Jacques René Hébert

Jacques René Hébert (Alençon 1757, Paris 1794), journaliste et homme politique français. Il a lancé en 1790 Le Père Duchesne journal des extrémistes révolutionnaires. Il participa à la chute de la monarchie en 1792 dans le rôle d'accusateur public et des Girondins en 1793. Avec ses partisans les hébertistes (Chaumette, François Chabot, Collot d'Herbois, et d'autres) il a fortement influencé le club des Cordeliers et de la Commune insurrectionnelle. Maximilien de Robespierre dont il avait dénoncé la modération le fit arrêter et exécuter en 1794.

Sommaire

Créateur du « Père Duchesne »

Provincial ayant étudié le droit Hébert monte à Paris. L'année 1789 n'apporta pas de changement notable dans la situation de Hébert. Le médecin Boissot, son compatriote, accepta de le loger à condition qu'il rédigeât à sa place une brochure : La lanterne magique ou le Fléau des Aristocrates qui marqua le début de sa carrière de libelliste. Il publia ensuite quelques opuscules tandis que sa situation matérielle devenait de plus en plus précaire.

La publication des premiers numéros du Père Duchesne à partir de septembre 1790, va ouvrir une nouvelle période dans sa vie. Le Père Duchesne était une sorte de Polichinelle, représentant l'homme du peuple, toujours empressé a dénoncer les abus et les injustices : ce personnage imaginaire était né dans les foires du XVIIIe siècle. Déjà, un certain Lemaire avait lancé un journal du même titre, mais celui d'Hébert se distinguait par la violence de son style. Le Père Duchesne était alors bon catholique et fidèle sujet du roi : il prônait les mérites de Mirabeau, autant que ceux de Georges Jacques Danton.

Révolutionnaire radical

En 1791 Hébert rompit avec les modérés qui rêvaient d'un compromis avec les aristocrates. Le 17 juillet 1791, il signa la pétition du Champ de Mars, et la fusillade des « patriotes » le jeta au premier rang des révolutionnaires. Il a trouve desormais son ton débraillé, ce style si volontiers ordurier, tout en gardant une sorte d'élégance, qui le plaçait dans la lignée des grands pamphlétaires du XVIIIe siècle. Et voilà Le Père Duchesne qui attaque sans ménagement ses amis de la veille : La Fayette, Mirabeau, Bailly : après la fuite manquée du roi à Varennes, il prend à partie Louis XVI et même le pape. Avant tout, le Père Duchesne est patriote : il devient bientôt le porte-parole des sans-culottes et des sections, dénonçant les manœuvres des suppôts des Anglais, des Allemands, et des immigrés.

Membre du club des Cordeliers, Hébert siège à la Commune insurrectionnelle, ou il est envoyé dans la nuit du 9 au 10 août 1792 par la section Bonne-Nouvelle. Il approuve hautement les massacres de septembre, auxquels il n'a d'ailleurs pas participé. Le 22 décembre 1792, il est nommé second substitut du Procureur de la Commune. Jusqu'en août 1793, on le voit soutenir avec fracas les Montagnards contre les Girondins. Ses amis et lui-même restent soucieux cependant de ne pas trahir les intérêts profonds de la bourgeoisie et désavouent les sans-culottes lorsqu'ils prônent des mesures extrémistes en matière économique. En avril-mai 1793 Hébert est de ceux qui désignent les Girondins à la vindicte populaire. Le coup d'arrêt tenté par la Convention, qui fait arrêter le 24 mai 1793 Hébert, avec Morineau, Brichet et Varlel échoue devant la réaction menaçante des sections. La popularité d'Hébert en est considérablement renforcée. Il est alors un des chefs de la Révolution en marche.

Radicalisation

L'attitude d'Hébert change après la mort de Jean-Paul Marat (13 juillet 1793) et la crise de l'été : elle tend à se radicaliser toujours davantage. Les journées des 4 et 5 septembre 1793, où les sans-culottes envahissent la Convention et lui imposent l'application de la Terreur, sont un succès personnel pour Hébert. De septembre 1793 à janvier 1794, il soumet la Convention à un harcèlement continuel (loi des suspects, loi du maximum).

Campagnes contre la Reine et contre l'Église

La campagne qu'il mena contre Marie-Antoinette n'est à coup sûr pas étrangère à la condamnation à mort de la reine.

Avec Chaumette et ses propres amis, il a été également un des principaux animateurs de la politique de déchristianisation. Violemment anticlérical et hostile au catholicisme, il se défend cependant contre l'accusation d'athéisme ; mais il fait marche arrière devant Maximilien de Robespierre, quand celui-ci, le 1er frimaire an II (6 décembre 1793) dénonce l'athéisme et décrète la liberté des cultes. Dans les premiers mois de 1794, Hébert exploite le mécontentement populaire né de la vie chère.

Arrestation, condamnation et exécution

Imprudemment, il ne se contente pas d'attaquer les Indulgents, mais il s'en prend aussi à Robespierre, trop modéré désormais à ses yeux. Le gouvernement révolutionnaire se décida enfin à frapper, et fit arrêter dans la nuit du 23 au 24 ventôse (13-14 mars 1794) Hébert, avec les principaux chefs des Cordeliers. Tous furent condamnés à mort et exécutés dix jours plus tard, le 4 germinal (24 mars).

Il avait épousé en 1791 Françoise Goupil, ex-religieuse du couvent de la Conception (rue Saint-Honoré) dont il eut une fille, Scipion Virginie.

Voir aussi

See also: Jacques René Hébert, 1757, 1793, 1794, 22 décembre, Alençon, Anticléricalisme, Bailly, Club des Cordeliers, Commune de Paris (1792)