualité
- homosexualité dans l'Antiquité
- sexualité
- homosexualité et religion et christianisme et homosexualité
- mariage homosexuel
- homoparentalité
- homosexualité dans la littérature
- homosexualité en musique
- homosexualité au cinéma
- homosexualité à la télévision
- homosexuels célèbres
- homophobie
- agression homophobe
- persécution des homosexuels
- discrimination
- gay
- centre gay et lesbien (CGL)
- metrosexuel
- féminisme
- troubles de l'identité sexuelle
- mouvement de libération gaie
- rae rae
Liens externes
- Histoire des homosexualités en Europe
- Droit lié à l'homosexualité en Europe
- Forum de discussion sur l'homosexualité
- Projet Androphile, l'histoire mondiale de l'amour au masculin.
- bibliographie
- (it) Journal italien sur l'homosexualité
- Portail associatif gay français : articles, forums, liens...
- Site sur les persécutions des homosexuels sous le régime nazi
- Article de la FNDIRP traitant des persécutions des homosexuels sous le régime nazi
