Inflation
On appelle inflation une hausse persistante, générale, et auto-entretenue des prix des biens et services. Elle est généralement mesurée par l’Indice des prix à la consommation (IPC).
Questions de vocabulaire
L'inflation est une hausse généralisée et persistante du niveau général des prix, se répercutant sur les anticipations des agents économiques. La stabilité des prix décrit la situation où la hausse des prix est très faible ou nulle, n’influant donc pas les décisions des agents économiques.
Déflation et désinflation sont souvent utilisés dans le vocabulaire économique, parfois par des journalistes. Or leur sens est très précis et leur mauvais usage peut prêter à confusion.
La déflation est le contraire de l'inflation. C'est donc un phénomène permanent (on dit aussi auto-entretenu) et généralisé de baisse des prix. Comme le phénomène historiquement (du moins dans la période contemporaine) le plus fréquent est bien l'inflation, on parle parfois d'une inflation négative (par exemple : inflation de -0,1%).
La désinflation, quant à elle, est une baisse du taux d'inflation. Par exemple, si pendant des années l'inflation s'est située à 10% en moyenne et que l'inflation des années suivantes baisse à 7%, puis 5%, puis 2%, on parlera de phénomène désinflatoire. Poussé plus loin, on passe à la déflation.
Comprendre l'inflation
La fonction principale de la monnaie est de permettre des transactions. Trois paramètres fixent la quantité de monnaie nécessaire :
- le nombre de transactions, directement lié à la richesse produite (si la population produit deux fois plus de richesses et a besoin de faire deux fois plus de transactions, elle a besoin de deux fois plus de monnaie, à vitesse de circulation de la monnaie constante). On mesure cela par la croissance économique.
- la vitesse de circulation de la monnaie (si elle circule deux fois plus vite, on en a besoin de deux fois moins pour faire les mêmes transactions). Ce paramètre est difficile à mesurer, et en pratique on l'agrège avec la quantité de transactions et donc la croissance.
- et bien-sûr la valeur de la monnaie (avec une monnaie deux fois mieux valorisée, on a besoin de deux fois moins d’unité monétaire pour la même transaction). C'est sur ce paramètre que joue l'inflation.
Comme la monnaie est l'étalon universel de valeur, sa valeur relative est fixe et toujours égale à un, ce qui n'apporte aucune information sur la valeur « absolue » de la monnaie. Pour contourner la difficulté et estimer la valeur de la monnaie, on utilise comme référence la valeur d’échange associé à cette même monnaie mais à une époque antérieure, et on s'intéresse à sa variation relative (un pourcentage, positif lorsque l'ancienne monnaie avait une valeur inférieure) : c'est l'inflation.
On peut aussi utiliser comme référence un bien supposé stable (c’est-à-dire un bien dont le besoin, ou la demande globale reste constant), comme l'or ou une devise étrangère réputée. L’essentiel étant de pouvoir mesurer « ce que l’on peut obtenir avec telle quantité de monnaie ».
L'inflation est donc un indicateur important pour l'économie, relié directement
- au « coût de la vie » et donc au bien-être matériel de la population ;
- à la croissance économique ;
- à la richesse relative de la zone monétaire par rapport aux autres pays, utilisateurs d'une autre monnaie (toute chose égale par ailleurs, l'inflation dévalue la monnaie, et fait donc baisser le taux de change).
L'inflation et le risque d'inflation sont deux éléments qui entrent pleinement dans les décisions des consommateurs, des dirigeants d'entreprise et des gouvernements : la possibilité de l'inflation représente un risque pour les agents économiques.
Calcul de l'inflation
Pour bien estimer la variation de la valeur de la monnaie, il faudrait suivre la totalité des transactions monétaires, les classer par type de biens, les pondérer par la quantité de monnaie échangée, etc. C'est impossible, et même une approche partielle serait trop coûteuse.
Pour mesurer l'inflation, on utilise donc un modèle réduit de l'économie, et on observe un « panier » pondéré de biens. On imagine les questions sensibles que soulève la constitution de ce panier, qu'il faut en sus faire évoluer avec précautions pour lui donner une signification stable dans le temps. On construit ainsi un indice des prix à la consommation qui permet d'apprécier la variation du coût de la vie pour les consommateurs, et donc la valeur de la monnaie dans ses aspects les plus concrets pour les citoyens.
