John Maynard Keynes

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Harry White saluant John Maynard Keynes (à droite, 1946)

John Maynard Keynes était un économiste et un mathématicien britannique (né le 5 juin 1883 à Cambridge et décédé le 21 avril 1946 à Firle, Sussex).

Il est le fondateur du keynésianisme, doctrine économique qui encourage l'intervention de l'État à certains moments précis au sein de l'économie, pour assurer le plein emploi.

Sommaire

Biographie

John Maynard Keynes est né dans une famille d'universitaires. Son père, John Nevile Keynes, était lecteur à l'Université de Cambridge et enseignait la logique et l'économie politique. La mère de John Maynard, Florence Ada Brown, était un auteur à succès et une pionnière des réformes sociales.

Études

À dix-sept ans, il entre à Perse School. Deux ans plus tard, il entre en classe préparatoire à St Faith's. Avec les années, il se montre très prometteur et en 1894, il termine premier de sa classe et reçoit un prix pour la première fois en mathématiques.

Un an plus tard, il intègre le collège d'Eton (Eton College) où il est un élève brillant qui gagne, en 1899 et en 1900, le prix de mathématiques. En 1901, il finit premier en mathématiques, histoire et anglais. En 1902, il gagne sa place pour le King's college de Cambridge, où il poursuit ses études de mathématiques, jusqu’en 1905. Après deux ans au service de l’État britannique, où il est affecté à l’Indian Office (ministère de l’Inde), il reprend ses étude à Cambridge. Il opte alors pour l’économie, convaincu en cela par Alfred Marshall, un des plus célèbre économistes néoclassiques dont il sera alors l’élève. Un autre de ses professeurs, néoclassique lui aussi et auquel il s’opposera ensuite radicalement est Arthur Cecil Pigou. Keynes deviendra lui-même enseignant au King's college en 1909.

Parcours

La figure de John Maynard Keynes est complexe : auteur extrêmement prolifique, à la fois économiste reconnu par ses pairs (bien que hétérodoxe) et homme d’affaire à la carrière réussie, il restera longtemps universitaire, et s’impliquera dans l’évolution politique de l’Angleterre.

J. M. Keynes se fait connaître du grand public avec sa publication Les Conséquences économiques de la paix en 1919 où il critique le traité de Versailles. Il était en effet représentant du ministère des finances britannique à la Conférence de la Paix de Paris, et démissionna trois jours avant la signature du traité. Dans son pamphlet, il dénonce le poids des réparations exorbitantes auxquelles doit faire face l'Allemagne et prédit la ruine de l'économie germanique ; il développera à nouveau ce sujet dans son ouvrage Nouvelles considérations sur les conséquences de la paix (The Revision of the Treaty, 1921). L’hyper-inflation allemande qui succédera à la guerre confirmera entièrement ses thèses.

En 1921, Keynes publie le Traité des probabilités, à partir des travaux qu’il avait réalisé entre 1905 et 1908. Alors sympathisant du Parti libéral, il écrit de nombreux articles pour la presse qui en est proche, principalement le Manchester Guardian, pour qui il couvrira d’ailleurs la Conférence monétaire internationale de Gênes en 1922. À partir des articles qu’il rédige à cette occasion, il composera son Essai sur la réforme monétaire (1923), critique de la théorie monétaire classique où il prône l’abandon du système de l’étalon-or. Lorsque Winston Churchill, alors chancelier de l’Échiquier annonce le retour à l’étalon-or à la parité d’avant-guerre, Keynes écrit Les Conséquences économiques de M. Churchill (1925).

Keynes devient rapidement un des plus célèbre économiste au monde et à ce titre, il devient conseiller financier de la Couronne et gouverneur de la Banque d'Angleterre.

En 1942, il est élevé au rang de Baron Keynes de Tilton.

Lors des Accords de Bretton Woods en 1944, il présidera la délégation britannique. Il tente d'y faire valoir l'idée d'une monnaie et d'une banque supranationales, qui sera repoussée par les Américains (conduits par Harry White, sous-secrétaire aux Finances) soucieux de placer le dollar au centre du Système monétaire international.

Vie privée

Au cours des années 1920-1930, Keynes tient un club « d'appréciation musicale » servant à dissimuler les rencontres clandestines d'homosexuels, Keynes lui-même étant homosexuel avoué.

John Maynard Keynes épouse en 1925 la ballerine russe Lydia Lopokova (danseuse étoile de la compagnie des Ballets russes de Serge Diaghilev). Il ne laissera pas de descendance.

