Institut national des langues et civilisations orientales


Langues'O (ou Langzo) est le nom donné par des générations d’étudiants à l’École (spéciale, puis royale, puis impériale, puis nationale) des Langues orientales (vivantes) de Paris, même si son nom officiel est, depuis 1971, Institut national des langues et civilisations orientales (acronyme : INALCO). C’est un établissement français d’enseignement supérieur et de recherche, sont le siège principal est à Paris (7e arrondissement), chargé d’enseigner les langues et civilisations autres que celles originaires d’Europe occidentale. Son déménagement est prévu dans le 13e arrondissement.

Sommaire

Présentation générale

Dès leur origine les Langues'O se sont vu confier une mission qui les singularisait face aux autres établissements d’enseignement supérieur : il ne s’agit pas de se contenter d’une approche purement universitaire ou académique des autres langues, des autres peuples, des autres cultures. Leur but essentiel est de connaître, au sens premier du terme, les autres, tous les autres, nos interlocuteurs. Les Langues'O sont les témoins actifs de la richesse et de la diversité des peuples du monde. Reconnaissant une même valeur à toutes ces langues et à toutes ces cultures, l’INALCO témoigne de la respectabilité de tous ceux qui les parlent et les vivent.

Histoire de l’École des Langues orientales (Paris)

Des origines en 1669

L'École spéciale des Langues orientales a été créée, notamment sous l’impulsion de Lakanal, par la Convention nationale (décret-loi du 10 germinal an III / 30 mars 1795). Dans le même mouvement étaient créées l’École normale supérieure le 9 brumaire an III (30 octobre 1794) et l’École polytechnique le 7 vendémiaire an III.

Elle a ouvert ses portes dans l’enceinte de la Bibliothèque nationale à Paris rue Neuve-des-Petits-Champs, avec pour mission d’enseigner des langues orientales vivantes « d’une utilité reconnue pour la politique et le commerce ». Les premières langues enseignées furent l’arabe « littéraire et vulgaire », le turc et le tatar de Crimée, le persan et le malais.

Elle s’agrandit régulièrement au cours du XIXe siècle, ajoutant des langues nouvelles et incorporant l’École des Jeunes de langues instituée par Colbert en 1669 pour former des interprètes pour les langues du Levant.

En 1874, l’École s’installe dans un hôtel particulier situé au coin de la Rue des Saints-Pères et de la Rue de Lille.

En 1914, l’École devient École nationale des langues orientales vivantes (ENLOV) et reçoit un statut particulier qui restera en vigueur jusqu’en 1968, année où le mouvement étudiant amène à intégrer l’établissement dans le secteur universitaire en tant que Centre universitaire des langues orientales vivantes. Ce « CULOV » ne garde heureusement pas longtemps ce nom mal venu et devient par décret du 3 février 1971 l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), rattaché jusqu’en 1984 à l’université de la Sorbonne nouvelle (Paris III).

Les différents départements entassés au 2 rue de Lille sont alors dispersés « provisoirement » dans divers centres universitaires périphériques : Dauphine, Asnières, Clichy ou dans des locaux loués à Paris : Quai Voltaire, Censier, rue Broca, rue Riquet. Des langues nouvelles s’ajoutent aux autres et les activités de recherche se développent. Des départements interdisciplinaires se multiplient, comme le centre de préparation aux échanges internationaux (commerce international), la filière de hautes études internationales (HEI), la filière communication et formation interculturelle, le traitement automatique des langues et l’ingénierie multilingue, etc.

Dans les années 1972-1975, le regroupement en un site unique (Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée) et la transformation envisagée de l’institut en université internationale du langage et de la communication (UNILCO) n’aboutissent pas malgré l’aspect précurseur du projet défendu par René Sieffert et François de Labriolle.

Depuis 1985, l’INALCO a un statut particulier de grand établissement à caractère scientifique, culturel et professionnel (comme l'IEP de Paris par exemple) sous tutelle du ministère de l’éducation nationale et de la recherche. Il a pour vocation d’enseigner les langues de l’Europe centrale et orientale, de l’Asie, de l’Océanie, de l’Afrique et des populations aborigènes de l’Amérique, ainsi que la géographie, l’histoire, les institutions, la vie politique, économique et sociale des pays concernés (décret statutaire n° 90-414 du 14 mai 1990 reprenant le décret n° 71-98 du 3 février 1971).

Dans les années 1990, d'autres projets de regroupement n'aboutissent pas (le plus avancé étant à l'École normale supérieure de jeunes filles du boulevard Jourdan).

C'est finalement dans la ZAC Paris Rive Gauche « carré Tolbiac » dans un terrain situé au sud de la future avenue de France, que sera implanté l'INALCO, avec la bibliothèque des Langues orientales, dans le cadre d'un pôle « langues et civilisations », que partagera l'université Paris VII. Le choix architectural a été fait début 2005.

Les administrateurs, puis présidents de Langues'O

Par décret du Président de la République en date du 3 mars 2005, Jacques Legrand, professeur des universités, est nommé en qualité de président de l’INALCO à compter du 9 mars 2005, pour une durée de quatre ans.

Les composantes

Départements de formation et de recherche (état actuel)

Départements de l’INALCO (état en 1971)

Filières spécialisées

Les enseignements

Liste des langues enseignées à l’INALCO en 2005

Au total, environ 90 langues et civilisations sont enseignées ; pour certaines d’entre elles seul un cursus partiel est assuré. À cela s’ajoute un enseignement à vocation professionnelle au sein des filières.

