Jules César
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Jules César (Caius Iulius Caesar) était un général, homme politique et écrivain romain, né à Rome le 13 juillet 101 ou 100 av. J.-C. et mort le 15 mars 44 av. J.-C., assassiné dans le sénat de Rome, le coup fatal venant de son propre fils adoptif, Brutus. Les derniers mots de César furent pour ce dernier "Tu quoque, fili" ("Toi aussi, mon fils" latinisé) en grec, langue de prestige à Rome. Il fut dictateur mais jamais empereur, bien qu'il eût la forte intention de le devenir (d'où son assassinat).
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Biographie
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César affirmait avoir pour ancêtre Iule (ou Ascagne), fils d'Énée et de Créüse, amené en Italie par son père après la chute de Troie. Ce fondateur d'Albe la Longue était considéré comme le créateur de la vieille famille patricienne des Julia. Par ce lignage, César revendiquait une ascendance remontant à Vénus.
Homme politique, il a choisi le parti des populares plutôt que de faire carrière dans l'oligarchie sénatoriale, notamment en raison de l'influence de sa tante Julia, qui avait épousé le général et consul Marius, et des liens avec les milieux plébéiens qui s'ensuivirent.
Militairement, il a principalement conduit la guerre des Gaules, qui permit l'intégration des trois Gaules au sein de l'Empire romain.
Sénateur, il codirigea la république de Rome quand il accéda à la fonction de consul, aux côtés de Pompée et de Crassus (ils avaient formé une alliance secrète qu'on appelle Premier Triumvirat).
Utilisant son prestige acquis lors de la guerre des Gaules, et profitant de la disparition de Crassus, tué par les Parthes, il affronta Pompée dans une lutte d'influence pour le pouvoir absolu à la tête de ce qui allait devenir l'Empire romain. Quand Jules César, à la tête de son armée victorieuse en Gaule, revint vers Rome, le sénat voulut l'empêcher d'amener toute son armée dans la ville pour son triomphe. Il n'hésita pas alors à outrepasser ses droits, et il décida de franchir le Rubicon, rivière marquant la frontière entre l'Italie et les provinces et que les consuls en fonction ne pouvaient franchir accompagnés de leur légions, pour s'approcher de Rome. On lui attribue à cette occasion la citation « Alea jacta est » (plus probablement en grec Anerrifthô Kubos, « le sort en est jeté »), signifiant qu'il prenait ainsi un risque politique qui relevait du jeu de hasard, et qui pourtant lui réussit. La guerre civile qui s'ensuivit entre les partisans de César et les partisans de Pompée s'acheva par la fuite de ce dernier. Au commencement de cette guerre, Jules César put imposer au sénat de le nommer dictateur, ce qui lui donnait les pleins pouvoirs.
Il obtint également le prænomen d'Imperator, ce qui inaugura un titre qui allait se transmettre par la suite, créant ainsi des dynasties impériales, et mettant fin à la république dirigée par le Sénat. Ainsi, Jules César, sans avoir été empereur, a été à l'origine de ce titre.
Il est mort le 15 mars 44 (Ides de mars, dans le calendrier romain), assassiné de vingt-trois coups de couteau (selon Suétone, Vie de César, LXXXII) par une coalition de sénateurs dont faisait partie Marcus Junius Brutus. Poignardé par ce dernier, il dit en mourant en grec : καὶ σύ, τέκνον kaì sú, téknon, traduit en latin par Suétone Tu quoque, fili mi, « Toi aussi, mon fils ! ». Les avis divergent quant à la signification de cette phrase :
- L'interprétation la plus courante est que César aurait été surpris de voir parmi les conjurés son fils adoptif.
- Pour d'autres, c'est une malédiction : il appelle sur Brutus le même sort que le sien.
- Une autre interprétation se fonde sur l'état de santé de César : peut-être épileptique, donc sujet à des diarrhées, des vomissements violents, il n'écoute pas les mises en garde de ses proches et se rend volontairement à son propre assassinat afin de mettre un terme à son état dégradant. La phrase est alors à comprendre dans le sens « Toi aussi, mon fils, tu sera vieux et faible et subira le même sort ».
- Enfin, P. Arnaud propose l'interpretation suivante : on trouve chez Suétone ce καὶ σύ, τέκνον dans la bouche d'Auguste s'adressant à Galba enfant : « Toi aussi, mon fils, tu prendras notre pouvoir » ; de même chez Dion Cassius dans celle de Tibère s'adressant au même Galba. Ainsi, officiellement assassiné pour défendre la République, César accuse Brutus d'aspirer au même pouvoir que lui, et donc annonce (en le justifiant) l'assassinat futur de Brutus, pour les mêmes raisons.
Le complot n'atteignit cependant pas ses objectifs, car l'État romain, après la constitution du deuxième triumvirat dont Octavien, petit-neveu et fils adoptif de Jules César, était membre, finit par devenir, en 31 av. J.-C., un Empire. Octavien devenu Auguste en fut le premier empereur, et le Sénat ne retrouva jamais tous les droits que Jules César lui avait pris, même si Auguste fut plus conciliant.
Héritage
Comme Auguste et tous les empereurs à sa suite, Jules César fut divinisé après sa mort. On doit à César deux écrits en forme de commentaires (Commentarii rerum gestarum) :
- De Bello ciuile, « Commentaires sur la Guerre civile » ;
- De Bello Gallico, « Commentaires sur la Guerre des Gaules ».
Jules César a aussi donné son nom au calendrier julien, issu du calendrier romain qu'il fit réformer pour que la durée moyenne de l'année soit exactement de 365,25 jours, meilleure approximation connue à l'époque. Le mois de juillet (julius en latin) fut d'ailleurs baptisé ainsi en son honneur, de même que plus tard, août (augustus) rendit hommage à Auguste.
Le nom César, de même que celui d'Auguste, est devenu par la suite le titre des empereurs romains. Il a aussi donné le nom Kaiser en allemand ainsi que celui de Tsar (ou Czar) en russe.
La césarienne serait nommée ainsi du fait que Jules César serait lui-même né grâce à ce procédé. Mais l'étymologie la plus probable du mot latin caesar, dans le sens de « césarienne » est l'idée de trancher, couper qui est contenue dans le radical.
Après la mort de César, il y eut encore 15 ans de guerre civile.
Sources
- Plutarque, Vie des douze Césars ;
- Suétone, Vie de César [lire en ligne].
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- C. Iulii Caesaris Commentariorum de bello Gallico, libri VIII, Civili Pompeiano, lib. III, Alexandrino, lib. I, Africano, Lib. I. Hispaniensi, lib. I. (…). Lugduni, apud Seb. Gryphium (Lyon, Sébastien Gryphe), 1547.
- Jérôme Carcopino, Jules César ;
- Luciano Canfora, Jules César;
- Yann le Bohec, César chef de Guerre.
Liens externes
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