José Luis Rodríguez Zapatero

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José Luis Rodríguez Zapatero

José Luis Rodríguez Zapatero est le président du gouvernement espagnol.

Sommaire

Origines

Son grand père paternel était le capitaine républicain et franc-maçon Lozano, fusillé en août 1936 par des franquistes. Son grand-père maternel fut par contre fusillé par les républicains espagnols durant la guerre civile.

José Luis Rodríguez Zapatero est né à Valladolid (Espagne) le 4 août 1960 bien qu'il ait vécu depuis sa plus tendre enfance dans la ville de León.

Sa famille est déjà engagée politiquement bien à gauche. Il est d'abord proche des communistes, les seuls à constituer une opposition structurée face au régime du Général Francisco Franco. En 1976, il assiste avec son père au premier meeting autorisé du parti socialiste à Gijon et en 1978, colle des affiches pour les deux partis de gauche.

Durant ses années d'études de droit, il ne cache pas son admiration des réformes agraires de Mao Tse-tung et de celles de l'Union Soviétique. [Licencié en droit à l'université de León, il fait partie de la première promotion de licenciés en droit de ladite université, faculté en laquelle il fut professeur de droit constitutionnel (1982-1986).

Carrière politique

Lors des élections générales du 22 juin 1986, il est élu député du PSOE et rapporteur des commissions constitutionnelle et de la défense du peuple.Il prit la tête de la candidature du PSOE à León lors des assises générales du 29 octobre 1989, en en rénove le siège et est le rapporteur des commissions Constitutionnelle, de la Défense du peuple et de la Justice et de l'Intérieur à la chambre basse.

Il est élu secrétaire général provincial du PSOE à León le 19 septembre 1988. Réélu lors du VIe congrès, tenu le 17 février 1991, et lors duquel sa candidature est la seule à être présentée, avec un appui de 98 % des délégués. Quelques mois avant la fin de la législature, le 12 avril 1993, il est nommé par le PSOE pour faire partie de la députation permanente à la chambre basse.

Tête de liste des socialistes de León lors du congrès des députés lors des assises du 6 juin 1993, il renouvele son siège de député à la chambre et devint le porte-parole de son groupe à la commission Justice et Intérieur.

En tant que numéro un de la liste socialiste de León au congrès des députés lors des élections du 3 mars 1996, il obtint le siège et, en mai de la même année, il fut élu porte-parole socialiste à la commission des Administrations publiques. En octobre 1996, son parti le désigna pour faire partie de la table ronde PSOE-IU pour l'étude du financement autonome.

Son travail parlementaire fut salué en novembre 1998 par les journalistes qui couvrent l'hémicycle en le désignant comme l'un des plus actifs de son groupe. Il est élu pour la cinquième fois député lors des élections générales du 12 mars 2000.

Le 25 juin, il dépose sa candidature au 35e congrès fédéral du PSOE, avec l'espoir pour le parti d'une alternative pour un nouveau processus de changement. Le 23 juillet 2000, il est élu secrétaire général du PSOE.

Il est le candidat du PSOE lors des élections générales qui ont lieu le 14 mars 2004, juste après les attentats à Madrid du 11 mars 2004, recevant le soutien d'un électorat mécontent de la guerre en Irak et la gestion de la crise terroriste. Son principal rival, le candidat du Parti populaire, Mariano Rajoy est passé de la majorité absolue à la perte d'une des élections qu'il considérait gagnée d'avance.

Zapatero premier ministre

Zapatero contre Aznar

Ses premières décisions, à l'encontre de la politique de José Maria Aznar, sont d'annoncer le retrait des forces espagnoles d'Irak et le soutien sans équivoque au projet de Traité constitutionnel européen, approuvé en 2005 par référendum avec 75 % des voix.

Il met en place une politique qui se veut en totale opposition à celle de José Maria Aznar etn'hésite pas à heurter frontalement la droite espagnole et l'église catholique en remettant en cause l'obligation de l'enseignement religieux à l'école et en légalisant le mariage des homosexuels suivant l'exemple de la Belgique et des Pays-Bas.

Zapatero et les homosexuels

En avril 2005, (coïncidence : au lendemain de la mort du pape Jean-Paul II et de l'intronisation de Benoît XVI), la chambre basse du Parlement, par 183 voix pour et 136 contre, a approuvé le projet de loi de légalisation du mariage homosexuel. Ce projet de loi faisait partie du programme annoncé avant les élections de mars 2004. Une fois le texte adopté par le sénat, le Code civil espagnol spécifiera que le mariage implique « les mêmes obligations et les mêmes effets que les personnes concernées soient de même sexe ou de sexe différent ». La nouvelle loi garantira ainsi les mêmes droits juridiques et sociaux aux couples homosexuels mariés qu'aux couples hétérosexuels, que ce soit en termes d'héritage, de divorce, de perception de pensions, d'accès à la nationalité et également et surtout d'adoption d'enfants, espagnols uniquement.

