Mahmoud Abbas

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Mahmoud Abbas

Mahmoud Abbas (محمود عباس) (né le 26 mars 1935), plus connu sous le nom d’Abou Mazen (ابو مازن), est le président de l’autorité palestinienne. Il a été Premier ministre de l’autorité palestinienne et est Secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine.

Sommaire

Biographie

Né en 1935 à Safad en Galilée, il étudie le droit à Damas et à Moscou où il obtient un doctorat, publiant plus tard sa thèse L’envers du décor : les relations secrètes entre le nazisme et le sionisme. Des organisations juives l’ont plus tard accusé de négationnisme, ce qu’il a rejeté depuis : « l’holocauste était un terrible, innoubliable crime contre la nation juive, un crime contre l’humanité qui ne peut être accepté par le genre humain. »

Son engagement

Dans les années 1950, il commence à s’impliquer dans des groupes politiques palestiniens au Qatar, où il est directeur du personnel dans l’administration. En 1957, il fonde le Fatah avec Yasser Arafat et Farouk Kaddoumi. En 1968, il devient membre du Conseil national palestinien.

Durant les années 1960, 1970 et 1980, il suit Yasser Arafat dans ses divers lieux d’exil. Considéré comme modéré, il se rapproche discrètement de la gauche israélienne et s’oppose aux vues des extrémistes des différents mouvements palestiniens. Mohammed Daoud Oudeh, le cerveau de la prise d’otage des athlètes israéliens lors des jeux olympiques de Munich, affirme qu’il y est impliqué.

En 1977, il joue un rôle clé dans la conférence de Madrid. En 1980, il devient responsable du département des Relations nationales de l’OLP (chargé des relations avec les pays arabes).

Années 1990

Dans les années 1990, bénéficiant de l’oreille de Yasser Arafat, il effectue les démarches nécessaires pour mettre en route les négociations secrètes de l’OLP avec Israël qui mènent au processus de paix d'Oslo : le 13 septembre 1993, il signe les accords de paix. À son retour en Palestine en 1995, il devient Secrétaire général de l’organisation.

Au début de la seconde intifada, sa position devient difficile alors qu’il demande l’arrêt des attaques contre Israël, qui le considère comme un interlocuteur valable. Le 29 avril 2003, sous la pression du « Quatuor » (États-Unis, Russie, Union Européenne, ONU), Yasser Arafat le nomme Premier ministre. Il aide à la mise en place de la « feuille de route » prévoyant la création d’un état palestinien. Considéré comme un pragmatique par les différents parties et en raison du fait que les États-Unis et Israël refusent de dialoguer avec Yasser Arafat, il devient l’interlocuteur principal des négociations. Il s’oppose de plus au Hamas et au Jihad islamique. Les menaces de mort se multiplient et, en raison d’un conflit avec Yasser Arafat sur la nomination du ministre de la Sécurité, Mahmoud Abbas démissionne de son poste le 7 septembre 2003, remplacé par Ahmad Korei.

Président de l’autorité palestinienne

À la mort de Yasser Arafat en novembre 2004, Mahmoud Abbas remporte l’élection présidentielle du 9 janvier 2005. Il prend ses fonctions dès le 16 janvier.

Dès le 13 janvier, dans la semaine même de l’élection, des activistes palestiniens tuent six israéliens dans une attaque contre le poste-frontière de Karni entre Israël et la bande de Gaza. L’attentat est revendiqué, comme une action conjointe, par les Brigades Ezzedine al-Qasam, par la branche militaire du Hamas, par les Bataillons de Saladin, par les Brigades des martyrs al-Aqsa, un mouvement de la mouvance du Fatah, le propre parti de Mahmoud Abbas. Le poste-frontière de Karni est particulièrement stratégique, car il est le seul point d’entrée des marchandises qui ravitaillent la bande de Gaza et les 1,5 million de palestiniens qui y vivent.

