Libre-Esprit

C'est sous le nom de Libre-Esprit que la Sainte Inquisition retiendra un courant de pensée qui depuis le XIIe siècle (si pas plus tôt) se répand à travers l'Europe. Les adeptes en furent souvent affublés du sobriquet de turlupins. C'est à Jean Scot Érigène (IXe siècle) qu'on accorde en général les idées de ce mouvement dont la première condamnation papale remonte à 1204.

Amaury de Bène, professeur de théologie à Paris, s'en tira par une simple abjuration et mourut en paix en 1207. Ses partisans, qualifiés d'amauriciens, furent moins heureux : une dizaine d'entre eux finirent sur le bûcher en 1209 et 1211. Ce fut le début d'une persécution de cinq siècles.

Doctrine

Le seul texte connu provenant de cette mouvance, Mirouer des simples ames anienties, est dû à Marguerite Porète (brûlée le 1er juin 1310 avec son livre) et c'est paradoxalement surtout par les sources inquisitoriales que nous pouvons nous représenter la doctrine des tenants du Libre-Esprit. Il faut cependant avoir à l'esprit que le fantasme de l'inquisiteur pouvait orienter les aveux.

Comme beaucoup d'autres mouvements de l'époque (cathares, vaudois, mais aussi franciscains et autres), le Libre-Esprit prône un idéal de pauvreté mais ici, cette pauvreté laverait l'homme de tout péché et ressusciterait le Christ en lui. Il ne peut dès lors mal agir et c'est en écoutant ses désirs qu'il entre dans l'ère de l'Esprit libre où il peut connaître la béatitude dès la vie terrestre. La charité se confond avec l'amour charnel qui se consomme sans restriction au sein de la communauté. Une femme enceinte l'est par l'opération du Saint-Esprit.

Il faut cependant se garder d'un trop grand rapprochement avec la libre-pensée telle que nous la concevons aujourd'hui : le Libre-Esprit, c'est la pauvreté intellectuelle (beati pauperes spiritu), l'esprit vacant, vide afin de recevoir Dieu.

Histoire

Peu enclins au martyre, les partisans du Libre-Esprit — parfois nommés amauriciens ou béguards et béguines, ou encore illuminés en Espagne — n'hésitent pas à feindre la dévotion la plus conforme et s'abstiennent de prosélytisme. C'est ainsi qu'ils échappent la plupart du temps aux épurations et se maintiennent au fil des siècles sans que l'on puisse dire que leur mouvement ait réellement pris fin à un moment précis.

Cette discrétion fait aussi que le Libre-Esprit n'a retenu l'attention des historiens que récemment et qu'il est permis d'espérer trouver de nombreuses sources encore inconnues à leur sujet.

Influences

Le mouvement béguinal et celui du Libre-Esprit ont influencé la Mystique rhénane et Maître Eckhart, ce dernier ayant probablement connu l'œuvre de Marguerite Porète.

Cet article est une ébauche à compléter, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant.

See also: Libre-Esprit, 1204, 1207, 1209, 1211, 1310, 1er juin