Jiu jitsu
Le jûjutsu (柔術), signifiant littéralement « art doux » ou « technique de souplesse », regroupe des systèmes de combat qui furent développés durant l'ère féodale du Japon pour se défendre lorsque l'on est désarmé ; ces systèmes font appel aux coups (atemi), prises (dori), étranglements (jime), clef (gatame) et projections (nage) afin de maîtriser un adversaire.
Au début du XXe siècle, des personnes se sont inquiétées de la disparition de ce savoir, dû à la modernisation de l'armée, et on collecté les techniques de différentes écoles (ryu) de jûjutsu pour en faire une pratique moderne, adaptée à la nouvelle société ; ainsi naquirent le jûdô et l'aikidô. De par ce fait, le jiu jitsu est souvent qualifié d'« art-mère ».
Note : le jûjutsu n'est pas à l'origine du Karaté, qui est une technique okinawaienne et chinoise
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Les origines du jû jutsu
Le jiu jitsu, encore appelé jûjutsu (transcription officielle, à retenir, par système Hepburn) ou yawara, est une méthode de combat faisant appel aux prises, clés et projections afin de maîtriser un adversaire et pouvant utiliser certaines armes. Le concept principal de cette technique est le jû, éviter l'attaque et la contrôler, sans besoin de force. Par cette technique, Ju yoku go o sei suru : le doux vainc le dur.
Les méthodes de combats connues comme jutsu sont vieilles de 1 500 ans au moins. Les débuts du jutsu peuvent être situés dans la période turbulente au Japon qui s'étalait entre le VIIIe et le XVIe siècle. Cette période connut au Japon d'incessantes guerres civiles et les systèmes d'armement classiques furent développés et éprouvés sur les champs de bataille. Les techniques de combat rapproché faisaient partie intégrante de ces systèmes afin de combattre efficacement des adversaires portant armes et armure.
La naissance du jutsu coïncide probablement avec l'origine de la classe des samurai datée à l'an 792. L'armée était constituée à cette époque de soldats se déplaçant à pied et armés de javelots. Les officiers étaient recrutés parmi les jeunes fils des grandes familles et étaient formés au maniement de l'arc, au commandement des troupes et également au combat sans armes. L'empereur Kammu construisit le Butokuden, une école formelle pour ces officiers que l'on connaît sous le nom de samouraïs. Ce terme provient du mot japonais service (saburaui). Pour être samouraï, il fallait être né dans une famille de samouraïs. Les samurai travaillaient pour leur maître, le shogun, qui domina la vie politique du Japon entre 1185 et 1868. Les samurai médiévaux étaient généralement illettrés, propriétaires de terres rurales et s'occupaient de leur domaine entre les batailles. Le terme de samurai substitua celui de fermier avec le besoin et l'engouement sans cesse grandissant à défendre les classes dirigeantes. Le mot samurai signifie « celui qui sert » et entra dans le langage en cette fin du VIIIe siècle.
À la fin du XIIIe siècle, les Mongols envahissent le Japon et les samurai se défendent durant des années dans de terribles combats. Les samurai développèrent un style de combat qui dépendait de l'épée comme première arme à la bataille. Au XVe siècle, les maîtres d'armes établirent des écoles afin d'enseigner leur style du ken-jutsu, l'art de l'épée. Entre 1467 et 1477, la Guerre d'Ônin fait rage, cette période voit le déclin du pouvoir des Shogun et le début du sengoku jidai, l'Âge du Pays en Guerre, qui va durer 150 ans.
Le premier jutsu ryu reconnu fut formé par Takenouchie Hisamori en 1532 et consistait aussi bien en des techniques usant de l'épée, du bâton et de la dague que du combat à mains nues. Les sauts et les coups de pied n'étaient pas enseignés dans le jutsu puisque les techniques étaient destinées à des combattants portant une armure. Le terme jû jutsu commença à être utilisé vers 1600.
La légende du docteur Akiyama
Il y a très longtemps vivait au Japon un certain docteur Akiyama. Lors d'un voyage en Chine, il fit la connaissance, en Mandchourie, d'une secte religieuse qui pratiquait une sorte de self-défense basée sur la connaissance du corps humain. Le docteur ne put prendre part aux entraînements mais fut autorisé à regarder les exercices. La discipline, qui s'appelait hakuda, permettait de se défaire d'un adversaire armé et visiblement plus fort. De retour au Japon, il essaya d'enseigner ces techniques à sa famille. Mais comme il n'avait pas pratiqué, il ne comprit pas le principe de base du hakuda. Ce principe, il le trouva d'une manière très naturelle. Il constata que durant l'hiver, les grosses branches du chêne se cassent sous le poids de la neige, alors que les fines branches du saule se plient et rejettent la neige. Voilà ce qu'était l'esprit du hakuda : employer la violence et le poids de l'adversaire pour le terrasser. Il nomma cette nouvelle méthode de combat le jiu jitsu, l'art doux.
