Jésus de Nazareth
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Jésus dit Jésus de Nazareth ou Jésus-Christ (grec: Ιησούς Χριστός Iesous Christos) (etc.) est une des trois personnes-clefs des religions chrétiennes ; il est également mentionné comme prophète par l'islam, dont certains courants, essentiellement soufis considèrent qu'il viendra à la rencontre des hommes à la fin des temps.
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Jésus selon la foi chrétienne trinitaire
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Pour les chrétiens, il est le Christ (grec: Χριστός Christos oint) ou Messie (c'est-à-dire Oint de Dieu), fils de Dieu, enfanté par Marie, dont les enseignements et les faits marquants de sa vie publique (les trois années avant sa mort et sa résurrection, à 33 ans) sont relatés dans le Nouveau Testament, principalement dans les Évangiles. Jésus est donc complètement Dieu lui-même, incarné (donc complètement humain, aussi) pour se faire connaître aux hommes et pour racheter par sa mort tous les hommes se repentant de leurs péchés et ayant foi en Lui.
Les chrétiens croient que Jésus s'est volontairement laissé clouer à la croix, souffrant dans son corps mais aussi dans son âme car il prit sur lui les péchés de tous les hommes, passés, présents et futurs, prenant ainsi sur lui le châtiment réservé aux hommes, tous pécheurs. Après trois jours, Jésus ressuscite, et apparaît à plusieurs disciples qui se terraient depuis la crucifixion de leur maître, de peur de subir le même sort. Après avoir vu Jésus ressuscité, ils sortent de leur réserve et parcourent le pays en proclamant la bonne nouvelle : Jésus a payé le prix de nos péchés: quiconque croit en lui est pardonné de ses péchés, reçoit la vie éternelle et échappera au jugement divin. Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. déclaration de l'apôtre Paul dans son épître aux romains, chapître 6 verset 23.
Si les chrétiens s'accordent à utiliser les mots Christ, Messie, Fils de Dieu ou encore Emmanuel (litt. Dieu avec nous), aucun accord n'a été réalisé sur le sens théologique que chaque courant donne à ces mots malgré les premiers conciles dits christologiques
Voir Concile de Nicée I
Résumé de la vie de Jésus
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D'après les Évangiles, Jésus est né dans le village de Bethlehem (Bethléem). Le recensement des populations vivant sous la coupe romaine ayant été ordonné par un édit de César Auguste, Joseph et Marie, futurs parents de Jésus, furent contraints de rejoindre leur village d'origine. La naissance de Jésus à Bethlehem est crédible car elle accomplit parfaitement la prophétie de Michée, soutiennent plusieurs. D'autres pensent que cette affirmation est surtout symbolique, car Bethlehem, en hébreu la maison du pain, est réputée « ville de David » où le Messie doit naître. Pour certains historiens, Jésus, connu sous le nom de « Jésus le Nazaréen », serait probablement né quelques années avant l'an 1 du calendrier chrétien (et donc, devrait-on dire, « avant Jésus-Christ » !) à Nazareth (encore que l'existence de cette ville ne soit pas attestée par l'archéologie pour le premier siècle de notre ère). L'adjectif « nazaréen » entendu comme « homme du village de Nazareth » résulte d'un abus de langage de compilateurs tardifs. « De Nazareth » ou « nazaréthain » se traduit en grec par Nazarethenos, Nazarethanos, ou Nazarethaios et non par Nazarenos, Nazôraios ni même Nazarénos comme on le trouve dans les Évangiles (« nazaréen »). Le « nazaréen » se rapproche plus certainement du nazîr (hébreu : נזיר nazīr, abstinent, ermite) qui désigne un homme lié à Dieu par une promesse particulière ou de neser (hébreu : נצר neṣer, descendant ; rejeton).
Les premiers disciples de Jésus furent nommés nazaréens. Le pouvoir romain ne les considérait alors que comme une dissidence juive susceptible de troubler l'ordre public. Un passage des Actes des Apôtres rapporte qu'un certain Tertulle accuse l'apôtre Paul en ces termes (Actes XXIV; 5) :
- Nous avons trouvé cet homme, qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous les Juifs du monde, qui est chef de la secte des nazaréens.
Le nom de chrétiens ne s'imposa qu'à la fin de l'empire romain d'Occident.
Le terme a été utilisé par l'empereur Julien l'apostat sur son lit de mort : « Tu as gagné, Nazaréen! » (Julien avait essayé de restaurer, après Constantin, le culte des anciens dieux romains).