On appelle taux d'inflation la variation en pourcentage de cet indice sur une période donnée : si le prix moyen du « panier » est passé de 100 à 102, l'inflation est de (102-100)/100 = 2/100 = 2%.
S'il y a accord à peu près général sur le principe de cette mesure, il y a des controverses permanentes sur la mise en œuvre et sur la valeur des indices :
- les biens évoluent qualitativement (exemple souvent cité : les différence technique entre une voiture d'aujourd'hui et une voiture d'une génération technique antérieure, qui remplissait les mêmes fonctions mais de façon moins sure, plus polluante et plus coûteuse) ;
- certains biens changent d'appréciation (exemple du tabac, composante importante du panier à certaines époques, et qui a été sorti lorsqu'on a commencé à prendre en compte ses dangers et à augmenter fortement son prix)
- les habitudes de consommation changent (apparition de fruits exotiques, des vélos, des automobiles, des ordinateurs, du gaz ; disparition des chapeaux, des chevaux et attelages, du charbon de chauffage).
- les habitudes de consommations sont hétérogènes (exemple du tabac, encore une fois : pour un non-fumeur, la valeur moyenne de l'argent ne tient pas compte du prix de ce produit).
D'autres problèmes concernent la pertinence du panier des biens choisis.
- en France, l'institut de recherche de la CGT (l'ISERES), avait mis au point et utilisé son propre indice des prix, plus proche du panier de biens utilisés par les classes moyennes. Devant la difficulté de la réalisation, l'expérience a été abandonnée mais le problème reste entier comme le montre régulièrement les organisations de consommateurs tel l'INC et sa revue 60 millions de consommateurs ou l'UFC et sa revue Que Choisir.
- au début du XXIe siècle, certains estiment que l'inflation a été structurellement mésestimée aux USA et au Japon pendant plusieurs dizaines d'années sur toute la fin du XXe siècle, ce qui change radicalement l'appréciation sur l'évolution économique de ces deux pays, qui sont les deux plus riches du monde : si c'est vrai, la croissance économique y aurait été plus forte d'environ 2% de plus par an que selon l'estimation officielle, ce qui est considérable. La même polémique s'exprime plus sourdement en Europe, avec toutes les conséquences sur la gestion de l'euro (si l'inflation est surestimée, alors nous sommes en fait en déflation et la banque centrale européenne devrait baisser les taux, ce qu'elle refuse de faire actuellement).
On peut distinguer deux notions concernant le niveau de consommation d’un ménage :
- Le pouvoir d’achat. Lorsque l'indice des prix baisse, le pouvoir d'achat des consommateurs augmente (on suppose un revenu stable).
- Le niveau de vie. Lorsque le revenu d’un ménage augmente, son niveau de vie augmente (on suppose ici un indice des prix stable)
Le niveau de vie représente le point de vue d’un ménage (revenu global) tandis que le pouvoir d’achat le point de vue d’un seul revenu. La distinction peut sembler toutefois très formelle, et l’on utilise couramment le terme de pouvoir d’achat pour recouvrir les deux (le pouvoir d’achat d’un ménage dépendant alors de deux facteurs, son revenu et l’indice des prix à la consommation.
Calcul théorique de l'inflation
On suppose tout d’abord qu'avec l'ensemble de l'argent en circulation de la planète, on peut acheter l'ensemble de la production en vente sur la planète. On en conclut donc que la valeur de la monnaie est égale à l’ensemble de la production divisée par la totalité de l'argent en circulation. Concrètement si dans une société le total des échanges se monte à 10 oranges, que l'argent en circulation est de 100€, alors avec 10 € on peut acheter une orange. Si le marchand s'obstine à vendre 9 € les oranges, l'argent restant ne pouvant être dépensé, il est éjecté du circuit économique et ne fait plus partie de l'argent en circulation. Mais ce calcul reste théorique car il est difficile voire impossible d'évaluer la production totale d'une société et les services (assurance, banque...) ne peuvent être réduits sous la forme de chiffres. C'est donc pour cela qu'on utilise le panier de biens le plus représentatif possible des évolutions de la société.
Pour calculer une inflation il suffit donc de calculer la valeur de l'argent à une époque donnée en utilisant t1 et à calculer son quotient par rapport à une autre époque en utilisant toujours t1.Une inflation ne peut donc qu'avoir deux causes d'après t1: Soit la production a diminué (raréfaction des matières premières par exemple), soit le volume total de l'argent en circulation a augmenté (un État faisant banqueroute).
