La Cinq
La Cinq a été la première chaîne généraliste française privée et gratuite. Elle a été créée par le magnat de l'audiovisuel italien Silvio Berlusconi en partenariat avec le groupe Chargeurs Réunis, alors dirigé par Jérôme Seydoux.
La Cinq commence à émettre le 20 février 1986. Ses programmes sont alors constitués de séries télévisées américaines (Supercopter, K2000, la Cinquième Dimension, Shérif fait moi peur), de films et d'émissions de variétés « strass et paillettes » inspirées des formats à succès des chaînes de Silvio Berlusconi en Italie, comme Canale 5. Ses premiers animateurs sont soit des transfuges de TF1 (Alain Gillot-Pétré, Christian Morin, Roger Zabel), soit des transfuges des chaînes italiennes de Berlusconi (Amanda Lear).
Le 3 février 1987, la concession de la chaîne est résiliée par le gouvernement de Chirac. Le 23, Robert Hersant, puissant homme de presse français, entre dans le capital de La Cinq. La nouvelle Cinq débauche trois des animateurs à succès de TF1 (Patrick Sébastien, Patrick Sabatier et Stéphane Collaro) et s'assure les services de Philippe Bouvard (animateur d'une émission très populaire sur RTL, les Grosses Têtes, et collaborateur de longue date du groupe Hersant).
À la rentrée 1987, la France se couvre d'affiches où les nouveaux animateurs, en photo, invitent le public à venir sur la chaîne, sous le slogan de « Cinq you La Cinq! ». Cependant, en cette période, la chaîne ne peut être reçue que sur une partie restreinte du territoire, surtout dans les villes, alors que les animateurs proposent des programmes pudiquement appelés « France profonde ». Par ailleurs, les nouvelles chaînes diffusent sur une variante plus moderne du SECAM, compatible avec le télétexte, et apparaissent en noir et blanc sur des postes un peu anciens. Les émissions ne marchent pas bien et les animateurs finissent par quitter la chaîne au bout d'un an.
Le 23 octobre 1990, le groupe Hachette, alors dirigé par Jean-Luc Lagardère, rachète La Cinq. Pendant un an, la chaîne multiplie les nouvelles émissions mais ne parvient pas à augmenter significativement ses parts de marché. Un an après la reprise par Hachette, son déficit s'élève à 1 milliard de francs. Le 31 décembre 1991, La Cinq est placée en redressement judiciaire. L'association de soutien à La Cinq créée par Jean-Claude Bourret et des journalistes de la chaîne réunit 800 000 adhérents mais suite au retrait du plan de sauvetage de Silvio Berlusconi, La Cinq cesse définitivement d'émettre le dimanche 12 avril 1992 à minuit.
La dernière émission, Vive la 5, a commencé à 20 h 50. Elle a eu lieu dans la rédaction de la chaîne, avec tout le personnel. Présentée par Gilles Schneider (actuel directeur de France Inter), Marie-Laure Augry (alors présentatrice du journal de 13 heures) et Jean-Claude Bourret (alors présentateur du journal de 20 heures), elle proposait de revivre les 6 années d'existence de la chaine. Elle s'est terminée par une longue série d'adieux, une animation d'un «éclipse totale» et finalement un émouvant écran noir avec le texte «La Cinq vous prie de l'excuser pour cette intérruption définitive de l'image et du son», puis, seulement, «C'est fini». « L'émission » d'après avait pour titre le Trou noir selon les magazines de télévision.
Quelques jours plus tard , le gouvernement Bérégovoy a fait valoir son droit de préemption sur le 5ème réseau pour y installer Arte, qui a démarré ses émissions le 28 septembre 1992, en diffusant le soir. Le 13 décembre 1994 est apparue La Cinquième, qui diffuse ses programmes pendant la journée. Elle a été renommée depuis en France 5.
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