Jacques Offenbach

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Jacques Offenbach

Jacques Offenbach est un compositeur allemand naturalisé français, né à Cologne en 1819 et mort à Paris le 5 octobre 1880.

Sommaire

Biographie

Offenbach étudia le violoncelle au Conservatoire de Paris et débuta comme soliste virtuose. Il joua dans l'orchestre de l'Opéra-Comique et au Théâtre Français et Bouffes Parisiens. En 1855 il créa un théâtre afin qu'y fussent exécutées ses propres œuvres. Il travaille avec les librettistes Henric Meilhac et Ludovic Halévy. Ses ouvrages scéniques reflètent la joie de vivre du Second Empire et sont emplis d'humour, voire de propos immoralistes assez scabreux (apologie du ménage à trois dans La Belle Hélène, du cocufiage réciproque dans Orphée aux Enfers) :

Pâris :
Quand on est deux, l'hymen est une chaîne
Dont il est malaisé de supporter le poids ;
Mais on la sent peser à peine,
Quand on est trois.
Hélène :
Ah ! Délicieux ! Délicieux ! »

Offenbach, avec les livrets de Meilhac, utilisa également de manière dérisoire la mythologie grecque, faisant des dieux et des héros des êtres superficiels, idiots ou débauchés, reflets à peine voilés de la haute société et de ses mœurs légères :

Hélène :
Et quand je traverserai la foule, du haut de mon char, j'entendrai, comme tout à l'heure, une voix qui sortira des rangs du peuple et qui dira : « ce n'est pas une reine, c'est une cocotte !... »

Et la très suggestive danse d'Agamemnon (Acte III, scène 5) :

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Trio patriotique
(voir aussi la page de description)
Aide
Allons, çà, dépêchez... ça presse...
Regardez l'état de la Grèce.
C'est une immense bacchanale,
Et Vénus, Vénus Astarté
Anime la ronde infernale...
Tout est plaisir et volupté !
Vertu, devoir, honneur, morale,
Par le flot tout est emporté !...

Le détournement de l'Antiquité lui permet ainsi de faire de violentes critiques de l'hypocrisie, du décorum (« Tout pour le décorum ! » mot d'ordre de Jupiter) et de la bêtise de l'époque :

Rois et peuple de la Grèce, il ne s'agit pas aujourd'hui, comme dans nos luttes habituelles, de lancer le disque d'une main sûre, ou de diriger un char dans la carrière. Cette journée est spécialement consacrée aux choses de l'intelligence... Des hommes forts, nous en avons : le bouillant Achille est fort, les deux Ajax sont forts. Et moi-même... Ce que nous n'avons pas, ce sont des gens d'esprit.
La Belle Hélène

C'est sans doute parce que les opéras d'Offenbach font rire des travers humains, qui ne sont pas seulement propres à cette époque, que certaines de ses œuvres ont conservé une force comique remarquable.

Mais son œuvre contient également des morceaux lyriques d'une rare perfection, d'autant plus étonnants qu'ils se placent souvent au milieu de bouffonneries. Ces passages évoquent souvent avec une grande tendresse ou avec malice l'amour éprouvé par ses héroïnes :

Euridyce :
La femme dont le cœur rêve
N'a pas de sommeil
Chaque jour elle se lève
Avec le soleil.
[...] Chaque jour ainsi j'apporte
Au berger galant
De beaux bleuets qu'à sa porte
J'accroche en tremblant,
Et mon pauvre cœur palpite
À bonds saccadés.
Orphée aux Enfers

Certaines des ses héroïnes sont de charmantes « cocottes », jouets de la fatalité, comme la blonde Hélène :

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Là, vrai, je ne suis pas coupable
(voir aussi la page de description)
Aide
Hélène :
Là, vrai, je ne suis pas coupable...
Et, ma foi, je n'y comprends rien,
Rien, car il était adorable,
Roi des rois, ce prince troyen !
De Vénus il était l'élève,
Et cependant j'ai résisté...
La Belle Hélène

D'autres héroïnes sont de jeunes filles, garçons manqués ou rêveuses, qui découvrent l'amour et qui soupirent éperdument en pensant à leur amoureux.

Durant 35 ans, il a composé environ 90 opérettes et opéras-comiques, dont les plus célèbres sont la Belle Hélène, la Vie parisienne, Orphée aux enfers, connu notamment pour le finale détourné plus tard sans les paroles en french cancan, genre étranger à Offenbach, Les Brigands (et le fameux bruits des bottes), etc.

