Logique floue

La logique floue (fuzzy logic, en anglais) est une technique utilisée en intelligence artificielle. Elle a été formalisée par Lotfi Zadeh en 1965 et utilisée dans des domaines aussi variés que l'automatisme (freins ABS), la robotique (reconnaissance de formes), le gestion de la circulation routière (feux rouges), le contrôle aérien, l'environnement (météorologie, climatologie, sismologie), la médecine (aide au diagnostic) et bien d'autres. En fait, le simple fait de noter, déjà sous Jules Ferry, un élève dans différentes disciplines et de lui calculer un rang par application de coefficients à ses notes était déjà faire de la logique floue sans le savoir.

Elle s'appuie sur la théorie mathématique des sous-ensembles flous. Cette théorie, introduite par Zadeh, est une extension de la théorie des ensembles classiques pour la prise en compte d'ensembles définis de façon imprécise. C'est une théorie formelle et mathématique dans le sens où Zadeh en partant du concept de fonction d'appartenance pour modéliser la définition d'un sous-ensemble d'un univers donné, a élaboré un modèle complet de propriétés et de définitions formelles. Il a aussi montré que cette théorie des sous-ensembles flous se réduit effectivement à la théorie des sous-ensembles classiques dans le cas où les fonctions d'appartenance considérées prennent des valeurs binaires ({0,1}).

Sommaire

Principe

A l'inverse de la logique booléenne, la logique floue permet à une condition d'être en un autre état que vrai ou faux. Il y a des degrés dans la vérification d'une condition.

Considérons par exemple la vitesse d'un véhicule sur une route nationale. La vitesse normale est de 90 km/h. Une vitesse peut être considérée comme élevée au-dessus de 100 km/h, et comme plus du tout élevée en dessous de 80 km/h.

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fig. 1

La logique booléenne envisagerait les choses de la manière suivante (voir fig. 1) :

La logique floue, à l'inverse, permet des degrés de vérification de la condition « La vitesse est-elle élevée ? » (voir fig. 2) :

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fig. 2

De la même manière, la fonction « La vitesse est-elle peu élevée ? » sera évaluée de la manière suivante (voir fig. 3) :

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fig. 3

On peut également définir une fonction « La vitesse est-elle moyenne ? » (voir fig. 4) :

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fig. 4

Il n'est pas obligatoire que la transition soit linéaire. Des transitions hyperboliques (comme une sigmoïde ou une tangente hyperbolique), exponentielle, gaussienne (dans le cas d'un état moyen) ou de toute autre nature sont utilisables (voir fig. 5).

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fig. 5

Combinaison de plusieurs entrées

Dans le cas d'une combinaison de plusieurs entrées (« Si le ciel est bleu et si j'ai le temps »), deux cas se présentent :

Il est techniquement possible de représenter toutes les opérations binaires de bases en se basant sur la logique floue. En effet, à partir des opérateurs ET, OU et NON (AND, OR, NOT), on peut représenter les 8 opérations de base :

Par ailleurs, la dimension décimale des variables de la logique floue permet d'effectuer des combinaisons non binaires :

Commande floue

Une fois évaluée la valeur de l'entrée (« La vitesse est-elle élevée ? »), une valeur peut être déterminée pour une fonction de sortie. Considérons la fonction « Si la fièvre est forte, alors administrer de l'aspirine ». Une telle fonction est appelée commande floue. Elle est composée de deux parties :

Ces deux parties sont liées. On peut les représenter ensemble comme sur la fig. 6.

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fig. 6

Il existe plusieurs techniques pour déterminer la valeur de la sortie (dans l'exemple : la quantité d'aspirine à administrer) :

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fig. 7
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fig. 8

Insuffisances en tant que théorie

La théorie des ensembles flous présente la particularité de n'avoir aucun théorème à proposer. C'est dire que si elle peut rendre quelques services techniques elle ne peut pour autant prétendre à un quelconque statut de science, et moins encore de théorie.

Toutefois, le théorème de Cox-Jaynes montre que

  1. l'on peut représenter un état de connaissance flou par une probabilité
  2. que tout moyen utilisé pour prendre des décisions sera soit isomorphe à la théorie des probabilités, soit incohérent.

Comme on souhaite en général une modélisation cohérente, on aura quelque intérêt à modeler le flou par des valeurs de probabilité (à une normalisation près).

See also: Logique floue, 1965, Abscisse, Algèbre de Boole (logique), Antiblockiersystem, Automatisme, Climatologie, Contrôle aérien, Diagnostic, Exponentielle