Son frère Sir Geoffrey Keynes (18871982) était un brillant chirurgien, érudit et bibliophile. Son premier neveu Richard Keynes (né en 1919) est un physiologiste, le second Quentin Keynes (19212003) un aventurier et un bibliophile.

J. M. Keynes lui-même était un grand collectionneur de livre, et réuni par exemple de nombreux manuscrits d’Isaac Newton concernant l’alchimie et les notes de John Conduitt. Une des dernières publications de Keynes fut ainsi Newton, l’Homme (Newton, The Man), parue pour le Tricentenaire de la naissance du physicien (1942) sous la forme d’article puis en livre en 1946.

Keynes meurt le 21 avril 1946 d’une crise cardiaque, ses problèmes de cœur s’étant aggravés suite à la charge de travail qu’il doit supporter à l’occasion des accords de Bretton Woods, et des problèmes financiers internationaux de l’après-guerre.

Naissance du keynésianisme

John Maynard Keynes est sans aucun doute une importante figure de l'histoire de la science économique qu'il révolutionna avec son œuvre principale, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (The general theory of employment, interest and money) paru en 1936. L'ouvrage est considéré comme le traité de science sociale le plus influent du XXe siècle dans la mesure où il a rapidement et continuellement modifié la façon dont le monde a considéré l'économie et le rôle du pouvoir politique dans la société. Certains estiment qu'aucun autre ouvrage n'a eu une telle importance depuis en Europe, bien que l'ouvrage de Friedrich Hayek qui lui valut son Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, The Road to Serfdom, fasse selon les détracteurs de Keynes la démonstration fulgurante des limites de sa théorie.

Avec la Théorie générale, Keynes a développé une théorie qui pouvait expliquer le niveau de la production et par conséquent de l'emploi ; le facteur déterminant étant la demande. Parmi les concepts révolutionnaires apportés par Keynes, on retiendra surtout :

Ces concepts accréditent la possibilité de politiques interventionnistes pour éliminer les récessions et freiner les surchauffes économiques. L'ensemble de ces concepts constitue un courant ce qu'on appelle aujourd'hui la macroéconomie.

Keynes aujourd'hui

La théorie de Keynes et les politiques macroéconomiques de relance par la demande se sont retrouvées confrontées au problème de la « stagflation » dans les années 1970, à savoir une inflation croissante sans réduction du chômage. Dès les premiers temps de l'apothéose de Keynes, l'économiste libéral Friedrich Hayek se montra sceptique sur la poursuite systématique de politiques keynésiennes. Son argument central est que toute connaissance humaine – et en particulier les informations dont disposent les planificateurs – est irrémédiablement fragmentaire et incomplète. Personne ne peut avoir accès à la connaissance dont les planificateurs auraient nécessairement besoin pour diriger avec succès les relations sociales.

Dans la lignée de la pensée libérale autrichienne personnifiée par Ludwig von Mises, il suppose que les planificateurs détruisent ce dont ils ont besoin pour réussir leur travail : les signaux constitués par des prix engendrés librement et qui reflètent la situation véritable de l'offre et de la demande. Ce n'est qu'avec leur aide qu’ils pourront savoir où des ressources limitées pourront être dirigées de façon à assurer le plus grand bien collectif. Et Mises ne visait pas seulement le prix du lait ou celui des briques et des maisons. Il se préoccupait aussi des salaires : quel devrait être le prix de chaque type de main-d’œuvre de telle façon qu’il n’y ait ni surplus ni pénurie, mais plutôt que l’offre et la demande soient en équilibre ?

Pour autant, ces critiques n'ont pas sonné le glas du keynésanisme ; les keynésiens actuels ont redonné à la lettre initiale de la Théorie Générale un souffle nouveau, en insistant sur le rôle majeur de l'incertitude dans l'économie. Ainsi se dessine une nouvelle ligne de partage : d'un côté, ceux qui pensent qu'il est possible de se fonder sur la rationalité des acteurs pour analyser l'économie ; de l'autre, ceux qui pensent, à la suite des post-keynésiens, que l'incertitude radicale qui entache les actions humaines est trop importante pour conduire ce projet à bien. En ce sens, les post-keynésiens sont moins « interventionnistes » que ceux de la première génération, mais sont tout aussi critiques vis-à-vis de la capacité du marché à se réguler de lui-même, s'appuyant en particulier sur les déséquilibres réguliers des marchés financiers et la régularité des crises financières, signe selon eux de l'incapacité de marchés mal encadrés à gérer l'incertitude.

Principaux ouvrages

Voir aussi


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See also: John Maynard Keynes, 1883, 1887, 1894, 1899, 1900, 1901