Période Edo
En 1603, Tokugawa Ieyasu forme un gouvernement militaire et ramène la paix et la stabilité économique et politique dans le pays. Ceci marqua le début de la période Edo (1603-1868). Sous la direction de Tokugawa Ieyasu, la société était divisée en 4 classes : les samurai, les paysans, les artisans et les marchands. Seuls les samurai étaient autorisés à porter deux épées, le wakizashi (épée courte) à tout moment et le katana uniquement à l'extérieur. Cette période de paix présenta un problème pour les samurai qui faute de batailles n'avaient plus de revenus. Faire autre chose les aurait fait perdre leur statut pour les rabaisser à un rang inférieur. Les samurai sans maître devinrent des rônin. Le gouvernement essaya de les aider en leur attribuant des subsides et en les poussant vers l'éducation. Beaucoup de samurai devinrent des professeurs d'arts martiaux, mais apprenant alors des styles sans armes. Ces styles sans armes furent développés à partir des styles de combat armé et furent collectivement appelés jû jutsu. Durant l'apogée de la période Edo, il y avait 725 styles officiellement reconnus. Ces styles différaient selon qu'ils s'axaient plus sur les coups de pied, coups de poing, les projections ou les clés.
Restauration Meiji [MeijiJidai | Meiji Ishin]
Une grande partie de la population commença à se sentir opprimée par le régime de Tokugawa Ieyasu et plus particulièrement la classe grandissante des marchands qui voulait accroître ses contacts avec l'Amérique et l'Europe. En 1868, le régime de Tokugawa Ieyasu s'écroule lors d'une guerre civile connue comme la restauration Meiji. Ceci marqua la fin de la période Edo, le pouvoir quitta le shogun pour revenir à l'empereur. Comme une grande partie de la classe des samurai supportait le shogun, celle-ci fut démantelée par l'empereur Meiji qui introduisit le Serment Impérial des Cinq Articles. La classe des samurai perdit donc sa position privilégiée lorsque le féodalisme fut aboli en 1871. En 1876, Meiji déclare une loi interdisant le port des épées, le symbole ultime du guerrier. Les samurai mécontents fomentèrent de nombreuses rebellions durant les années 1870, la plus célèbre fut menée par le héros de la restauration Saigo Takamori. Et elles furent réprimées avec grandes difficultés par une armée nationale nouvellement formée. Les samurai avaient définitivement perdu leur profession et leur droit de porter les épées. Leur plus haute position sociale était abrogée après plus de 1000 ans d'existence.
Le Japon mena sa totale reconstruction en quelques décénnies. Rétrospectivement, elle semble avoir été aussi rapide que radicale. Or, les changements ne s'opèrent pas du jour au lendemain, mais par remaniements successifs et modérés des systèmes en place. La réhabilitation du tennô, qui n'avait plus guère d'impérial que le nom, en fut le principal vecteur. La première réforme consista à refondre les structures administratives et sociales. Dès 1870, les daimyô furent dépossédés des leurs fiefs, remplacés par des préfectures, et les paysans purent acheter des terres. Les samurai durent renoncer au port du daisho. Réduits au rang de simples citoyens, ils perdirent du même coups tout privilège économique. Mais si les rentes des seigneurs diminuèrent, elles étaient encore suffisamment élevées pour que ces réformes modernistes ne s'accompagnent pas, comme ailleurs, de violents soubresauts.
Période expansioniste
Un édit impérial déclara criminelle la pratique des vieux styles d'arts martiaux. Cependant, certains maîtres continuèrent de pratiquer leur art en secret ou s'expatrièrent pour permettre à leur style de se perpétrer. Ce n'est que plus tard, suite à la fin de l'occupation américaine en 1951 que le ban sur le jutsu fut levé, permettant une libre pratique de l'art.
Période contemporaine
Durant l'occupation américaine, les différents styles de jutsu furent bannis parce qu'on pensait qu'ils pouvaient contribuer au militarisme japonais. À partir de ce moment, un style de do, plus axé sur la maîtrise de soi et de son agressivité (dans une optique de paix que les autres pratiques sportives partagent), et découlant du jûjutsu gagna en popularité (jûdô, karate dô, aikidô). Le jiu jitsu ne s'est pas imposé comme sport aussi facilement, de ce fait la compétition n'y joue qu'un rôle mineur.
Le jû jutsu a été exporté et enseigné par un immigrant japonais au Brésil à la famille Gracie ; c'est devenu là-bas une pratique proche du combat libre, que l'on nomme jû jutsu brésilien ou Gracie jû jutsu.
Voir aussi
- Zen Hakko Kaï
- Hakko-Ryu
- Le site 100% Jûjutsu :[1]
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