Luc Boltanski

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Sociologue français né en 1940

Sommaire

Biographie

Luc Boltanski est "entré en sociologie" sur la pointe des pieds. Dans les années 1960, il percevait la sociologie comme un prolongement de l'engagement politique.

Etudiant en sociologie à la Sorbonne, Boltanski devient le collaborateur technique de Pierre Bourdieu et travaille comme contractuel sur ses enquêtes. Luc Boltanski mène ses premières recherches dans le cadre du Centre de Sociologie européenne, dirigé par Raymond Aron puis Pierre Bourdieu. De ses premiers travaux (sa thèse de troisième cycle, Prime éducation et morale de classe, est publiée en 1968) jusqu'aux années 1975, le travail sociologique de Boltanski se caractérise par l'unité théorique qui sous-tend ses recherches, menées sous l'égide de Pierre Bourdieu. Très vite donc, Boltanski est inséré dans le "groupe de jeunes que Bourdieu avait réunis autour de lui". Pour Boltanski, "on avait vraiment le sentiment de participer à une entreprise collective".

Au début des années 1970, Boltanski est élu maître-assistant à l'EHESS.

Boltanski participe à la fondation de la revue Actes de la recherche en sciences sociales.

Au milieu des années 1970, Boltanski se désengage des Actes et se désinvestit de l'équipe encadrée par Bourdieu. Cette rupture est avant tout intellectuelle puisque la sociologie de Boltanski attaque presque frontalement celle de Bourdieu.

Cependant, ces enjeux intellectuels sont bientôt redoublés et prolongés par des enjeux institutionnels lorsque Boltanski fonde avec Laurent Thévenot le Groupe de sociologie politique et morale (GSPM) en 1984. En tout état de cause, les réactions de Boltanski consécutives à la mort de Pierre Bourdieu s'orientent dans deux directions :

En effet, Boltanski, comme d'autres sociologues formés par Bourdieu, semble avoir souffert de l'impossibilité de nouer un véritable dialogue scientifique avec le "maître".

Boltanski est un des représentants par excellence de la sociologie pragmatique considérant que l’homme fait la « société » et que les acteurs sont compétents pour prendre position, juger, dénoncer, critiquer,… Cette sociologie s’oppose à la sociologie critique (seul le sens savant peut être critique et c’est la société qui fait l’homme) représentée principalement par Bourdieu. En 1984, Boltanski fonde avec Laurent Thévenot le Groupe de sociologie politique et morale. Il écrit d’ailleurs avec celui-ci : « De la justification » (1991), ouvrage qui prolonge "La dénonciation" (Actes de la recherches en sciences sociales, 51, mars 1984, avec Y. Darré et M.-A. Schiltz) puisqu’il montre qu’il existe non pas, comme il l’explique dans l’article « La dénonciation », une seule façon d’être grand dans le monde social, à savoir : par un travail de dé-singularisation, mais bien différents moyens de devenir grand.

Sa rencontre avec Eve Chiapello et leur collaboration pour Le nouvel esprit du capitalisme a permis à Luc Boltanski d’élargir le cercle autour de sa sociologie. En effet, Le nouvel esprit capitalisme apparaît comme une configuration illustrative, à portée générale et pratique, de la typologie des cités. L’écho qu’a eu ce livre dans les media, notamment dans le champ des gestionnaires eux-mêmes, tend à montrer l’importance de sa portée.

Sa Sociologie

Boltanski et Bourdieu : deux conceptions de la critique

Luc Boltanski s’est nourri à l’école de Pierre Bourdieu. Malgré cette filiation, il s’est détaché de la sociologie de son mentor (celle du «dévoilement » des «vraies » contraintes pesant sur les agents, pour faire court) pour se pencher sur les éléments communicationnels, relationnels et pratiques qui rendent l’accord possible.

Par contre, voir quels sont les éléments qui rapprochent ou divisent les personnes autour d’un même objet, et l’analyse des processus par lesquels elles arrivent in fine à un accord perçu, reconnu et voulu consciemment comme tel, voilà une des caractéristiques de l’approche de Luc Boltanski ; le passé des acteurs n’est pas pris en compte, encore moins leurs habitudes ni leurs caractéristiques socioculturelles. Au contraire, chaque acteur possède un «libre arbitre » qui lui permet, lors des épreuves (et de ses mises à l’épreuve), de faire valoir ses arguments et ses justifications ; celles-ci s’appuient sur une grammaire spécifique mais pas infinie, suivant les situations. Nous pouvons dès lors dire que ces deux sociologies sont opposées quant aux buts à atteindre par leur démonstration. La sociologie critique (celle qui dénonce les mécanismes sous-jacents et inconscients de l’exploitation) se confronte à la sociologie de la critique (celle qui analyse les conditions et les conséquences de la critique…). Pour Bourdieu, en quelque sorte, toute dénonciation qui n’est de l’ordre de l’analyse sociologique, est une dénonciation aveugle et sourde quant à ses véritables motivations : toute tentative de critique «spontanée » est suspecte. Par contre, pour Boltanski, les personnes sont parfaitement à même de comprendre leurs motivations ; en effet, s’ils sont «sous le voile», ils en ont conscience. Ils le palpent et se le disputent, si l’on peut dire. Ce sont les conditions de ce jeu qui intéressent Boltanski.

De la Justification

Le Nouvel Esprit du Capitalisme

Bibliographie de l'auteur

Voir aussi

Liens externes

See also: Luc Boltanski, 1940, 1960, 1984, EHESS, Pierre Bourdieu, Raymond Aron, Sociologie, Sociologie Pragmatique