Impôt

Un impôt est un prélèvement effectué par voie d'autorité et destiné à alimenter le budget d'une collectivité, notamment, état, province, région, département, commune. Il est également utilisé pour mener une politique de redistribution des richesses.

Gaston Jeze a défini dans la première moitié du XXe siècle l'impôt de la manière suivante :

L'impôt est une prestation pécuniaire prélevée régulièrement par voie d'autorité, et sans contrepartie directe en vue de couvrir les charges publiques.

L'existence, la répartition et le type des prélèvements est spécifique à chaque pays. Les impôts et taxes propres à la France sont décrits dans l'article Système fiscal français. Dans les pays démocratiques, le montant de l'impôt et les modalités de perception sont votés par le parlement, qui assure aussi le contrôle de son utilisation.

Il existe plusieurs types d'impôts, différenciés par la manière dont ils sont perçus (ou collectés), selon les personnes auxquelles ils s'appliquent ou selon le budget auquel ils contribuent ; par exemple :

Sommaire

Utilisation et politique des impôts

Les impôts servent ainsi d'une part à alimenter le budget de fonctionnement des institutions, à payer les personnes qu'elles emploient (fonctionnaires), à assurer les fonctions régaliennes (police, justice, défense...), des missions de service public (éducation, soutien à la culture, infrastructures de transport, énergie...), et d'autre part à en redistribuer une partie sous forme d'aides diverses aux plus défavorisés et à ceux que le régime veut favoriser. Il s'agit donc d'un outil de redistribution des richesses et d'orientation politique.

En tant qu'outil au service de la politique, l'impôt sert souvent à financer des projets, des axes d'action ou bien au contraire pour décourager des comportements jugés nuisibles à la collectivité (par exemple avec des taxes sur les activités polluantes).

Ainsi, pour des raisons purement politiques, un impôt d'un rendement médiocre pourra par exemple être maintenu car véhiculant l'image d'une certaine solidarité entre contribuables, et à l'inverse un autre, bien que rémunérateur, pourra être réduit voire supprimé en raison de sa perception injuste, liée à son mode de prélèvement.

Concernant la redistribution des richesse, en France en 20041 :

Outre l'aspect humain et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme (la sécurité sociale est inscrite dans son article 22 et s'impose donc aux États signataires), cette redistribution présente plusieurs intérêt sociaux et économique. En assurant des moyens de subsistance aux personnes les plus démunies, elle permet une paix social et donc une sécurité publique (ainsi qu'un fonctionnement serein des entreprises) d'une part, et d'autre part, cet argent est dépensé et donc réinjecté dans le circuit économique. Au final, cette répartition profite à toute la population.

Un adage à propos des impôts :

Trop d'impôts tue l'impôt.

Cette formule a été théorisé par Arthur Laffer, économiste américain qui est l'auteur de la loi dite de la courbe de Laffer qui monte les rentrées fiscales en fonction du taux d'imposition, mais dont le tracé ne comporte que deux points certains : les rentrées fiscales sont nulles quand le taux d'imposition vaut 0 ou 100 % ; entre ces deux points extrêmes et théoriques, il existerait un seuil optimum au voisinage duquel toute augmentation ou diminution de l'impôt fait baisser les recettes. Si l'existence d'un tel point ne fait pas de doute pour des raisons logiques, son unicité n'est toutefois pas démontrée.

Lorsque la pression fiscale augmente trop, les acteurs économiques cherchent des moyens de la réduire :

Voir l'article de fond : Politique fiscale

Sources

  1. Bernard Maris, déclaration sur France Inter, 19 novembre 2004

Historique

Il ne faut pas confondre l'impôt avec les formes archaîques de financement de l'État telles que les razzias ou les pillages. De plus avant la mise en place d'un impôt stable, la couronne se finançait en grande partie sur les revenus de ce qu'on appelait le domaine royal. Mais cela est très vite devenu insuffisant.

La taille, au XIVe siècle est l'un des plus anciens impôts en numéraire prélevé par la monarchie. Elle a remplacé le fouage.

Selon certains, l'impôt était aussi une manière de diminuer le revenu des paysans utilisé de manière stratégique par le seigneur, avec l'argment suivant : si chacun avait pu vivre près de ses proches du revenu de son travail, sans doute ne se serait-il pas trouvé beaucoup de volontaires pour aller risquer loin de ceux qu'ils aimaient leur vie ou leur intégrité physique au service des armées du roi. L'impôt rendait cette attitude simple plus difficile à adopter en prélevant une partie de ce revenu, ce qui contribuait du même coup à financer les armées en question.

Il se payait auparavant beaucoup d'impôts en nature, soit parts de récolte (dîme, champart), soit en travaux (corvées).

Les fermiers généraux prenaient à ferme le prélèvement des impôts sous l'Ancien Régime, c'est-à-dire que l'État se déchargeait de cette tâche sur des entrepreneurs spécialisés, qui lui avançaient le montant de l'impôt à percevoir pour se rembourser ensuite sur les imposables.

Après la Révolution française, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 stipule dans son article XIII:

« Pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »

Par la suite dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 l'article 20 dit:

« Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte. »

Voir l'article de fond : Histoire de l'impôt

Classification des impôts

Les impôts peuvent être classés de différentes manières. Les exemples d'impôts donnés sont des noms d'impôts français.

Sous l'angle administratif

Sous l'angle économique

On distingue deux types de classification économique.

Sous l'angle des techniques de taxation

Cela ouvre une série de plusieurs choix de classification :

La taxe à l'essieu des années 1960 a longtemps été citée comme modèle de vérité des prix : un camion usant les routes proportionnellement à la cinquième puissance de son poids par essieu, la taxe était proportionnelle aussi à cette cinquième puissance. Pour des raisons d'uniformisation européenne, ce n'est plus le cas aujourd'hui et la taxe n'est donc plus proportionnelle à cette usure.

Voir aussi

Liens externes

Liens internes


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See also: Impôt, 19 novembre, 2004, Années 1960, Attac, Bernard Maris, Bien