Le projet de loi rencontre l'opposition farouche non seulement de l' église catholique et du Parti populaire mais aussi des églises protestantes, orthodoxes et des organisations représentatives juives .

Peu de temps après le vote de la chambre basse, les maires conservateurs de plusieurs capitales de province menacèrent de recourir à la désobéissance civile et à l'objection de conscience prônée par le Vatican contre le mariage homosexuel. Ainsi les maires conservateurs de Valladolid, Avila, Burgos, Leon et une dizaine de localités plus modestes affirmèrent qu'ils ne marieraient pas les homosexuels et qu'ils refuseraient d'accorder une délégation à d'autres responsables municipaux sur ce sujet .

D'autre part, la chambre haute où le Parti populaire détient la majorité relative (à 4 voix de la majorité absolue) devrait être une étape bien plus difficile pour le projet de loi d'autant plus que que le sénateur socialiste et maire de la ville galicienne de La Corogne a prévenu qu'il ne voterait pas la loi tout comme plusieurs élus nationalistes basques et catalans. La Constitution espagnole donnant toutefois le dernier mot à la chambre basse, l'adoption dudit projet ne fait aucun doute.

Zapatero et sa revanche contre le franquisme

Parallèlement, trente ans après la mort naturelle du Caudillo, Zapatero prend une décision surprenante en faisant voter une loi dite “loi sur la récupération de la mémoire” qui consiste de façon unilatérale, manichéenne ou sectaire, selon ses détracteurs, à asseptiser le paysage espagnol de toutes traces du franquisme au nom du politiquement correct. Dénoncé par Felipe Gonzales lui-même, Zapatero fait ainsi ordonner que les villes et villages d'Espagne fassent disparaitre les noms des rues , avenues, d'établissements et les monuments portant des noms franquistes remettant en cause les acquis de la transition démocratique et pacifique effectuée sous Adolfo Suárez et Felipe González.

Les vaincus de la guerre civile espagnole semblent prendre leur revanche le 17 mars 2005 quand le ministre des transports fait héroiquement retirer en catimini la dernière statue du général Francisco Franco à Madrid alors que sont fêtés les 90 ans du vieux leader communiste Santiago Carillo.

La statue équestre de Franco était située à quelques mètres de deux sculptures des leaders socialistes de la IIe République (1931-1939), Indalecio Prieto et Francisco Largo Caballero, symbolisant les 2 faces de la même blessure qu'était la guerre civile. Elles ont été immédiatement souillées en représailles par les nostalgiques du franquisme, dans les jours qui suivirent le déboulonnage.

Quelques jours plus tard, Zapatero annonce qu'il réglera le sort du monument de la basilique Sainte-Croix del valle de los Caìdos où est enterré Franco. Un parti de gauche, le PNV, membre de la coalition gouvernementale, s'est prononcé pour la fermeture du site qui reçoit plus de 400 mille visiteurs par an, et le transfert des restes de Franco dans un cimetière privé.

Le 23 mars 2005, dans le sillage du premier ministre, le maire socialiste de Guadalajara fait lui aussi retirer en pleine nuit et en catimini deux statues situées au cœur de sa ville, l'une de Franco, édifiée après la mort du dictateur par une souscription des habitants de la ville, et l'autre de José Antonio Primo de Rivera.

Devant cette récupération unilatérale de l'histoire nationale par un parti politique, l'opposition dénonce le gouvernement le plus radical, sectaire et revanchard de l'histoire démocratique espagnol. Mariano Rajoy, le chef du parti populaire, accuse Zapatero d'être « un irresponsable » et « de rompre avec l'esprit de la transition ». Il lui demande de se mettre à gouverner et d'arrêter « de dire des idioties et de diviser les Espagnols. »

Pour les historiens, les décisions de Zapatero sont un non-sens car des régions d'Espagne ont soutenu Franco dès le début de la guerre civile et qu'il fait partie de leur patrimoine historique. Selon eux, Zapatero gommerait la réconciliation nationale de la transition démocratique et désignerait un seul vainqueur et une seule version de l'histoire espagnole. Une partie d'entre eux dénonce ainsi une vision idéologique et politicienne de l'histoire remettant en cause la transition démocratique et dont la conséquence naturelle serait également de déboulonner d'autres monuments d'époques antérieures.

Voir aussi

Liens externes

See also: José Luis Rodríguez Zapatero, 12 avril, 12 mars, 14 mars, 17 février, 17 mars, 1936, 1960