Nombre de partitions ne nous sont pas parvenues. Le 15 juillet 2004, alors qu'on la croyait détruite, la partition d'orchestre manuscrite de l'opéra fantastique les Contes d'Hoffmann a été retrouvée dans les archives de l'Opéra national de Paris. Cette partition, créée le 10 février 1881, avait disparu dans l'incendie de la salle Favart, le 25 mai 1887 ; la partition de la version opéra fut également réduite en cendres lors de l'incendie du Wiener Ringtheater (Vienne), en décembre 1880, conférant à l'œuvre une réputation maudite.

Principales œuvres

Les deux Aveugles (1855)
Le Nuit blanche (1855)
Ba-ta-clan (1855), (livret de Ludovic Halévy)
La Rose de Saint-Flour (1856)
Le Savetier et le Financier (1856)
Dragonette (1857)
Le Vent du Soir ou L'horrible Festin (1857)
Une Demoiselle en loterie (1857)
Le Mariage aux lanternes (1857)
Les deux Pêcheurs (1857)
Orphée aux Enfers (1858) (livret de Ludovic Halévy)
Les Vivandières de la Grande Armée (1859)
Geneviève de Brabant (1859)
Daphnis et Chloé (1860)
La Chanson de Fortunio (1861) (livret de Ludovic Halévy)
Le Pont des soupirs (1861) (livret de Ludovic Halévy)
Le Roman comique (1861) (livret de Ludovic Halévy)
Les Bavards (1862)
Lischen et Fritzchen (1863)
Le Brésilien (1863) (livret de Ludovic Halévy)
Jeanne qui pleure et Jean qui rit (1864)
L'amour chanteur (1864)
Die Rheinnixen (1864)
La Belle Hélène (1864) (livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac)
Les Bergers (1865)
Barbe-Bleue (1866) (livret de Ludovic Halévy)
La Vie Parisienne (1866)(livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac)
La permission de dix heures (1867)
La Grande Duchesse de Gerolstein (1867) (livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac)
Robinson Crusœ (1867)
L'Île de Tulipatan (1868)
La Périchole (1868) (livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac)
La Diva (1869) (livret de Ludovic Halévy)
La Princesse de Trébizonde (1869)
Les Brigands (1869) (livret de Ludovic Halévy)
Boule de Neige (1871)
Le Roi Carotte (1872)
Fantasio (1872)
Fleurette (1872)
Les Braconniers (1873)
Pomme d'Api (1873) (livret de Ludovic Halévy)
Bagatelle (1874)
Le Violoneux (1875)
La Boulangère a des écus (1875) (livret de Ludovic Halévy)
Madame l'Archiduc (1874)
La Créole (1875)
Le Voyage dans la lune (1875)
Tarte à la Crème (1875)
Pierrette et Jacquot (1876)
La boîte au lait (1876)
Le docteur Ox (1877)
La Foire Saint-Laurent (1877)
Madame Favart (1878)
La Marocaine (1879)
La fille du Tambour-Major (1879)
Les Contes d'Hoffmann (1881, op. posth.)

Citations et avis

Le critique Jules Noriac a écrit au lendemain de la création d'Orphée aux Enfers : « Inouï, splendide, ébouriffant, gracieux, charmant, spirituel, amusant, réussi, parfait, mélodieux ! ».

Léon Tolstoï a dit des opérettes d'Offenbach : « C'est vraiment français ».

Richard Wagner, ennemi et antithèse d'Offenbach, a dit de sa musique qu'elle « dégageait une chaleur de fumier où tous les cochons d'Europe étaient venus se vautrer ».

En revanche, Friedrich Nietzsche y vit « la forme suprême de la spiritualité ».

Etudes sur Offenbach

Pour découvrir Offenbach

Bien des œuvres d'Offenbach ne sont plus jouées en France. Les « grands » classiques mis à part, on ne trouvera que des compilations qui ne permettent guère d'approfondir la connaissance du compositeur. Il est par exemple incroyable de ne pouvoir écouter Robinson Crusoe (une œuvre majeure qui eut un grand succès) qu'en version ... anglaise !

Gaîté Parisienne — Offenbachiana par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dirigé par Manuel Rosenthal.

N.B. : La Gaîté Parisienne et Offenbachiana sont en fait des arrangements que le compositeur et chef d'orchestre Manuel Rosenthal écrivit en 1938. En sélectionnant des thèmes populaires d'Offenbach et en les réorchestrant avec brio, Rosenthal ne s'est pas seulement identifié au compositeur : il a magnifié son œuvre ! Cet enregistrement conjugue les avantages d'une qualité artistique reconnue, d'une bonne qualité technique — Rosenthal a repris la baguette à 94 ans, en 1996 ! — et d'une durée généreuse. Toutefois, la présente suggestion ne reflète que l'avis d'un wikipédiste et ne saurait être considérée comme une référence indiscutable, tant en ce qui concerne le choix de l'œuvre que celui de son interprétation.

Liens externes


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See also: Jacques Offenbach, 10 février, 15 juillet, 1819