Les Ménines
| Las Meninas |
| Image manquante Velazquez.infanta.600pix.jpg |
| Diego Velasquez, 1656 |
| huile sur toile |
| 318 × 276 cm |
| Musée du Prado |
Les Ménines, connue également sous le nom La famille de Philippe IV, est l'une des peintures les plus célèbres de Diego Velasquez. Le tableau est présenté au Musée du Prado de Madrid.
Description
Achevée en 1656, elle représente l'infante Marguerite, fille de Philippe IV, Marianne d'Autriche et leurs dames d'honneur. Au fond de la pièce apparaît le couple royal dans le reflet d'un miroir (on pensera au miroir convexe se trouvant sur le mur du fond dans le tableau Les époux Arnolfini de Jan van Eyck). À la gauche du tableau, Velasquez s'est représenté peignant.
Analyse
Tout le mystère de ce tableau réside dans la présence du peintre et du reflet des monarques. S'agit-il d'une représentation d'une séance de peinture ? Que fait Don Jose Nieto dans le fond du tableau ? Le procédé utilisé est nommé mise en abyme.
Michel Foucault dans Les mots et les choses fait une analyse magistrale de ce tableau. Le spectateur découvre peu à peu que dans le fond, parmi le pan de mur couvert de portraits, l'un d'eux a un reflet étrange, qui fait penser à un miroir. Il comprend alors que le couple royal s'y reflète. Puis le regard du spectateur revient vers le devant de la scène, vers Vélasquez en train de peindre (son pinceau vient de quitter la toile). Le regard du peintre va au-delà du cadre du tableau, il regarde le couple royal qui se trouve plus loin, à la place même du spectateur. Le peintre croise alors le regard du spectateur qui regarde le tableau, et qui, au moment même de cet échange de regards, devient lui-même, en un instant, le modèle du tableau.
Cette impression est d'autant plus saisissante lorsqu'on se trouve, en chair et en os, devant le regard du peintre, au musée du Prado. Le personnage, dans le fond, semble hésiter entre extérieur et intérieur, devant ou derrière : il se trouve de côté, et regarde l'ensemble de la scène. Sa présence fait écho à tout ce jeu de regards : qui est regardé, qui regarde ? qui est devant la toile, qui est derrière ?
Foucault souligne la richesse de cette œuvre dont le centre est le dos d'un tableau invisible en cours de réalisation : « nous ne savons qui nous sommes ni ce que nous faisons ».
Anecdote
Entre août et décembre 1957, Picasso peignit 58 toiles différentes faisant des interprétations sur le thème des Ménines.
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