Inflation et choix économiques
L'inflation agit directement sur la qualité des investissements. Un exemple permet de saisir le problème.
Alain, Bertrand et Claude investissent 100 000 (peu importe l'unité) dans un bien (par exemple une maison), dont ils se servent pendant un an, puis revendent. Supposons que les conditions économiques soient différentes pour les trois individus (zone monétaire, époque), le taux d'inflation est donc différent.
| Individu | Valeur d'achat (monnaie courante) | Valeur de revente (monnaie courrante) | inflation (taux) | Valeur de revente (monnaie constante) |
|---|---|---|---|---|
| Alain | 100 000 | 90 000 | -20% | 112 500 |
| Bertrand | 100 000 | 102 000 | +2% | 100 000 |
| Claude | 100 000 | 105 000 | +10% | 95 455 |
Le calcul naïf compare les valeurs en monnaie courante, sans tenir compte de l'inflation. Il semble alors que Claude a fait la meilleure affaire. Mais cela ne tient pas compte du fait que, à cause de l'inflation (ou, dans le cas d'Alain, de la déflation), ces trois personnes ne pourront pas acheter la même chose avec la même quantité de monnaie : Alain pourra acheter plus, Bertrand et Claude moins. Pour gommer cet effet, il faut raisonner en monnaie constante, en déduisant l'inflation, et il apparaît alors que la meilleure affaire a été faite par Alain.
Dans cet exemple, l'inflation ne touche pas la qualité du service : en achetant une maison, Alain, Bertrand et Claude ont tout trois été logés. Mais l'inflation peut toucher aussi cet aspect des choses : si la maison a été louée à prix fixe, l'inflation change la valeur de ce loyer (elle le réduit, tandis que la déflation l'accroît).
Ce phénomène appelé illusion monétaire a eu des effets économiques considérables dans l'histoire. En effet, pendant la plus grande partie de l'histoire, l'inflation est restée inconnue (non pas qu'elle n'existait pas, mais qu'elle n'était pas mesurée ni prise en compte) et la coutume était de fixer les loyers en monnaie fixe et pour longtemps (parfois même à perpétuité). Les gouvernements, en faisant chuter la valeur de la monnaie pour leur besoins fiscaux, ont aussi transformé des loyers normaux (par exemple « 1 sou ») en loyers ridicules, pour le plus grand bénéfice des tenanciers et la ruine des possédants (généralement les nobles), avec toutes les conséquences sociales. À d'autres périodes plus rares et plus courtes, en restaurant la valeur de la monnaie, ils ont au contraire suscité des émeutes et même des révoltes, un loyer raisonnable se transformant en charge ruineuse.
Les évolutions de l'inflation peuvent ainsi créer des distorsions économiques
- entre emprunteurs et épargnants : lorsque les engagements à long terme sont pris sur une certaine base d'inflation implicite, une augmentation de l'inflation va avantager les emprunteurs au détriment des prêteurs, essentiellement des épargnants en bout de chaîne, alors qu'une réduction de l'inflation fera l'inverse.
- au niveau de la croissance : les consommateurs pauvres et surtout les entreprises sont structurellement débiteurs, de sorte que l'accélération de l'inflation a un effet bénéfique, à court terme, sur la croissance (cela stimule la consommation et l'investissement productif). Outre qu'il est possible (c'est un point très controversé) que le coût à long terme soit supérieur (la comparaison internationale donne des indices dans ce sens), ce phénomène ne peut se produire lorsque l'indexation des engagements est faite correctement.
Enfin, les humains raisonnent et tiennent compte de tout cela, en sorte qu'ils finissent par donner une importance considérables aux anticipations (ce qu'ils croient, voire ce qu'ils pensent que les autres croient) de l'inflation future. C'est tout particulièrement le cas dans les périodes d'hyper-inflation, lorsque la méfiance s'installe et se développe, de sorte que les acteurs, anticipant une dévaluation accélérée, exigent des augmentations de revenus qui nourrissent l'hyper-inflation et valident les anticipations les plus pessimistes.
