Le Radeau de la Méduse
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Les faits historiques
En 1816, après Waterloo, Louis XVIII se réinstalle sur le trône de France. Le Sénégal vient d'être restitué à la France par les Anglais ; le 17 juin de l'île d'Aix, une flottille appareille avec la frégate la Méduse sous les ordres du commandant Hugues Duroy de Chaumareys, à son bord le futur gouverneur du Sénégal, le colonel Jules Désiré Schmaltz, accompagné de sa femme Reine Schmaltz, de leur fille, de scientifiques, de soldats et de colons. L'inexpérience, les états de service napoléoniens du commandant créent un climat de suspicions et de haine. Les tensions entre Chaumareys et le lieutenant Coudein, mais aussi l'équipage, provoquent l'échouage de la Méduse sur le banc d'Arguin, à 160 km de la côte mauritanienne, les opérations de désensablement se passent mal. Un radeau est chargé lourdement, la Méduse flotte à nouveau mais des avaries surviennent. L'évacuation est délicate :
- les 250 passagers privilégiés, dont Chaumareys, Schmaltz et sa famille, embarquent sur six canots de sauvetage, seize marins restent à bord de La Méduse, trois survivront ;
- mais 139 marins et soldats doivent s'entasser sur le radeau long de 20 mètres et large de 10 mètres avec peu de vivres. Lorsque l'amarre avec les autres canots se casse, le commandant laisse les passagers du radeau livrés à leur sort. La situation se dégrade rapidement, dès la première nuit 20 hommes se sont suicidés ou ont été massacrés.
Après treize jours, le radeau est repéré par le brick l'Argus, quinze rescapés restent à bord : pour leur survie ils ont pratiqué le cannibalisme, cinq mourront dans les jours qui suivent.
Le 13 septembre 1816, le Journal des Débats, anti-bourbon, publie le rapport officiel du chirurgien Henry Savigny, rescapé du radeau : les révélations de l'imposture de l'échouage, le récit de la tragédie avec les conditions de vie extrêmes sous le soleil, sans eau, avec des rations de plus en plus réduites, les noyades, le tout dans un climat de violence permanent, les plus forts éliminant les faibles, déclenche un scandale politique. La marine anglaise prendra en charge le rapatriement des survivants en France en raison des réticences du ministère français.
Le commandant de Chaumareys fut acquitté en cour martiale.
La toile de Géricault
| Le Radeau de la Méduse |
| Image manquante Théodore_Géricault_-_Le_Radeau_de_la_Méduse.jpg |
| Théodore Géricault, 1817-1818 |
| huile sur toile |
| 491 × 716 cm |
| Louvre |
Le Radeau de la Méduse est une toile de Théodore Géricault de 1819 conservée au musée du Louvre.
Géricault commencera son tableau pendant les retentissements provoqués par les révélations des survivants. Pour fixer pour l'éternité l'errance des damnés du radeau de la Méduse il a choisi un moment proche du dénouement de la tragédie alors que les survivants vont apercevoir l'Argus.
Il s'agit donc d'une prise de position contre l'État, qui a voulu étouffer l'affaire. Fait intéressant, c'est Eugène Delacroix qui a posé comme modèle pour le jeune homme au centre, dans le bas, le bras gauche sur une poutre.
La toile présentée au Salon de 1819 fait sensation, elle manifeste l'émergence de la jeune école de peinture romantique.
- le Radeau de la Méduse est également le titre d'un film, réalisé par Iradj Azimi, sorti sur les écrans en 1998.
Bibliographie
- Alexandre Corréard et Henry Savigny, Le naufrage de la frégate « La Méduse », faisant partie de l'expédition du Sénégal en 1816, l'ouvrage de référence ;
Liens externes
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