Jean Dasté
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Jean Dasté est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français (Paris, 1904 - Saint-Étienne, 1994)
Jean Dasté a été un trait d'union original entre Jean Vigo, que la Nouvelle Vague adorait, Alain Resnais et François Truffaut.
Jean Dasté est initié au théâtre par sa mère, puis par Jacques Copeau, son beau-père, qui le prend comme élève à l'école du Vieux-Colombier en 1922. Il suit son maître en Bourgogne, où le « groupe des Copiaux » joue de 1924 à 1929.
De cette aventure, garde le goût de la troupe, va le mener à la Compagnie des Quinze, dirigée par Michel Saint-Denis (1931), à la Compagnie des Quatre-Saisons (1937), à l'Atelier de Barsacq (1940-1944).
C'est Jean Renoir qui le fait débuter au cinéma dans Boudu sauvé des eaux, (1932)
Mais Jean Vigo lui donne ses lettres de noblesse en le faisant jouer dans Zéro de conduite (1933) le rôle d'un surveillant et surtout dans L'Atalante (1934)
A côté de Michel Simon et de Dita Parlo, il est un peu en retrait, mais il campe un marinier émouvant.
Après la mort de Vigo (1934), il revient chez Renoir dans Le crime de M. Lange (1936), La vie est à nous (1936) et La Grande Illusion (1937)
Jean Dasté fonde durant la Seconde Guerre mondiale son Théâtre de la Saison-Nouvelle. En 1945 il est appelé à Grenoble pour créer la Compagnie des comédiens de Grenoble, qui marque les débuts officiels de la décentralisation théâtrale. En 1947, à Saint-Étienne, il fonde et dirige le centre dramatique de la Cité des mineurs.
Comédiens et techniciens réunis autour de lui sillonnent les routes de campagne de la région stéphanoise, pendant près de dix ans. La troupe parvient à attirer un public populaire, qu'elle initie au répertoire des grands classiques français et étrangers - Molière, Shakespeare, Tchekhov.
En 1956, le succès rencontré par la création du Cercle de craie caucasien de Brecht fait que son activité se recentre à Saint-Étienne. Jean Dasté monte des auteurs contemporains comme Yves Jamiaque, Audiberti, Sartre ou Michel Vinaver, tout en se livrant à des expériences sur le mime, le nô japonais et la tragédie grecque.
En 1963, après plus de 20 ans d'absence du cinéma, Resnais le fait revenir dans « Muriel, ou le Temps d'un retour » dans un rôle modeste mais impressionnant de l'homme à la chèvre, puis en 1966 dans La guerre est finie.
François Truffaut, sûrement en partie en hommage à Vigo lui donne un rôle important, à ses côtés, dans L'enfant sauvage (1969) et plus tard dans L'Homme qui aimait les femmes (1977)
Mais c'est dans la Chambre verte (1978) qu'il interprète un personnage magnifique et inquiétant, Bernard Humbert, et là encore Truffaut lui donne personnellement la réplique.
Il revient chez Resnais pour Mon oncle d'Amérique en 1980 et l'Amour à mort en 1984.
On peut noter aussi en 1969 Z (de Costa-Gavras), en 1976 Le corps de mon ennemi (de Henri Verneuil), en 1978 Molière (de Ariane Mnouchkine), en 1980 Une semaine de vacances (de Bertrand Tavernier), en 1989 Noce blanche (de Jean-Claude Brisseau)
Enfin, hommage au deuxième degré, Suzanne Schiffman, assistante et scénariste de Truffaut le fait jouer dans Le moine et la sorcière (1987) un de ses derniers rôle.
Jean Dasté meurt à Saint-Étienne en 1994. Un théâtre y porte son nom.