Diplômes préparés

Les diplômes traditionnels et de premier cycle

Avant 1971, il existait un seul diplôme d'élève breveté de l’Ecole nationale des langues orientales vivantes pour la langue XXXX diplôme spécifique à l’ENLOV préparé en principe en trois ans délivré par le ministre de l’éducation nationale. Néanmoins, dès 1966, l’Ecole avait été habilitée à préparer au doctorat de 3e cycle, accessible aux titulaires de ce diplôme.

A partir de 1972, le diplôme de l’Institut national des langues et civilisations orientales est réorganisé en 20 unités de valeur (60 à 80 % d’UV de langue, 20 à 40 % d’UV de « civilisation », jusqu’à 20 % d’UV « libres » pouvant être prises en dehors de la spécialité principale. Il reçoit la dénomination de DULCO (diplôme unilingue de langue et civilisation orientale) quand 12 des UV au moins relèvent d’une seule langue et diplôme bilingue (avec majeure et mineure ou avec deux langues à égalité) si le nombre d’UV d’une langue est inférieur à 11 (à condition que 5 UV au moins aient été acquis dans une autre langue, dans une combinaison « logique »). Ces diplômes bilingues n’existent plus, comme les certificats de langue et civilisation (CLC) délivrés après réussite aux examens de deux années (8 UV de langue et 2 UV de civilisation), sauf pour les langues au cursus incomplet. Les UV sont désormais dénommées EP (éléments pédagogiques).

Le DULCO donne accès directement au second cycle (licence nationale) dans d’autres établissements (et évidemment au diplôme supérieur de l’INALCO) et est plus ou moins assimilé au DEUG; selon les langues, ce diplôme se prépare en deux ou en trois ans (dans ce dernier cas, les étudiants ayant déjà une certaine connaissance de la langue peuvent suivre en parallèle les cours des deux premières années).

Second cycle classique

Un diplôme supérieur, puis un diplôme de recherche et d’études appliquées, diplômes propres à l’établissement, sont créés dans la foulée pour le « second cycle ». Sous certaines conditions, le diplôme supérieur se transforme en licence et le DREA en maîtrise, diplômes nationaux.

Tous les enseignements de second cycle sont organisés en semestres et en UE (unités d’enseignement).

Première année de 2e cycle (licence et diplôme supérieur de l’INALCO)

Deuxième année de 2e cycle (maîtrise et DREA)

Diplômes professionnalisés de 2e et 3e cycles

Études doctorales

Depuis la création du nouveau doctorat, l’INALCO est habilité à préparer ce diplôme, d’abord en partenariat avec l’université de Paris III, puis seul.

Depuis 1995, il délivre des habilitations à diriger des recherches.

Liste complète des diplômes

Le site de l’INALCO donne la liste des diplômes délivrés actuellement dans chacune des langues (qui sont loin d’offrir toutes la gamme complète) : Liste des diplômes par langue sur http://www.inalco.fr.

L'INALCO se prépare par ailleurs à entrer dans le système européen du processus Sorbonne-Bologne et à préparer à des licences, masters et doctorats (LMD) définis par ce nouveau régime, tout en gardant probablement des diplômes spécifiques en premier cycle.

La recherche

Page officielle sur la recherche à l'INALCO

La bibliothèque interuniversitaire des Langues orientales

La bibliothèque de l'École des langues orientales est indépendante de l'administration de l'INALCO et a un statut interuniversitaire, tout en étant rattachée à l'Université de la Sorbonne nouvelle (Paris III). Ses collections recouvrent à la fois une vaste aire géographique (Proche et Moyen-Orient, Asie, Afrique, Océanie, Europe centrale et orientale) et de larges domaines des sciences humaines, à commencer par la linguistique, la littérature, l'ethnologie, mais aussi les sciences politiques, l'histoire, la géographie. Elle rassemble quelque 550 000 volumes et 9 600 titres de périodiques (vivants ou morts), en plus de 100 langues, parfois absentes de toute autre bibliothèque en France (exemple : l'important fonds ourdou, unique). On compte notamment environ 130 000 documents anciens, rares ou précieux du XIVe au XIXe siècle, avec des incunables et des unica. On peut relever les collections de xylographies et d’estampes japonaises, des ouvrages arabes et persans, des fonds turcs et coréens exceptionnels en Europe Des manuscrits (arabes, turcs, hébraïques, persans, des liasses chinoises) méritent également l’attention. Les ouvrages contemporains ne sont pas négligés : les collections moyen-orientales, chinoises, japonaises, slaves, d’Asie du Sud et du Sud-Est et les collections en langues occidentales permettent d’appréhender plus largement l’ensemble des zones géographiques et des civilisations qu’elles recouvrent. Depuis 1994, la bibliothèque interuniversitaire des Langues orientales est le siège du « Pôle associé des Langues orientales » de la Bibliothèque nationale de France (pour le hindi, l’ourdou, le bengali, le thaï, le birman, le tibétain) ce qui témoigne de la rareté et de la qualité de ses fonds. L’enrichissement se poursuit régulièrement par achats, dons, échanges. L’un des principaux problèmes est lié aux conditions de stockage et d’accès aux titres qui ne sont plus conservés dans les lieux de consultation (rue de Lille, Dauphine, Clichy). Le regroupement des collections au sein de la bibliothèque universitaire des langues et civilisations permettra de résoudre cette difficulté.

Voir aussi

Jean-Jacques Origas

Liens

See also: Institut national des langues et civilisations orientales, 1669, 1795, 1971, 9 mars, Acronyme, Afrique, Albanais, Amharique