Mahmoud Abbas, qui a condamné cet attentat, se dit partisan de la fin de la lutte armée et de la démilitarisation de l’intifada qu’il qualifie de contre-productive, car selon ses propos, le seul résultat tangible de quatre année et demi d’attentats et d’attaques a été d’accroître le poids de l’occupation et la souffrance du peuple palestinien.

Enjeux

Les organisations activistes ne veulent pas déposer les armes sans obtenir de contreparties et de garanties, notamment politiques; pour cela elles ont multiplié les opérations armées tout au long de la campagne électorale, en tirant des roquettes et des coups de mortiers contre Israël et les colonies juives de la bande de Gaza, afin de faire comprendre à Mahmoud Abbas qu’il ne sera pas le seul à pouvoir décider de la fin de l’intifada.

Selon Samy Abou Zohri, un des porte-parole du Hamas : « Mahmoud Abbas a été élu à la tête de l’autorité palestinienne, et non pas du peuple palestinien. Il lui faut donc entamer au plus vite le dialogue avec les autres composantes palestiniennes, dont le Hamas (...) La résistance palestinienne n’a rien à voir avec le processus politique. L’intifada n’a pas été déclenchée par un individu, et ne sera pas arrêtée par un individu. Cette décision sera prise collectivement, autour d’une table et non pas en faisant des déclarations devant les caméras. »

Il semble que les mouvements islamistes, comme le Hamas et la Djihad islamistes qui sont proches de la population et savent combien cette intifada est de plus en plus dure et insupportable pour la population palestinienne, ne seraient pas opposés à une trêve avec Israël. Mais ils veulent non seulement être associés aux futures négociations, mais obtenir une place politique de choix dans le futur État palestinien, et éviter d’être marginalisés par la fin des opérations armées, afin de garder leur popularité auprès des couches populaires palestiniennes.

Enfin, dans le cadre du Fatah, le nouveau président, va devoir engager une réforme en profondeur de l’organisation, car elle est minée depuis des années par la corruption généralisée et les luttes intestines. De nombreux adversaires de Mahmoud Abbas, craignent que la fin de l’intifada et la démilitarisation, ne les prive de leur pouvoir et de leurs ressources, et donc de leur influence au sein du mouvement créé par Yasser Arafat.

La vision des Israéliens

De façon générale, les israéliens, « entretiennent un espoir raisonnable » et espèrent que le nouveau président de l’Autorité palestinienne, qu’ils appellent toujours sous le nom de Abou Mazen, aura la capacité d’être le « Gorbatchev palestinien ». Selon le ministre de la Justice, Tzipi Livni : « nous devons tout faire pour renforcer le statut de dirigant d’Abou Mazen, en partant du principe qu’il est capable de contrôler les groupes terroristes »

59% des israéliens estiment qu’Israël doit l’aider à condition qu’il lutte contre le terrorisme. Selon l’institut de sondage israélien Smith : « Ils espèrent des changements positifs ... mais ils attendent de voir ce qu’il fera concrètement ... Pour l’instant il apparaît comme quelqu’un de faible, face à tous les groupes armés. »

Selon l’entourage politique d’Ariel Sharon, l’attaque de Karni est un avertissement montrant qu’il est impossible d’ignorer la terreur, de la contourner pour parvenir à des accords ... Les Palestiniens doivent combattre la terreur, sans cela il sera impossible de faire des progrès ». Israël a la volonté de se retirer de la bande de Gaza, ce que confirme le plan de retrait, mais les groupes armés palestiniens risquent de multiplier les attaques en espérant démontrer ainsi, leur importance et affirmer leur victoire et la justesse de la cause des armes. Le gouvernement israélien pensent que Abou Mazen peut prendre rapidement quelques mesures :

Voir aussi

Palestine

Israël

Conflit israélo-palestinien

See also: Mahmoud Abbas, 13 janvier, 13 septembre, 16 janvier, 1935, 1957, 1968, 1977, 1980