Selon les Évangiles de Mathieu et Luc, cette naissance a lieu durant la dernière année du règne de Hérode Ier le Grand, soit 4 ans avant l'ère qui porte son nom (il est cependant précisé dans l'Évangile de Luc que cette naissance a lieu durant un recensement. Le seul connu à cette époque est celui de Quirinius, qui a eu lieu en l'an 7), et mort à Jérusalem en l'an 28 environ, crucifié sous le mandat du procurateur Ponce Pilate.
Les Évangiles rapportent :
- la naissance virginale dans le prologue de deux des quatre évangiles (Matthieu et Luc). Ces prologues sont estimés, par une partie des spécialistes, plus tardifs que le reste du texte. De plus, ce récit rassemble un grand nombre de mythes courants dans l'antiquité (naissance virginale, étoile guide, étable, etc.). Mais également, les Évangiles mentionnent la correspondance du récit de sa naissance avec plusieurs prophéties de l'Ancien Testament
- sa transfiguration entre Moïse et Élie (dans l'évangile selon Marc). L'apparition des personnages de Moïse et de Élie est considérée par certains comme hautement symbolique. Moïse est un fondateur de religion et Élie est le prophète le plus aimé du judaïsme. Élie est réputé n'avoir pas connu la mort, être monté aux cieux de son vivant et devoir revenir en même temps que le Messie. Ce fut également, toujours selon l'Ancien Testament, le sort d'Enoch.
- sa Passion, c'est-à-dire ses souffrances et sa mort sur la croix (instrument de supplice) ;
- sa résurrection constatée au matin de Pâques ;
- son ascension (c'est-à-dire l'enlèvement de son corps au ciel).
Les quatre évangélistes font le lien avec quelques passages des prophètes des siècles passés (notamment dans le livre d'Ésaïe et les Psaumes) comme annonce de la Passion et de la résurrection de Jésus, et de son rôle de Messie.
Les Actes des Apôtres rapportent :
- la Pentecôte, 50 jours après Pâques, à la suite de laquelle les apôtres commencent la diffusion intensive de son message ;
- les débuts de l'Église et de son expansion.
Plusieurs miracles sont aussi attribués à Jésus, essentiellement des guérisons d'aveugles, de sourds et de paralytiques. En outre, plusieurs résurrections lui sont attribuées : celle de l'esclave d'un centurion romain, celle du fils unique d'une veuve de la ville de Naïn, celle de la fille d'un nommé Jaïre, et celle de Lazare, son ami, frère de Marthe et Marie.
Message de Jésus
Les théologiens de tous bords s'accordent à penser que le fond du message des évangiles réside dans :
- le rappel : « Dieu, nul ne l'a jamais contemplé » (Jean IV:12).
- les Béatitudes (selon Matthieu et selon Luc).
- les deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », qui constituent un tout indissociable. Autrement exprimé dans : « En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas » (Jean VI:20). À noter que ces commandements sont présents dans le lévitique (Ancien Testament). La loi mosaïque reste un socle indiscutable du discours de Jésus rapporté par les évangiles.
- l'injonction d'aimer son prochain, fût-il son ennemi.
- Il prêche l'imminence du Royaume et la nécessité d'une vraie repentance : « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche ». (Matthieu IV:17)
- L'essentiel du message se trouve certainement dans l'Évangile de Luc au chapitre 4 et aux versets 18 à 21 - un message de paix pour une humanité qui souffre non pas seulement physiquement mais surtout spirituellement à cause de sa décision d'exclure Dieu de sa vie, Jésus vient renouer ce lien au travers de ce message extraordinairement rempli d'amour pour chacun.
- Autre formulation dans l'Évangile selon Jean 3, 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. »
Apparitions christologiques
Jésus serait apparu, depuis le début de son ère, à un certain nombre de personnes. Mentionnons notamment les visions de Sœur Faustina Kowalska ou encore les messages ouïs par Marie Nazzour.
Jésus dans l'islam
Contrairement aux chrétiens qui considèrent Jésus comme une incarnation divine, l'islam le considère seulement comme un prophète, mais comme l'un des plus importants. Il est loué à de multiples reprises dans le Coran. Le Coran précise bien qu'il est né de Marie (Coran II; 87), qu'il est le Messie, que Marie est mère et vierge (Coran III; 45-47 ou XXI; 91). Mais Jésus n'est ni Dieu, ni fils de Dieu (Coran V; 17). Jésus n'est pas mort sur la croix, les témoins mécréants — c’est-à-dire mé-croyants — ont seulement eu « l'impression de le voir mourir » (« ce n'était qu'un faux semblant ») (Coran IV; 157), les autres — les croyants véridiques — ont su qu'il n'était pas mort, Dieu l'ayant élevé vers Lui. Il a confirmé les enseignements de la Torah et il a annoncé la venue de Mahomet (Coran LXI; 6) sous le nom de Ahmad. Il est monté vivant auprès de Dieu, c'est lui qui reviendra au moment du jugement dernier (pour lutter contre l'anté-Christ pendant 1 000 ans).
