Lutte des classes
La lutte des classes est un concept inventé par Guizot, ministre du gouvernement français au XIXe siècle, qui sera repris et théorisé par Karl Marx.
Cette notion caractérise les enjeux et les tensions dans les sociétés divisées en classes sociales. Une classe est une partie de la population dont les intérêts sont homogènes et, selon la théorie de la lutte des classes, ces couches sociales sont en conflit ouvert ou larvé, l'idéologie des couches supérieures tendant à conserver leur domination sur les couches inférieures.
Le terme de lutte des classes peut s'employer pour désigner la lutte entre les esclaves et les maîtres dans les sociétés esclavagistes, la lutte entre le tiers état et la noblesse à la veille de la Révolution française, la lutte entre les salariés et leurs employeurs dans la société capitaliste moderne.
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Les classes
Marx distinguait trois classes principales :
- les capitalistes, classe dominante qui possède le capital;
- la petite et moyenne bourgeoisie, regroupant les personnes qui possèdent leurs propres moyens de subsistance (petits commerçants, professions libérales, etc.)
- le prolétariat, regroupant les personnes qui n'ont pas de capital et sont contraintes de louer leur force de travail pour subsister.
Dans d'autres cultures, des segmentations de la société différentes peuvent être interprétées aussi en terme de classe sociale dont les intérêts sont en conflit : Ainsi les castes en Inde, la séparation entre colons et indigènes dans les colonies, les lettrés-fonctionnaires dans la Chine ancienne, les seigneurs et leurs serfs dans les sociétés féodales.
Perspective marxiste
Le marxisme a développé une théorie complexe à propos de la lutte des classes et de son évolution historique. Cette théorie a connu un engouement majeur pendant le XXe siècle et a influencé le destin d'un grand nombre de pays.
Selon la perspective marxiste, la division de la société en classes oppose la classe capitaliste au prolétariat dans une lutte ininterrompue, tantôt déclarée, tantôt larvée, pacifique ou non. Cette lutte embrasserait tous les domaines de la vie sociale, économique, politique et idéologique et serait le moteur de l'évolution sociale, et donc de l'histoire. Le capitalisme exercerait une pression pour diminuer la part de la production destinée aux prolétaires, conduisant à la misère des travailleurs et augmentant le capital, masse de richesses qui sont consommées dans la lutte (ou concurrence) qui oppose les capitalistes entre eux. La lutte syndicale, force opposée, tendrait à augmenter la part des richesses recueillies par la classe laborieuse. Les acquis sociaux représentent la part que le capital alloue au prolétariat pour préserver la stabilité de la société, souvent après des boulversements majeurs tels que les grèves générales de 1936. La classe petite-bourgeoise serait, de son côté, condamnée a régresser en raison de son incapacité à soutenir la concurrence avec les capitalistes.
Pour les marxistes, la lutte des classes est le moteur de l'histoire, et s'arrêtera lorsqu'une révolution prolétarienne mondiale conduira à une société où la classe dominante sera également la classe laborieuse. Selon ce schéma, si l'organisation sociale elle-même encourage la cohésion du prolétariat, alors les richesses produites pourront être employées de manière optimale pour améliorer le sort de l'humanité ; la production pourra répondre exclusivement à une demande (et non à un besoin de conquérir des marchés), et le pouvoir politique ne sera plus un instrument au service des capitalistes mais l'expression véritable de la démocratie. La révolution communiste permettrait donc de faire cesser la division de la société en classes.
Pour atteindre cet état, les marxistes considèrent que le prolétariat doit acquérir une conscience de classe, et prendre confiance dans sa capacité à organiser la société de manière solidaire, sans se soumettre à la classe capitaliste. Cela se serait produit à plusieurs reprises au cours de l'histoire, notamment pendant la commune de Paris (1871) et la révolution russe en octobre 1917.
Lutte des classes contemporaines
A lire
- Jaime Semprun, La Guerre sociale au Portugal, Paris : Éditions Champ libre 1975
- Karl Marx, Le Capital, 1867
