Mamelouks
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Les Mamelouks (en arabe mamlūk, « possédé ») sont les membres d'une milice formée d'esclaves, au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, qui à de nombreuses reprises a occupé le pouvoir par elle-même.
Les premiers Mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d'abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance de la Turquie actuelle, ou d'Europe de l'Est (Slaves, Grecs, Circassiens). Au départ, la position n'est pas héréditaire. Certains Mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyubide.
| Sommaire |
En Égypte
En 1250, à la mort de Mālik al-Sālih (1240–1249), les Mamelouks turcs (dits bahrites, de bahr, « le fleuve » parce qu'ils sont cantonnés dans une île sur le Nil) assassinent son héritier al-Mū'adham. Leur chef 'Izz al-Dīn Aybak épouse sa belle-mère (ou mère, suivant les sources) Chajar al-Durr, et prend le pouvoir. L'hérédité des charges s'installe alors. Il gouverne jusqu'en 1257. Le sac de Bagdad par les Mongols en 1258 aide la dynastie bahri à s'établir : elle détruit les Abbassides, qui auraient pu vouloir reprendre Le Caire.
En 1382, les Bahri sont renversés par les Mamelouks circassiens et géorgiens, dits burjites (de burj, « citadelle », parce qu'ils sont cantonnés dans celle du Caire). Ils instaurent une dynastie fondée sur le principe de succession par élection, ce qui entraîne un certain nombre de coups d'État, de conspirations et d'assassinats. Ils gardent néanmoins une cohésion qui leur permet de repousser les Mongols menés par Tamerlan, de chasser les Francs de Syrie et de conquérir Chypre en 1424–1426. Leur royaume est alors une grande puissance économique et militaire.
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En 1517, le sultan ottoman Sélim Ier, aidé par son artillerie et ses janissaires, défait les Mamelouks. Il garde pourtant des chefs mamelouks aux positions clef, leur donnant le titre de beys. Ceci leur permet de tenter une révolte en 1766, menée par Ali Bey al-Kabir, et maîtrisée en 1777 par les Ottomans.
En 1798, Napoléon Bonaparte écrase les Mamelouks lors de la campagne d'Égypte, à la bataille des Pyramides. Quand ses troupes doivent se retirer en 1801, les Mamelouks doivent combattre à la fois les Ottomans et les Britanniques. En 1806, Mohammed Ali est nommé gouverneur d'Égypte par les Ottomans. Apprenant que les Mamelouks cherchent à l'assassiner, il fait massacrer leurs chefs le 1er mai 1811, dans une embuscade, et pourchasse le reste des troupes. C'est la fin des Mamelouks d'Égypte.
En France
Pendant la campagne d'Égypte menée par Napoléon, une partie des Mamelouks se rallie à lui et le suit en France. Ils deviennent un escadron de la garde impériale. Ils servent notamment en Belgique. Après la bataille d'Austerlitz, ils deviennent un régiment à part entière.
Présents parmi les troupes d'occupation française à Madrid au moment de la révolte de mai 1808, ils ont été une cause supplémentaire de la haine des Espagnols contre Napoléon, ceux-ci refusant d'être occupés par des combattants musulmans. Dans le tableau Dos de Mayo, le peintre Francisco Goya représente un révolté madrilène s'apprêtant à tuer un mamelouk en le jetant à bas de son cheval.
Après la chute du Premier Empire, ils sont dispersés. Nombre d'entre eux sont assassinés à Marseille pendant la Terreur blanche.
À Bagdad
À l'intérieur de l'Empire ottoman, les Mamelouks de Bagdad proclament leur indépendance au XVIIIe siècle, et la conservent jusqu'en 1830.
En Inde
En 1211, Qutb ud-Dîn Aibak, le commandant des forces mameloukes musulmanes en Inde s'auto-proclame sultan de Delhi. La dynastie dite des esclaves demeurera jusqu'en 1290.
