Jean Giraudoux
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Jean Giraudoux (Bellac, en Haute-Vienne, Limousin, le 29 octobre 1882 - Paris, 31 janvier 1944) est un écrivain français. Né dans une famille modeste, Giraudoux fait de brillantes études et se passionne pour la culture allemande, avant de se diriger vers la diplomatie et l'écriture. Il se rend aux États-Unis, de septembre 1907 à mars 1908, avec une bourse pour l'Université Harvard.
La connaissance de Louis Jouvet en 1928 stimule sa création théâtrale.
Devant la montée des périls en Europe, il écrit La Guerre de Troie n'aura pas lieu, pièce pessimiste (bien que non dénuée d'humour grinçant) ayant pour thème le cynisme des politiciens et la différence entre l'histoire telle que les dirigeants la montrent au peuple et telle qu'elle se passe réellement. En juillet 1939 il est nommé par Daladier « commissaire général à l'information » et prononce ses Messages du Continental, contre la guerre hitlérienne. Il est remplacé en mars 1940 par Frossard, et mis à la retraite en janvier 1941.
Il a publié, à la veille de la guerre, un important essai politique : « Pleins pouvoirs » (Gallimard, 1939).
Son rôle pendant l'Occupation reste contrasté :
- Sa passion pour la culture allemande existe de longue date : « Nous qui aimons Dürer, Goethe, nous sommes exilés d’Allemagne. »
- Mais dans Armistice à Bordeaux, il s’oppose, phrase par phrase, au second discours de Pétain.
- On lui propose de quitter la France. Il refuse, arguant de la nécessité de livrer en France « une lutte d’influence avec l’Allemagne ».
Jean Giraudoux meurt, selon la version officielle, à la suite d'un empoisonnement alimentaire. Louis Aragon, lui, est persuadé d'un assassinat par la Gestapo et s'en explique : « Pourquoi ? Pas seulement parce que c’est le plus français de nos écrivains, mais certainement aussi pour son activité résistante gardée très secrète et que, pour ma part, j’avais devinée durant le dernier entretien que je devais avoir avec lui cinq jours avant sa mort ». Une biographie explorant la question lui sera consacrée par Jacques Body en mai 2004.
La défaite de 1940 lui a inspiré deux écrits qui ne paraîtront qu'après sa mort, le second étant resté inachevé : « Armistice à Bordeaux » 1945, et « Sans pouvoirs » 1946, édités l'un et l'autre à Monaco.
Il est enterré au cimetière de Passy à Paris.
| Sommaire |
Citations
Le femme Narsès : (...) Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
Électre : Demande au mendiant. Il le sait.
Le mendiant : Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s'appelle l'aurore.
(dernières répliques de la pièce Électre)
La vision de la guerre :
« Le privilège des grands, c'est de voir les catastrophes d'une terrasse. » (La Guerre de Troie n'aura pas lieu, II,13)
Le jeu des oppositions :
« Ce qu'aiment les hommes [...] ce n'est pas connaître, ce n'est pas savoir, c'est osciller entre deux vérités ou deux mensonges, entre Gap et Bressuire » (Intermezzo, III,4)
Œuvres
Romans et nouvelles
- Provinciales (1909)
- L'École des indifférents (1911)
- Lectures pour une ombre (1917)
- Simon le Pathétique (1918)
- Elpénor (1919)
- Amica America (1919)
- Adorable Clio (1920)
- Suzanne et le Pacifique (1921)
- Siegfried et le Limousin (1922) qui lui apporta le succès
- Juliette au pays des hommes (1924)
- Bella (1926)
- Églantine (1927)
- Aventures de Jérôme Bardini (1930)
- La France sentimentale (1932)
- Combat avec l'ange (1934)
- Choix des élues (1939)
- La Menteuse (publié à titre posthume en 1958)
Œuvres diverses
- « Les cinq Tentations de La Fontaine » (1938)
- « Pleins pouvoirs » (1939)
- « Littérature » (1941)
- « Sans pouvoirs »
- « Visitations » (1947)
- « Or dans la nuit » (recueil posthume en 1969)
Théâtre
- Siegfried (1928)
- Amphitryon 38 (1929)
- Judith (1931)
- Intermezzo (1933)
- Tessa (1934)
- La Guerre de Troie n'aura pas lieu (1935)
- Supplément au voyage de Cook (1935)
- L'Impromptu de Paris' (1937)
- Électre (1937)
- Cantique des cantiques (1938)
- Ondine (1939)
- Sodome et Gomorrhe (1943)
- La Folle de Chaillot (1945)
- L'Apollon de Bellac (1947)
- Pour Lucrèce (1953)
