John Ray
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John Ray, né le 29 novembre 1627 dans le village de Black Notley, près de Braintree dans l'Essex et mort le 17 janvier 1705, était un naturaliste anglais, parfois surnommé le père de l'histoire naturelle britannique. Jusqu'en 1670, il signe John Wray. Contrairement aux autres naturalistes de son époque, il n'est pas médecin. Il ne s'intéresse donc pas aux plantes pour la pharmacologie mais pour des raisons plus scientifiques. Ray est le fondateur de la botanique moderne.
Fils de forgeron, il obtient la possibilité d'étudier à Cambridge. Comme aucun cours de botanique n'est dispensé à Cambridge, il étudie seul cette discipline.
La botanique
En 1660, il fait paraître anonymement, une flore des environs de Cambridge (Catalogus stirpium circa Cantabrigiam nascentium où il expose ses premières observations. Chaque fois qu'il aborde une espèce nouvelle, il donne des informations sur une description morphologique, son habitat, sa floraison et des indications thérapeutiques. L'ouvrage connaît un immense succès.
En 1670, il publie Catalogus plantarum Angliæ et insularum adjacentium, première flore anglaise. C'est le résultat de nombreuses herborisations à travers le pays. Il cultive certaines espèces dans son jardin de Cambridge.
Il envisage également la publication d'une flore européenne et étend ses voyages à l'Europe. Il commence à publier en 1686, son Historia plantarum generalis, première tentative d'une flore mondiale. Ray ajoute aux espèces européennes les plantes qui lui sont envoyées par les explorateurs européens.
Ray tente une première classification naturelle des plantes et expose sa méthode dans trois ouvrages : Methodus plantarum nova (1682), le premier volume d'Historia plantarum (1686) et dans Methodus emendata (1703).
Il sépare ainsi les monocotylédones des dicotylédones de façon nette, probablement inspiré par Théophraste, les gymnospermes des angiospermes. Il écarte aussi les plantes sans fleurs (comme les fougères) des plantes à fleurs.
Grâce à lui, le vocabulaire botaniste s'enrichit considérablement. On lui doit notamment le terme de cotylédon ou celui de pollen. Il emploie aussi le vocabulaire formé par Marcello Malpighi, de Karl Sigismond Kunth ou de Nehemiah Grew.
Il tente également une ébauche de classification des champignons.
L'ornithologie
En 1676, Ray publie l’Ornithologia libri tres de Francis Willughby, mort prématurément. Cette version latine est suivie d'une version en langue anglaise deux ans plus tard. On considère l’Ornithologia comme l'un des ouvrages fondateurs de l'ornithologie moderne. On ne connaît pas la part prise par Ray dans la réalisation de cet ouvrage, son amitié avec Willughby, explique sans doute sa discrétion à ce sujet.
Ils voyagent ensemble en Europe. Aux Pays-Bas, ils observent des colonies de hérons et de cormorans.
La notion d'espèce
Au XVIIe et au XVIIIe siècles de nombreux zoologistes et botanistes avaient utilisé les notions de genre et d'espèce mais sans leur donner un fondement rigoureux, situation qui avait abouti à une prolifération des noms attribués aux espèces décrites.
On attribue en général à Linné la définition de ces notions, mais l'examen attentif des textes de John Ray, que Linné cite à de nombreuses reprises, montre que Ray les avait décrits en des formulations très similaires à celles de Linné, qui paraîtront une trentaine d'années plus tard.
Dans son Historia plantarum, Ray indique ainsi que les plantes ne peuvent pas transmettre à leurs descendances des caractéristiques accidentelles acquises. Il précise que les individus appartenant à une espèce donnée engendrent des individus identiques à eux. Il souligne également l'absence de descendance fertile à un croisement entre deux individus d'espèces différentes.
Reste à intégrer dans cette vision des espèces, les différences individuelles. Pour Ray, elles ne sont dues qu'à des accidents ou des contraintes de l'environnement (comme le climat, la nature du sol ou l'alimentation). La diversité d'apparence des espèces domestiques, n'empêchant pas des croisements, constitue une preuve supplémentaire aux yeux de Ray à la stabilité des espèces.
Ray croit que le nombre des espèces est fixe depuis la création du monde et ses nombreuses observations ne l'amènent pas à concevoir une possible évolution.