Causes économiques de l'inflation
L'inflation est un phénomène sensible dans tous les sens du terme. En effet, chacun d'entre nous se rend compte que les prix ont une tendance naturelle à augmenter (pensez au prix de la baguette ou du ticket de métro). Mais c'est un phénomène sensible pour les politiques puisque l'inflation est un signe de bon ou mauvais fonctionnement économique, avec toutes les conséquences électorales.
Et pourtant, malgré son importance, les causes de l'inflation sont encore le sujet de nombreuses controverses. En effet, la même conséquence peut résulter de fonctionnements économiques radicalement opposés. Ainsi :
- la croissance économique peut provoquer une pénurie de capacité productive par rapport à la demande, qui stimulera l'inflation, tandis que la récession aura l'effet inverse. Ainsi, l'inflation peut être un signe de bonne santé économique et la déflation un signe de crise.
- la récession peut réduire les besoins d'échanges monétaires (au profit du troc, par exemple), ou provoquer une défiance envers la monnaie qui symbolise l'économie touchée, les deux phénomènes stimulant aussi l'inflation ; tandis que le retour de la confiance se traduira par une désinflation voire déflation associée à la reprise des investissements et dépenses. Ainsi, l'inflation peut-être un signe de mauvaise santé économique et la désinflation le signe de la reprise.
De sorte que même s'il y a accord théorique sur le fait que telle situation économique engendre telle évolution de l'inflation, il y a toujours plusieurs interprétations possibles à l'inflation mesurée, conduisant à des mesures radicalement opposées.
Voici les causes les plus souvent admises :
- inflation monétaire : une trop grande quantité de monnaie est émise (par exemple, le mark de la République de Weimar en 1923, cas typique d'hyper-inflation), ou à l'inverse une trop faible demande de monnaie survient (exemple de l'Europe pendant les épidémies de peste au Moyen Âge)
- inflation par les coûts : le coût d'un produit essentiel augmente de façon notable, ce qui a des répercutions sur les coûts des autres produits ou services (par exemple, la hausse du cours du pétrole à partir de 1973) ;
- inflation par la demande : la demande d'un produit ou d'un service essentiel excède l'offre, et les producteurs augmentent leur prix car il ne peuvent ou ne veulent augmenter la production.
- l'indexation : des accords ou des règles de toutes sortes lient les prix de différents biens et services, avec délais (le temps de publier l'indice correspondant, par exemple). Si le prix d'un élément essentiel augmente, tous les autres suivent mécaniquement, et les effets retard mettent en place une boucle de rétro-action, un cercle vicieux, chaque effort pour combler la différence créée n'ayant comme seul effet que de mettre en place la prochaine hausse (comme un animal qui courrait après sa queue).
- panique monétaire : la monnaie utilisée est aujourd'hui essentiellement du papier ou du métal sans autre usage, et donc sans autre valeur que celle attachée à la confiance des utilisateurs. Si, pour une raison quelconque, ils se persuadent que la monnaie va perdre de sa valeur, on assistera parallèlement à une chute sur le marché des changes et à une forte inflation, qui validera l'anticipation inflationniste et la renforcera.
- conséquence de l'intérêt : Certains avancent une théorie de l'inflation à partir des intérêts des crédits. Ils considèrent que lorsque le système bancaire émet un crédit de 100 à un « bénéficiaire A », il faut bien qu'il émette aussi un crédit de 4 (à 4%) à un autre « bénéficiaire B » pour que le « bénéficiaire A » de ce crédit de 100 puisse , par son travail, son commerce ou par la spéculation, recevoir du « bénéficiaire B » les 4 qui lui manquent pour rembourser son crédit. Ce schéma simpliste, qui oublie entre autres inexactitudes, les écarts dans la vitesse de circulation de la monnaie et aussi que les crédits finissent par être remboursés, ce qui conduit à une destruction de monnaie, conduit certains à considérer que le montant total des crédits distribués doit être en augmentation permanente (du montant des intérêts) ou que la banque centrale doit augmenter le montant de la monnaie fiduciaire disponible. Cela est contraire à l'expérience qui montre en particulier qu'une hausse des taux d'intérêts, loin de créer une demande supplémentaire de création de monnaie, conduit généralement à un freinage de la masse monétaire. Toutefois, indépendamment de cette explication idéologiquement orientée, il y a un certain parallélisme, sur une longue période, entre croissance économique et croissance monétaire. Si l'augmentation annuelle des crédits dépasse l'augmentation de la production globale, il peut y avoir soit inflation des prix des biens ou services, soit bulle des actifs immobiliers et financiers, et parfois les deux, puisque de la monnaie se retrouvera inemployable (ce qui rejoint « l'inflation monétaire »)
Pourquoi souhaiter un taux d'inflation bas ?