Le Coran le nomme Îsâ (arabe : عِيسى `īsā), tandis que la Bible en arabe le nomme Yesû`a (arabe: يسوع yasū`a). L'historien traditionaliste Tabarî (839-923) raconte à propos de la crucifixion l'épisode suivant : Les juifs traînèrent Îsâ à un endroit où ils avaient préparé une croix pour le crucifier, et un grand nombre de juifs se rassemblèrent autour de lui. Ils avaient un chef nommé Yesû`a, qui était également parmi eux. Quand ils voulurent attacher Îsâ à la croix, Dieu l'enleva à leurs regards et donna la forme et l'aspect de Îsâ à Yesû`a, leur chef. […] Quand ils regardèrent, ils virent Josué entièrement ressemblant à Îsâ, et ils le saisirent. Il dit : Je suis Josué. Ils répondirent : Tu mens; tu es Îsâ, tu t'es dérobé à nos regards par la magie ; maintenant la magie est passée et tu es devenu visible. Il protesta en vain qu'il était Josué ; ils le tuèrent et l'attachèrent à la croix.
- Quant à Îsâ, Dieu l'éleva, au ciel comme il est dit dans le Coran : « Ils ne l'ont pas tué et ils ne l'ont pas crucifié, mais ce n'était qu'un faux semblant. » (Coran IV; 156).
- Tabarî (La Chronique, De Salomon à la chute des Sassanides)
Cette croyance est héritée du docétisme, une hérésie des premiers siècles du christianisme. Les docètes refusent l'idée que Jésus ait pu souffrir, soit parce qu'il n'a que l'apparence d'un corps, soit parce que c'est un autre qui a pris sa place sur la croix.
Dans le Coran, le mot le plus fréquemment utilisé pour désigner les chrétiens est nasârâ (arabe: نَصَارَى naṣārā).
Le nom de Jésus
Jésus est une translittération grecque d'un diminutif araméen de Yehoshuah ou Yeshoua (hébreu: ישו yešū), traduit également par Josué (hébreu: יהושע yehōšu`a). Le sens du mot est Dieu sauve, Dieu est salut, salut, santé, aisance financière.
Le nom Jésus est souvent utilisé pour désigner Jésus de Nazareth également nommé Jésus-Christ.
Il est attesté comme prénom pour Barabbas1, le chef de guerre libéré par Ponce Pilate dans le texte de l'Évangile selon Matthieu XXVII:16-17 et comme prénom pour Ben Sirat, l'auteur du Siracide, livre de sagesse de la Bible. Le nom AbIeschwa est aussi attesté et signifie mon père est aisé. (Source BDB-THAYER)
Dans ses textes, Flavius Josèphe cite plusieurs individus nommés Jésus :
- « Jésus, fils de Sapphas, un des grands-prêtres », gouverneur d'Idumée et également « premier magistrat de Tibériade » (Guerre des Juifs, Livre II, XX.4 et XXI.3 et livre III)
- Jésus, un des grands-prêtres (Guerre des Juifs, Livre VI, II.2) peut-être le même que le prêtre « Jésus, fils de Thebouthi » (Guerre des Juifs, Livre VI, VIII.3)
- « Jésus, fils d'Ananias » qui prononce des présage contre Jérusalem (Guerre des Juifs, Livre VI, V.3)
- un « Jésus, fils de Josédec, le grand-prêtre » contemporain de Darius (Antiquités juives, livre XI, III.1)
- Jésus, fils du grand prêtre Onias, qui hellenisa son nom en Jason, contemporain d'Antiochos Épiphane (Antiquités juives, livre XII, V.10)
1. La traduction œcuménique de la Bible indique « De nombreux manuscrits omettent le mot Jésus devant Barrabas. »
Voir aussi
- Ce que les théologiens déclarent de Jésus se nomme christologie.
- Ce que l'histoire pense de Jésus s'élabore dans les diverses quêtes du Jésus historique.
- Jésus (prénom)
- Marie-Madeleine
Lire aussi
- Daniel Marguerat, E. Norelli, J.-M. Poffet, Jésus de Nazareth, nouvelles approches d'une énigme, Labor et Fides.
- Philip Yancey, Ce Jésus que je ne connaissais pas, Editions Farel.
- Raymond E. Brown, The Death of the Messiah, 2 volumes, éd. Doubleday, 1994 ; traduction française, La Mort du Messie. Encyclopédie de la Passion du Christ, de Gethsémani au tombeau. Un commentaire des récits de la Passion dans les quatre Évangiles, éd. Bayard, 2005, 1 712 pages, ISBN 2227350253.