L'inflation d'une part, et l'évolution de l'inflation d'autre part, ont des impacts différents selon la position économique. Tout le monde n'a donc pas forcément intérêt à ce que l'inflation diminue voire disparaisse.
Le point de vue du détenteur de monnaie : l'inflation est un impôt
L'inflation mesure la perte de valeur de la monnaie. Mais cette perte n'est pas une disparition, c'est un transfert vers les émetteurs de monnaie, c'est-à-dire en pratique l’État dans nos sociétés modernes (et, tellement marginalement qu'on ne les citera que pour mémoire : les faux-monnayeurs).
En effet, la valeur de la monnaie a un lien avec la quantité de biens produits dans la société, qui n'est pas directement affectée par l'évolution monétaire. L'inflation traduit seulement la dilution de cette valeur sur une quantité de monnaie plus grande, ce qui profite à celui qui a introduit (ou laissé) la monnaie excédentaire.
L'inflation peut être considéré un « impôt », qui frappe le détenteur de monnaie essentiellement sous forme liquide.
Le point de vue du détenteur de biens
En revanche, cet « impôt » épargne relativement les détenteurs de biens immobiliers et mobiliers. En fait l'incidence est liée aux taux d'intérêt. selon qu'ils sont supérieurs ou inférieur au taux d'inflation la valeur de marché de ces biens tend à baisser ou augmenter (voir évaluation financière).
le point de vue des divers bénéficiaires de revenus
L'inflation peut favoriser les populations qui ne vivent que de leur salaire car l'inflation est plutôt favorable au revenus du travail dans le rapport capital / travail. Par contre les personnes dont les revenus sont ajustés avec retard sur l'inflation (retraites par répartition par exemple) se trouvent défavorisées.
Le point de vue du prêteur : l'accélération de l'inflation ronge le revenu
Le banquier, le rentier, bref le prêteur est directement concerné par l'inflation : si, par malheur pour lui, l'inflation devient supérieure au rendement de son prêt, il perd de l'argent.
Le point de vue de l'emprunteur : le risque d'inflation renchérit l'emprunt
Les emprunteurs se trouvent plus ou moins affectés ou avantagés en fonction du sens et d l'importance de cet écart entre taux d'inflation et taux d'intérêt. Il peut être intéressant d'emprunter quand les taux d'intérêts sont faibles et le taux d'inflation élevé, puisqu'on remboursera avec de la monnaie ayant une moindre valeur.
Toutefois, averti du risque d'inflation (éventuellement parce qu'il a été échaudé) le préteur ne cesse pas forcément son activité, mais il voudrait s'assurer. Or, le risque d'inflation n'est pas assurable (encore qu'il existe des systèmes de couverture fiancière, notamment les swaps de taux d'intérêt), parce qu'il n'est pas aléatoire. C'est donc au préteur de se débrouiller seul, et il le fait en exigeant un rendement supérieur, ou des garanties lourdes (indexation sur une valeur refuge, comme l'or ou une devise étrangère réputée, etc.). Au final, c'est donc l'emprunteur qui supporte le coût supplémentaire, mais il est tout de même intéressant d'emprunter si l'inflation est au rendez vous.
L'inflation a aussi l'intérêt de diminuer le poids de la dette pour les États.
Le point de vue macro-économique : le risque d'inflation a un coût global
Voir aussi
L'inflation psychologique
On a tendance à se plaindre de l'inflation de certains produits et services non industriels (plombier, boulanger). Pourtant ces prix n'ont suivi que l'inflation, on croit que le prix du pain par exemple augmente depuis vingt ans alors qu'en fait ce sont les prix de tous les autres objets qui ont diminué, on croit donc naturellement que le prix du pain a augmenté. En effet tous les autres produits bénéficient de la hausse de la productivité (nouvelles machines) et de la baisse des prix liée, alors que le pain lui est produit toujours de la même façon, à peu de choses près.
Liens externes
- Une calculette d'inflation sur le site de la Banque Centrale Canadienne permet d’appréhender de manière ludique les mécanismes de ce phénomène
- L'INSEE propose des statistiques sur l'inflation
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